« Si des députés LR votent une motion de censure, ils se déshonoreront », avertit Jean-François Copé
Invité de la matinale de Public Sénat ce vendredi, Jean-François Copé a longuement fustigé les députés de sa famille politique qui, refusant de soutenir la réforme des retraites, ont poussé selon lui le gouvernement à dégainer le 49.3. Pour le maire de Meaux, LR a écorné son image de parti de gouvernement.

« Si des députés LR votent une motion de censure, ils se déshonoreront », avertit Jean-François Copé

Invité de la matinale de Public Sénat ce vendredi, Jean-François Copé a longuement fustigé les députés de sa famille politique qui, refusant de soutenir la réforme des retraites, ont poussé selon lui le gouvernement à dégainer le 49.3. Pour le maire de Meaux, LR a écorné son image de parti de gouvernement.
Romain David

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En réponse au 49.3, qui a été activé par Élisabeth Borne jeudi sur la réforme des retraites, les oppositions ont désormais la possibilité de déposer des motions de censure contre le gouvernement. Éric Ciotti, le patron des Républicains, a indiqué que les députés de son parti n’en feraient rien. Et pourtant, certains élus, à l’image de Fabien Di Filippo, député LR de Moselle, ont expliqué qu’ils n’excluaient pas de soutenir les textes issus d’autres rangs. « Si des députés LR votent une motion de censure, ils se déshonoreront. Il n’y a pas d’autres mots », a averti Jean-François Copé, le maire de Meaux, sur Public Sénat ce vendredi 17 mars. « J’ose espérer qu’ils ne sont pas nombreux à le vouloir, car ce serait lamentable. »

« À un moment il faut se demander si on fait de la politique pour faire le coup de la journée, pour faire les titres du 20h, ou pour donner une marque, une profondeur à son action au service du pays », explique l’ancien patron de l’UMP. Le député LIOT de la Marne, Charles de Courson, envisage de déposer une « motion de censure transpartisane », susceptible d’obtenir des signatures du côté des LR récalcitrants à l’idée d’associer leur nom à un texte porté par La France insoumise ou le Rassemblement national. « Alors ça, c’est le pompon ! », s’étrangle Jean-François Copé. « Charles Amédée de Courçon que je connais par cœur, qui doit être à présent le doyen de l’Assemblée [Il s’agit en réalité du député RN José Gonzalez, ndlr], qui a été le chantre de la rigueur budgétaire, avec lequel j’ai travaillé quand j’étais ministre parce qu’il est, techniquement, très compétent, et le voilà devenu en fin de carrière le gars qui va faire une motion de censure contre la réforme des retraites. Ils sont devenus fous ! »

« On ne peut pas continuer de cohabiter entre personnes à ce point divergentes »

« Imaginez qu’une motion de censure soit adoptée et que l’on se retrouve devant les urnes. On veut quoi ? Que l’extrême droite ait 150 députés, l’extrême gauche tout autant et que l’on paralyse la France ? », cingle notre invité. « Cette réforme des retraites est indispensable », défend l’ancien ministre du Budget de Jacques Chirac. « Si nous ne la faisons pas, nous n’aurons plus assez de gens pour la payer cette retraite. À partir de là, l’intérêt supérieur du pays, c’est qu’elle passe légalement. Je rappelle que le 49.3 est légal » Il poursuit : « Quelques députés Les Républicains se sont trouvés en nombre suffisant pour obliger à ce 49.3. Ils ont, par leurs choix personnels, facturé gravement ce qui constitue la marque de fabrique de LR : être un parti de gouvernement, par opposition aux partis extrémistes et populistes. »

Une situation qui laisse augurer d’une nouvelle crise chez LR, déjà largement affaibli par une succession de revers électoraux depuis plusieurs années. « On ne peut pas continuer de cohabiter entre personnes à ce point divergentes. Soit il faut les exclure, soit il faut séparer le parti en deux », résume Jean-François Copé. « Il faudra faire des clarifications. Quand vous voyez que les deux principaux candidats supposés de cette famille politique pour 2027 [Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez, ndlr] ne se sont pas engagés pour cette réforme, que nous préconisons depuis vingt ans, que voulez-vous que je vous dise ? », s’agace-t-il.

« Ce n’est plus grand-chose LR, c’est un agrégat inconstitué de peuples désunis », ajoute encore Jean-François Copé en paraphrasant Mirabeau. « Que reste-t-il de LR ? Des individualités, un problème de leadership, trop d’années sans victoire, un effondrement depuis 2012… La descente aux enfers continue. »

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