SNCF : Martinez propose un débat en « face à face » avec le Premier ministre
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, était l’invité de Territoires d’Infos, vendredi matin, sur Public Sénat. Interrogé sur la grève, il affirme que les actions ne sont pas terminées.

SNCF : Martinez propose un débat en « face à face » avec le Premier ministre

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, était l’invité de Territoires d’Infos, vendredi matin, sur Public Sénat. Interrogé sur la grève, il affirme que les actions ne sont pas terminées.
Public Sénat

Par Maud Larivière

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le tribunal de grande instance de Bobigny a condamné jeudi la SNCF à payer les journées de repos des cheminots qui coïncident avec des jours de grèves.

« C’est une très bonne décision du tribunal qui redit le droit » déclare Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT qui fait le bilan de la grève contre la réforme de la SNCF : « La première chose, c’est qu’on puisse avoir un vrai débat sur le service public du ferroviaire et d’ailleurs la loi ne règle pratiquement aucun problème » constate-t-il en ajoutant que ce débat n’est pas « suffisant ». Pour palier à ce problème, le syndicaliste a une idée : « Je lance un défi aujourd’hui : je propose qu’on puisse avoir un débat avec le Premier ministre, face à face, tous les deux, sur l’enjeu du service public ferroviaire, un débat télévisé. Parce qu’il y a besoin qu’on continue de parler ».

Selon lui, il reste des problèmes non réglés : « On n’a pas réglé le problème des petites lignes. L’aménagement du territoire, c’est un problème de l’État. L’État doit veiller à ce que tous les citoyens, dans cette république, aient accès au même service public » affirme-t-il. D’après lui, l’ouverture à la concurrence risque d’être un fléau pour ces lignes. « Je ne connais aucun investisseur privé qui va investir de l’argent pour emmener les enfants à l’école par le train ».

« Le débat n’est pas réglé »

Olivier Martinez souligne également le problème du fret et le paradoxe du gouvernement. « Le fret marchandise continue à diminuer. Un train de marchandise, c’est 55 camions en moins sur la route. Donc on peut mettre l’écologie dans l’article premier de la constitution, si on multiplie le nombre de camions sur les routes, ça, ça n’est pas réglé ». « On parle beaucoup de mettre moins d’argent dans la SNCF, mais on continue à aider financièrement les transporteurs routiers pour que les camions continuent à être sur les routes » explique-t-il en rappelant que les engins « dégradaient » les routes. « Donc vous voyez le débat n’est pas réglé ».

« La convention collective, c’est aussi un problème qui n’est pas réglé. Il y a très peu de choses dans la convention collective du ferroviaire. Les futurs cheminots ont le choix entre le statut des cheminots, ou rien » regrette-t-il.

Une poursuite de la grève est envisagée par la CGT en juillet, et possiblement pour le départ en vacances. « Les actions ne sont pas terminées, ni là, ni à la rentrée » tranche le syndicaliste.

« Il y aura des nouvelles formes d’actions » informe-t-il.

Partager cet article

Dans la même thématique

MANIF FEMINISTE ANTI RASSEMBLEMENT NATIONAL
6min

Politique

Manifestation contre le RN à Orléans : un « aveu de faiblesse » pour la gauche ou un échec de la dédiabolisation de Marine Le Pen ?

20 000 à 30 000 opposants au Rassemblement national sont attendus samedi à Orléans où se tient le congrès du parti. Associations, syndicats, mais aussi responsables politiques comme Olivier Faure, Marine Tondelier ou Bally Bagayoko feront partie du cortège. Signe d’une dédiabolisation qui n’est pas encore aboutie pour le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen ? Ou un aveu d’impuissance de la gauche ? En 1997, une contre-manifestation avait rassemblé 50 000 personnes et les chefs de partis de gauche à Strasbourg où se tenait le congrès du Front national.

Le

7min

Politique

Pas de panier de produits sains à prix coûtant pour les consommateurs français : le texte a été rejeté par le Sénat

Jeudi, la proposition de loi déposée par les écologistes, qui entendait favoriser l’accès à une alimentation saine, a été rejetée par le Sénat. Si la nécessité de garantir l’accès aux produits de première nécessité dans un contexte inflationniste a été unanimement reconnue, plusieurs groupes politiques ont fait part de leur désaccord avec les moyens de sa mise en œuvre.

Le

Marseille: Riots and Protests in Marseille
6min

Politique

« En droit, vous ne pouvez pas avoir une interdiction générale de manifester », explique le constitutionnaliste Benjamin Morel  

Les arrêtés préfectoraux interdisant les manifestations et rassemblements se multiplient dans plusieurs villes avant la journée de mobilisation du 24 octobre et les couvre-feux sont également prolongés dans certains quartiers jusque lundi. Mais quel est le cadre législatif pour interdire des manifestations et imposer des couvre-feux ?

Le