Sondage : 52% des Français n’ont pas l’intention de participer au grand débat national
Selon un sondage Opinion Way, réalisé pour Public Sénat et Le Point, les Français sont partagés à l’idée de participer ou non au grand débat national. L’enquête s’intéresse également aux enjeux de la consultation et aux débouchés attendus.

Sondage : 52% des Français n’ont pas l’intention de participer au grand débat national

Selon un sondage Opinion Way, réalisé pour Public Sénat et Le Point, les Français sont partagés à l’idée de participer ou non au grand débat national. L’enquête s’intéresse également aux enjeux de la consultation et aux débouchés attendus.
Public Sénat

Temps de lecture :

6 min

Publié le

Mis à jour le

Le grand débat national voulu par Emmanuel Macron et qui s’ouvrira le 15 janvier, pour une durée de deux mois, n’est pas mobilisateur. Selon une enquête Opinion Way, réalisée pour Public Sénat, Le Point et État d'Esprit-Stratis, 47% des Français souhaitent participer au débat, contre 52% qui n’en ont pas l’intention (1% ne se prononce pas). L’institut note que ce « n’est pas un résultat particulièrement élevé pour ce type de sondage ». Le score est même jugé « plutôt faible », en sachant que d’autres études indiquent que les trois quarts des Français souhaitent donner leur avis sur des projets publics qui les concernent.

Les intentions de participation sont en revanche plus marquées chez les sympathisants des gilets jaunes. 51% d’entre eux souhaitent participer au grand débat (47% contre). Si l’élan semble relativement limité, le grand débat national est revanche bien connu de la population : 87% des Français en ont entendu parler.

Grand débat national : « 50% de personnes qui souhaitent y participer, c'est relativement faible. Mais c'est déjà pas mal », déclare Grégoire Milot
00:46

« 50% de personnes qui souhaitent y participer, c'est relativement faible. Mais c'est déjà pas mal », déclare Grégoire Milot, président de l'agence État d'esprit-Startis

Parmi les raisons qui poussent les personnes à ne pas participer au grand débat, on retrouve des réserves classiques dans ce type de question. 37% répondent que « cela ne sert à rien ». Le niveau est toutefois faible, analyse Grégoire Milot, le président d’État d'Esprit Stratis, qui rappelle que dans un sondage précédent sur la concertation, cette proportion montait à 60%.

Les souhaits de participation sont plus marqués à gauche (52% chez les sympathisants de la France insoumise et du Parti communiste, 59% chez les sympthisants du Parti socialiste). 55% des sympathisants de la République en marche se disent aussi prêts à y participer. Les scores sont moins élevés chez les personnes proches des Républicains (49%) ou du Rassemblement national (46%).

Seulement 11% des Français qui n’ont pas l’intention de participer jugent les thèmes du débat pas intéressants, et 15% considèrent que les modalités de participation ne sont « pas pratiques ».

54% des personnes interrogées attendent des propositions concrètes à l’issue du débat

La consultation numérique est plébiscitée comme instrument d’expression. 65% des personnes interrogées considèrent que la plateforme internet dédiée sera le meilleur moyen de faire entendre leur voix. Seuls 18% des personnes ayant l’intention de participer au débat veulent privilégier les réunions et rencontres publiques. 17% enfin opteront pour le dépôt d’un avis en mairie.

Une nette majorité – 75% des personnes interrogées – est favorable à un mécanisme de tirage au sort des citoyens pour la mise en place du grand débat national. Ce dispositif a l’intérêt d’offrir « la possibilité de donner la parole à ceux qui ne la prennent pas », selon les auteurs de l’étude.

Quelles sont les attentes des Français sur ce grand débat national ? Plus de la moitié attend que cette vaste consultation débouche sur des propositions concrètes  (54%). Pour 39% des personnes interrogées, le grand débat national sera surtout l’occasion de « faire passer un message aux pouvoirs publics ».

Parmi les thèmes porteurs et régulièrement cités dans cette enquête, on retrouve des thématiques d’ordre institutionnel et touchant à l’aménagement du territoire : par exemple, mieux associer les citoyens à la prise de décision, et mieux répartir les services publics sur le territoire.

« Il y a une France qui aspire à être entendue, écoutée et une autre qui prend des décisions », explique Grégoire Milot
01:21

« Il y a une France qui aspire à être entendue, écoutée, et une autre qui prend des décisions », explique Grégoire Milot (État d'esprit - Startis)

Deux tiers des Français espèrent un référendum

Les deux tiers des Français veulent une réforme institutionnelle (67%) à l’issue du grand débat national. Dans la même proportion (65%), ils attendent également un référendum. Les sympathisants des gilets jaunes sont même 83% à l’espérer.

Les Français se montrent pessimistes sur l’impact réel du grand débat national sur le mouvement des gilets jaunes. 67% disent qu’il ne permettra pas de sortir de la crise actuelle (31% pensent que oui, 2% ne se prononcent pas).

L’enquête Opinion Way révèle enfin que le mouvement des gilets jaunes bénéficie encore d’un soutien majoritaire dans l’opinion. 57% des personnes interrogées affirment soutenir le mouvement né le 17 novembre. Ce niveau s’est effrité de 2 points par rapport à la précédente enquête des 2-3 janvier. 40% ne le soutiennent pas (+ 1 point par rapport à la précédente enquête). 3% ne se prononcent pas ou indiquent ne pas connaître le mouvement.

Méthodologie : Le sondage a été réalisé du 9 au 11 janvier 2019, par questionnaire auto-administré en ligne, auprès d’un échantillon de 1065 personnes représentatif de la population français âgée de 18 ans et plus. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence. Pour un échantillon de 1.000 personnes, la marge d’erreur est comprise entre 1,5 et 3 points.

Partager cet article

Dans la même thématique

Sondage : 52% des Français n’ont pas l’intention de participer au grand débat national
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le