Transparence : Djebbari voit une partie de sa reconversion dans le privé retoquée par la Haute Autorité
Bien décidé à tourner la page de ses fonctions ministérielles, Jean-Baptiste Djebbari n’avait pas moins de trois projets de reconversion dans le privé. L’un d’eux a été retoqué par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Transparence : Djebbari voit une partie de sa reconversion dans le privé retoquée par la Haute Autorité

Bien décidé à tourner la page de ses fonctions ministérielles, Jean-Baptiste Djebbari n’avait pas moins de trois projets de reconversion dans le privé. L’un d’eux a été retoqué par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
Simon Barbarit

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Jean-Baptiste Djebbari se disait « parfaitement serein » de partir dans le privé après trois ans passés au gouvernement. Mais l’ancien ministre des Transports vient de voir l’un de ses projets de reconversion recalé par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Si l’ex-ministre avait obtenu un feu vert de la HATVP pour siéger au conseil d’administration d’Hopium, une start-up spécialisée dans la construction de véhicules à hydrogène, il envisageait également de devenir vice-président exécutif, en charge du pôle spatial que l’armateur CMA-CGM, envisageait de créer.

« Un avis d’incompatibilité sur ce projet a été rendu, compte tenu des risques déontologiques substantiels relevés, qu’aucune réserve n’était susceptible de neutraliser », indique dans un communiqué la Haute Autorité.

L’intermodalité, l’aviation civile, les applications satellitaires, les ports ou les transports maritimes, autant de dossiers que l’ex-ministre a eu à gérer et qui provoqueraient un risque « substantiel » du « fonctionnement indépendant et impartial de l’administration », en cas de prise de poste chez la CMA-CGM.

>> Lire notre article. Reconversion de Jean-Baptiste Djebbari : comment la situation des anciens ministres est contrôlée

Risque pénal « de prise illégale d’intérêts »

On y apprend également que Jean-Baptiste Djebbari a sollicité l’avis de la HATVP « sur son projet de créer une société par actions simplifiée unipersonnelle afin de réaliser des prestations de conseil, de conférences et de gestion d’image, notamment auprès d’entreprises privées ». La Haute Autorité a émis des réserves sur ce projet. « Ces réserves, que l’ancien responsable public devra respecter dans le cadre de sa nouvelle activité, visent à prévenir les risques d’ordre déontologique et feront l’objet d’un suivi régulier », indique l’autorité administrative indépendante.

La HATVP met en garde l’ex-député LREM de la Haute-Vienne contre le risque pénal « de prise illégale d’intérêts » dans les cas où sa future société de conseil aurait comme cliente une entreprise du secteur des transports.

« Nous n’avons pas de moyens abondants » reconnaissait Didier Migaud devant le Sénat

Depuis sa création en 2013, c’est à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) qu’il revient d’examiner et d’autoriser le passage des anciens ministres dans le secteur privé. La HATVP doit s’assurer qu’ils ne se placent pas dans une situation de prise illégale d’intérêts. Elle émet un avis préalable, qui est contraignant. L’avis peut conclure à une incompatibilité d’exercer la fonction visée. L’avis peut aussi conclure à une comptabilité, assortie de réserves.

>> Lire notre article. Cabinets de conseil : 264 reconversions d'agents publics ont été contrôlées depuis 2020, indique Didier Migaud

Auditionné le 27 janvier au Sénat, par la commission d’enquête sur l’influence croissante des cabinets de conseil sur les politiques publiques, le président de la HATVP Didier Migaud a toutefois indiqué qu’il était difficile pour son institution de contrôler le suivi des réserves émises. « Régulièrement, nous interrogeons les personnes et nous essayons de recouper les informations que ces personnes nous donnent avec des ressources ouvertes que nous pouvons consulter […] Je ne vous dirai pas que nous avons de moyens abondants », a-t-il reconnu. Une soixantaine de fonctionnaires composent la Haute autorité.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le

Photo illustration d un titre de voyage pour refugie
6min

Politique

Droit d’asile : un rapport sénatorial alerte sur son coût et son utilisation détournée en « voie d’immigration comme les autres »

Dans un rapport présenté le 9 juillet, la sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu chiffre à près de 2 milliards le coût annuel de la politique française de droit d’asile. Dénonçant un dispositif « dévoyé », détourné pour s’installer durablement sur le territoire, elle appelle à mieux suivre les déboutés de l’asile et à réduire de plus de moitié la durée de validité des titres des réfugiés.

Le