Tuerie à la préfecture: Philippe lance deux missions d’évaluation des agents de la lutte antiterroriste
Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé samedi le lancement de deux missions sur la détection d'éventuels signes de radicalisation d...

Tuerie à la préfecture: Philippe lance deux missions d’évaluation des agents de la lutte antiterroriste

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé samedi le lancement de deux missions sur la détection d'éventuels signes de radicalisation d...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé samedi le lancement de deux missions sur la détection d'éventuels signes de radicalisation d'agents chargés de la lutte antiterroriste, après la tuerie de la préfecture de police de Paris, dans une interview au JDD.

Interrogé sur la "faille" qui a permis à un employé de la Direction du renseignement de la préfecture de Paris (DRPP) de tuer quatre de ses collègues jeudi, il a reconnu que c'était "évidemment une question centrale".

Concernant d'éventuelles informations confidentielles que l'informaticien aurait pu divulguer à l'extérieur, il a répondu que des "vérifications techniques" étaient en cours.

Photo non datée de Mickael Harpon, l'informaticien qui a assassiné 4 personnes au sein de la préfecture de police de Paris le 3 octobre 2019 avant d'être tué
Photo non datée de Mickael Harpon, l'informaticien qui a assassiné 4 personnes au sein de la préfecture de police de Paris le 3 octobre 2019 avant d'être tué
AFP

"On me dira que le risque zéro n'existe pas, c'est vrai, mais c'est notre responsabilité de ne jamais accepter d'éventuels défauts et de toujours resserrer les mailles du filet", a affirmé Edouard Philippe.

"Pour tous les services de renseignement, la détection des menaces internes est une priorité absolue. En particulier, aucun signal de radicalisation ne peut être méconnu ni rester sans réponse", a ajouté le Premier ministre.

La première des deux missions confiées à l'Inspection générale du renseignement concerne la DRPP, où travaillait l'assaillant depuis 2003. Les résultats sont attendus dès la fin du mois.

"Elle dira, d’une part, si les outils de détection et de signalement étaient en place à la DRPP et s’ils ont bien fonctionné", a expliqué Edouard Philippe.

Tuerie à la préfecture de police de Paris
Localisation de la préfecture de police de Paris, lieu de l'agression meurtrière perpétrée par un agent de la préfecture jeudi, qui a tué 4 de ses collègues
AFP

Elle devra "vérifier si, au cours des années que l’auteur des faits a passées à la DRPP, en particulier celles qui auraient été concernées par un processus de radicalisation, les outils et procédures de détection et de signalement étaient en place, s’ils ont été convenablement mis en œuvre (...) et s’ils ont donné lieu à des réactions appropriées", a ajouté Matignon dans un communiqué.

La seconde mission, qui doit rendre ses conclusions d'ici la fin de l'année, visera l'ensemble des services de renseignements associés à la lutte antiterroriste.

"J’ai demandé qu’elle mène une revue en profondeur des procédures de détection, de signalement et de traitement des processus de radicalisation dans l’intégralité des services de renseignement impliqués dans la lutte contre le terrorisme", a précisé le chef du gouvernement, en assurant: "le tamis va être très fin".

Le service national des enquêtes administratives de sécurité a réalisé "plus de 300.000  enquêtes en 2018", a-t-il détaillé, précisant que "dans la police, ces dernières années, une vingtaine de situations ont donné lieu à des mesures pour écarter des personnes dont le comportement n’était pas compatible avec leurs fonctions".

Les deux missions doivent aboutir à des propositions de remise à niveau des procédures de détection de la radicalisation au sein des services de renseignements.

Quatre fonctionnaires de la préfecture de police de Paris ont été tués par l'un de leurs collègues qui "aurait adhéré à une vision radicale de l'islam" et était en contact avec des individus de la "mouvance islamiste salafiste", a expliqué samedi le procureur antiterroriste.

Cette attaque a soulevé une vive polémique, l'opposition de droite et d'extrême droite demandant une enquête parlementaire sur les "dysfonctionnements" et pour certains, la démission du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner auquel Edouard Philippe a dit sa "confiance", refusant de "répondre à des polémiques politiciennes".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
10min

Politique

« Ce n’est pas non plus le Soviet suprême ! » : au groupe PS du Sénat, la présidence de Patrick Kanner suscite convoitises et crispations

Les sénateurs du groupe PS du Sénat ont modifié leur règlement intérieur. Patrick Kanner, à la tête du groupe, était menacé en cas d’adoption du principe de non-cumul dans le temps, proposition finalement rejetée. Mais l’ancien ministre, qui pourra se représenter en octobre prochain, après les sénatoriales, se retrouve contesté en interne.

Le

Tuerie à la préfecture: Philippe lance deux missions d’évaluation des agents de la lutte antiterroriste
3min

Politique

Cyberattaques : Roland Lescure annonce la feuille de route du gouvernement pour « protéger les données de l’État »

Le ministre de l’économie et des finances Roland Lescure a annoncé ce mercredi 8 avril que le Premier ministre allait détailler dès demain la feuille de route du gouvernement pour lutter contre le vol des données de l’État. Fermeture des sites obsolètes, authentification à double facteur… le ministre a déjà dessiné quelques pistes à l’occasion des questions d’actualité au gouvernement du Sénat.

Le

Tuerie à la préfecture: Philippe lance deux missions d’évaluation des agents de la lutte antiterroriste
3min

Politique

« C’était très maladroit de ma part » : Laurent Nuñez revient sur ses déclarations polémiques à propos de l’islam et du port du voile chez les mineures

Le ministre de l’Intérieur, accusé d’avoir voulu faire la promotion de l’islam après une prise de parole à la Mosquée de Paris, a reconnu avoir eu une formulation inappropriée. Interpellé au Sénat ce mercredi, Laurent Nuñez assure tenir « un discours de fermeté » à l’égard de l’entrisme religieux.

Le