Un buste d’Hitler dans les caves du Sénat, enquête interne en cours
Un buste d'Hitler, legs de l'occupation allemande, se trouve dans les caves du Sénat, ce que son président Gérard Larcher a dit...

Un buste d’Hitler dans les caves du Sénat, enquête interne en cours

Un buste d'Hitler, legs de l'occupation allemande, se trouve dans les caves du Sénat, ce que son président Gérard Larcher a dit...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Un buste d'Hitler, legs de l'occupation allemande, se trouve dans les caves du Sénat, ce que son président Gérard Larcher a dit ignorer, mais des recherches "en profondeur" ont été lancées.

Le Monde a révélé que ce buste de 35 cm de haut, ainsi qu'un drapeau nazi de 2 mètres sur 3 sont conservés depuis la Seconde Guerre mondiale dans les réserves du Sénat. Le palais du Luxembourg a été occupé entre 1940 et 1944 par l'état-major général de l'armée de l'air allemande (Luftwaffe) pour tout le front de l'Ouest.

En conférence de presse, M. Larcher a dit qu'il "ignorai(t) la présence de ce buste". "J'ai demandé à la questure (chargée de la gestion de l'institution, ndlr) d'approfondir les recherches sur l'ensemble des objets", a-t-il précisé, soulignant que des suites seront données à ce rapport attendu.

Le président LR, dont le propre bureau était celui du maréchal allemand Sperrle, s'est dit "certain que les services n'ont rien cherché à cacher, d'ailleurs le bunker a déjà été visité par des équipes de télé, des journaux". Un bunker a été aménagé dès 1937 sous le jardin du Petit Luxembourg, siège de la présidence du Sénat.

Les objets "auraient mieux fait d'être répertoriés", a-t-il admis. "J'ai demandé qu'on ait un travail en profondeur, et en même temps une réflexion sur cette période. Il y a eu, paraît-il, de la part d'agents qui étaient là des moments de patriotisme que je ne voudrais pas occulter", a ajouté M. Larcher, qui a fait le lien avec la Libération de Paris. Le Palais du Luxembourg a été libéré le 25 août 1944.

Le Sénat avait quitté le Palais du Luxembourg le 10 juin 1940, d'abord pour Tours, puis, à partir du 14 juin, pour Bordeaux (où le gouvernement et les deux chambres restèrent jusqu'au 29 juin), avant d'arriver à Vichy le 3 juillet.

De son côté, le député LR de la Manche Philippe Gosselin a écrit mercredi au président de l'Assemblée Richard Ferrand (LREM), lui demandant "si les archives de l'Assemblée nationale possèdent de tels objets, datant de ces temps funestes".

"Tout comme ceux du Palais du Luxembourg, les murs de l'Assemblée nationale ont abrité également une partie de l'état-major de la Luftwaffe mais aussi de l'administration du +Gross-Paris+, ainsi que le service de la question juive", souligne-t-il dans ce courrier dont l'AFP a eu copie.

"Miroirs d'une sombre époque, il me semble que la place de ces éléments doit être dans des musées et non dans les archives ou les caves de nos assemblées, ou à tout le moins, dans une exposition spécifique à l'intérieur de nos institutions pour rappeler l'indicible", selon M. Gosselin.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le

Photo illustration d un titre de voyage pour refugie
6min

Politique

Droit d’asile : un rapport sénatorial alerte sur son coût et son utilisation détournée en « voie d’immigration comme les autres »

Dans un rapport présenté le 9 juillet, la sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu chiffre à près de 2 milliards le coût annuel de la politique française de droit d’asile. Dénonçant un dispositif « dévoyé », détourné pour s’installer durablement sur le territoire, elle appelle à mieux suivre les déboutés de l’asile et à réduire de plus de moitié la durée de validité des titres des réfugiés.

Le