« Un débat bien français »: Edouard Philippe dans le chaudron d’une réunion citoyenne

 
"Un débat bien français": Edouard Philippe s’est à son tour frotté vendredi soir au chaudron souvent "passionné" d’une réunion...

« Un débat bien français »: Edouard Philippe dans le chaudron d’une réunion citoyenne  

"Un débat bien français": Edouard Philippe s’est à son tour frotté vendredi soir au chaudron souvent "passionné" d’une réunion...
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"Un débat bien français": Edouard Philippe s’est à son tour frotté vendredi soir au chaudron souvent "passionné" d’une réunion citoyenne du grand débat national à Sartrouville (Yvelines), au lendemain de l’exercice d’Emmanuel Macron dans la Drôme.

Resté en retrait jusque-là, au point de susciter des interrogations sur son implication, le Premier ministre a débarqué vers 21H00 dans une salle communale de banlieue parisienne, où 100 à 150 personnes participaient à une réunion citoyenne relayée notamment par la députée LREM de la circonscription, Yaël Braun-Pivet.

L'ancien maire du Havre "en fera le plus souvent possible et dans des formats très différents, car il y a presque autant de formules que de débats: des petits, des grands, en ville ou à la campagne, avec ou sans la presse. Au moins deux à trois fois par semaine, plus si possible", selon Matignon.

Quelques huées et quelques applaudissements à son arrivée: loin d'être un bastion macroniste, l'assemblée réunit des profils très divers, dans une banlieue à deux visages qui rassemble classes aisées et cités populaires. Un seul porte son "gilet jaune", quelques autres raconteront avoir manifesté. Peu de jeunes, pas mal de retraités.

Suivent une bonne heure et demie de questions, de coups de gueule, de témoignages, entre suggestions politiques (une nouvelle tranche d'impôt pour les plus riches, un quorum pour les votes à l'Assemblée, un impôt à la source pour les multinationales et les géants de l'Internet...) et un fouillis d'histoires personnelles ou locales, entre la salle de prière fermée de la cité ou la mère célibataire qui conteste le placement de ses enfants.

"Vous venez avec vos témoignages personnels, mais la vision elle est où la vision? Trouvons-nous bon sang quelque chose en commun!", s'agace un des participants.

- "Le RIC, ça me hérisse" -

Edouard Philippe note consciencieusement sur un cahier. Les modérateurs se battent pour récupérer les micros, la salle applaudit souvent les questions, bruisse de désapprobation quand quelqu'un propose un référendum pour sortir la France de l'Union européenne, on réclame la parole - "deux minutes" - pour soi ou pour son voisin...

"On a un débat bien francais, passionné, parfois ça chauffe un peu, mais c'est comme ça, c'est normal", s'amuse Edouard Philippe. "On est dans un pays où un vendredi soir, - à 11 heures moins le quart ! - il y a des femmes, des hommes qui considèrent que c'est important de parler ensemble de ce qu'ils souhaitent pour leur pays. Rien que ça, ça devrait nous donner la pêche".

Le Premier ministre dit qu'il est surtout venu pour écouter, qu'il n'a pas réponse à toutes les questions. "Moi j'ai jamais aucun problème à dire: +je me suis trompé+", assure-t-il en défendant la suppression de l'ISF ou en reconnaissant que la fiscalité française est d'une "complexité horrible".

Sur un point le Premier ministre exprime clairement son avis "personnel": le référendum d'initiative citoyenne, l'une des revendications les plus portées depuis le début de la mobilisation des "gilets jaunes".

"Le RIC, ça me hérisse". "Si on fait ça, on rentre dans une mécanique qui est terrible, où on passe son temps à remettre en cause des choses" votées, plaide-t-il.

L'heure tourne, la parole se détend: "les élus sont pas là pour s'en mettre plein les fouilles". "Gouverner c'est choisir, et comme disait ma grand-père, choisir c'est renoncer", distille Philippe.

Ici, pas de question sur les 80 km/h, comme lors des débats du président en zone rurale.

Le Premier ministre conclut par un satisfecit. "C’est la gloire d’un pays de pouvoir échanger, ne pas être d’accord, et de pouvoir engueuler ceux qui sont censés prendre les décisions. Et d'ailleurs je me suis pas fait engueuler". Des "pas encore!" fusent.

"Il y a des gens qui sont pas du tout d'accord avec ce qu'on fait, et ils l'ont dit, et il y a un moment où ça s'est un peu chauffé, c'est vrai. Mais c'est vachement respectueux quand même, on peut parler, disons-le", se rassure-t-il.

Dehors, à la sortie de la salle, quelques gilets jaunes hurlent "Macron, démission!". Le Premier ministre s'engouffre dans sa voiture. Samedi, c'est l'acte 11.

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