Un poulet bio de métropole vendu 51 euros en Outre-mer provoque l’indignation
Le tweet d'un député de Guyane, Gabriel Serville (GDR), dénonçant, photo à l'appui, le prix exorbitant d'un poulet fermier bio...

Un poulet bio de métropole vendu 51 euros en Outre-mer provoque l’indignation

Le tweet d'un député de Guyane, Gabriel Serville (GDR), dénonçant, photo à l'appui, le prix exorbitant d'un poulet fermier bio...
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Le tweet d'un député de Guyane, Gabriel Serville (GDR), dénonçant, photo à l'appui, le prix exorbitant d'un poulet fermier bio importé par avion et vendu 51, 41 euros à Saint-Martin, a fait le buzz sur internet, relançant la problématique de la vie chère en Outre-mer.

"Bonjour @ULesCommercants. N'avons-nous pas des filières d'élevage aux #Antilles #Guyane pour importer par avion des poulets facturés 51 euros alors que 20% des Antillais et 45% des Guyanais vivent avec moins de 420 euros par mois", s'étonne le député dans son tweet, avec une photo du poulet de marque U, prise dans un magasin de l'île de Saint-Martin, aux Antilles.

Son message, publié jeudi, a depuis été retwitté près de 5.000 fois.

"Mais qui paye 51€ le poulet? Même déjà rôti il coûte pas 51€ en métropole", demande un internaute. "Le poulet à ce prix, j’espère qu’il était en business class avec une coupe de champagne dans l'avion", répond un autre.

"En mars, j'ai écrit à Édouard Philippe pour demander du concret pour lutter contre la vie chère alors que les grandes surfaces se gavent avec des marges jusqu'à 55% sur les produits de consommation courante aux Antilles Guyane. Pas de réponse", ajoute le député dans un autre tweet.

"L'explication de ce prix est malheureusement simple: il n’y a pas de production locale, et des poulets bio, ce sont des poulets qui prennent l'avion", a affirmé un porte-parole de Système U vendredi à l'AFP.

"Ce poulet, en métropole, est vendu 10,75 euros le kg, mais lorsqu’on l’achemine par voie aérienne, le kg de marchandise coûte 12 euros à transporter, donc pour un poulet de 2 kg on arrive à un prix de 45 euros, auxquels s’ajoutent des taxes, des frais de commercialisation et la marge du commerçant. D’où un prix final de 51 euros", a-t-il ajouté.

"Ce prix peut sembler exorbitant, poursuit le porte-parole, mais il y a des gens qui viennent à St-Martin, qui veulent trouver des produits bio d'importation et sont prêts à payer ce prix-là. (...) Les clients ont pris cette habitude et nous réclament ces produits", assure-t-il.

Dans l'île antillaise, son enseigne propose aussi "des poulets à des prix bien inférieurs, transportés par voie maritime et congelés, venant de France", fait valoir le porte-parole.

Selon Gabriel Serville, une proposition de loi a été votée en 2012 afin de rendre obligatoire pour toutes les grandes surfaces de réserver une place aux productions locales mais, selon lui, elle n'est pas appliquée "faute de décret d'application".

En juillet dernier, l'autorité de la concurrence a souligné que les prix étaient en moyenne de 12% plus élevés qu’en métropole et même supérieurs de 19% (Mayotte) à 38% (Martinique) pour les seuls produits alimentaires.

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