Urgences: semaine décisive pour Buzyn et les grévistes
Semaine déterminante pour Agnès Buzyn et les services d'urgences, embourbés dans la crise depuis bientôt 6 mois: la ministre de la Santé doit...

Urgences: semaine décisive pour Buzyn et les grévistes

Semaine déterminante pour Agnès Buzyn et les services d'urgences, embourbés dans la crise depuis bientôt 6 mois: la ministre de la Santé doit...
Public Sénat

Par Gabriel BOUROVITCH

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Semaine déterminante pour Agnès Buzyn et les services d'urgences, embourbés dans la crise depuis bientôt 6 mois: la ministre de la Santé doit annoncer de nouvelles mesures lundi, avant une assemblée générale des grévistes mardi et une manifestation à l'appel de la CGT mercredi.

Aux grands maux, les grands remèdes ? Après deux séries d'annonces, mi-juin puis début septembre, Mme Buzyn présentera lundi après-midi son "plan d'actions" pour la "refondation des urgences", inspiré des propositions du député (LREM) de Charente, Thomas Mesnier, et du chef du Samu de Paris, Pierre Carli.

La ministre a promis dimanche "un budget dédié pour régler la crise" en cours dans la moitié des services d'urgences publics.

Mieux encore: "Je vais mettre de l'argent dans des solutions pérennes, restructurantes, qui vont régler le problème des urgences sur le long terme", a-t-elle affirmé.

Selon le Journal du dimanche, "trois mesures choc sont en préparation", avec "des réouvertures de lits", une "réforme de la tarification" et un "numéro de téléphone unique" pour les secours médicaux.

La primeur de ce plan sera réservée aux représentants des personnels et dirigeants hospitaliers, que Mme Buzyn recevra à 15H00, ainsi que les syndicats de médecins libéraux et le collectif Inter-Urgences, à l'origine de ce mouvement social inédit.

Services d'urgences en grève
Services d'urgences en grève
AFP

Selon cette association de paramédicaux, 249 sites étaient en grève vendredi - tout en continuant d'assurer les soins. De son côté, le ministère en avait recensé 195 mi-août, seul pointage rendu public à ce jour. Si ce nombre sonne comme une reconnaissance de l'ampleur de la crise débutée mi-mars, il dit aussi l'insuffisance des premières réponses apportées avant l'été.

Malgré la prime mensuelle de 100 euros net versée dès juillet et les 15 millions d'euros débloqués pour recruter des renforts saisonniers, la grogne n'a cessé de s'étendre.

"La prime Buzyn a eu l'effet inverse de celui escompté: elle a montré que c'était possible", explique Hugo Huon, président du collectif Inter-Urgences, dans un entretien au Journal du dimanche.

Sur le terrain, "les gens ont la rage, ils sont désespérés", ajoute cet infirmier de l'hôpital Lariboisière, à Paris.

- "Ouvrir les vannes" -

Obligée de revoir son dosage, Mme Buzyn a dévoilé en début de semaine une deuxième salve de mesures "remontées du terrain", comme "l'admission directe" des personnes âgées sans passer par les urgences, la "vidéo-assistance" entre les Ehpad et les régulateurs du Samu, ou encore l'envoi d'une ambulance vers un médecin libéral pour les cas les moins graves.

Une panoplie censée limiter l'afflux de patients dans des services déjà saturés, dont la fréquentation a plus que doublé en vingt ans, atteignant 21,4 millions de passages en 2017.

Le CHU de Nantes, le 27 août 2019
Le CHU de Nantes, le 27 août 2019
AFP

Mais la ministre n'a pas chiffré le coût de ses promesses, ni satisfait les revendications des grévistes, qui réclament davantage de postes et de lits dans les hôpitaux.

Le "plan d'actions" qui sera détaillé lundi aura donc des airs de plan de la dernière chance pour sortir du conflit.

D'autant plus que "l'assemblée générale nationale" du collectif Inter-Urgences se tiendra mardi à partir de 12H00 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), afin notamment de définir "un calendrier d'action".

"On réfléchit à de nouveaux arrêts maladie groupés", prévient M. Huon, qui estime que sans ce type d'électrochoc au printemps, Mme Buzyn "n'aurait pas bougé".

A présent, "il faudrait qu'elle mette beaucoup d'argent sur la table, que Bercy ouvre les vannes", ajoute-t-il.

L'événement a reçu le soutien de plusieurs syndicats et associations de médecins hospitaliers, invitant les praticiens "à rejoindre la mobilisation" pour "mettre fin aux restrictions budgétaires pour l'hôpital public".

Un mot d'ordre semblable à celui de la CGT, qui tente depuis des mois d'élargir le mouvement à tout le secteur sanitaire et social, notamment la psychiatrie et les Ehpad.

Son appel à une "grande journée d'action nationale" mercredi, avec une manifestation parisienne à 13H00 depuis la place d'Italie jusqu'au ministère de la Santé, n'a cependant pas trouvé d'écho parmi les autres syndicats.

Partager cet article

Dans la même thématique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés
7min

Politique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés

Le candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle remet dans le débat sa proposition d’effacement des 20 % de la dette publique logée dans la Banque de France. Une solution en apparence miracle, qui en réalité rencontrerait plusieurs difficultés. Risques inflationnistes, mise au ban de l’Europe, perte de confiance : des obstacles comme des dangers barrent la route.

Le

SIPA_01234434_000029
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Philippe et Attal font de l’école un nouveau terrain de bataille, au risque d’éreinter le bilan Macron

À quelques jours de la rentrée scolaire, Édouard Philippe et Gabriel Attal font de l’éducation l’un des premiers terrains de la présidentielle de 2027. Les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron partagent un constat : niveau scolaire insuffisant, recrutement difficile, rémunération trop faible des enseignants, problèmes d’autorité, mais divergent sur les réponses à apporter. Une bataille programmatique qui les oblige aussi à se confronter à leur propre bilan au sein de la majorité depuis la présidentielle de 2017.

Le

Montreuil: Les rencontres de Montreuil pour rassembler la gauche
4min

Politique

Primaire PS/Place publique : comment va-t-elle se passer ?

Le bloc social-démocrate s’organise pour trouver son candidat à la présidentielle. Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire destinée à leurs adhérents et sympathisants. Ses modalités ont été longuement débattues : la question du prix de la participation ainsi que l’engagement à ne pas s’allier avec LFI aux législatives ont agité les négociateurs. L’accord trouvé doit être validé par les organes décisionnels des deux partis ce mardi soir.

Le

Capture d’écran du documentaire « Montand est à nous » d’Yves Jeuland
5min

Politique

Les « docus de l’été » : Du communisme à l’Aveu de Costa-Gavras, la vie d’Yves Montand racontée par Yves Jeuland

Fasciné depuis son enfance par la vie d’Yves Montand, dans son film Montand est à nous, Yves Jeuland nous propose un voyage dans la vie de la star française. Une forme d’inventaire affectif du réalisateur pour celui qui fut tour à tour un chanteur et un comédien engagé aux côtés du parti communiste avant d’en dénoncer les errements, dans l’un de ses rôles les plus célèbres, dans le film de Costa Gavras l’Aveu. "Montand est à nous", un documentaire d’Yves Jeuland à voir cet été sur Public Sénat.

Le