Vaccination : « Un mal nécessaire » pour les Français
« Nous sommes devenus une nation de 66 millions de procureurs ». C’est ainsi qu’Emmanuel Macron, au détour d’un discours, a répondu aux critiques visant la stratégie de la vaccination contre le covid-19, en France. Si beaucoup ont exprimé des craintes et une certaine réserve à l’annonce de la découverte de vaccins, la tendance semble évoluer. Analyse cette semaine dans Hashtag avec Hélène Risser et ses invités.

Vaccination : « Un mal nécessaire » pour les Français

« Nous sommes devenus une nation de 66 millions de procureurs ». C’est ainsi qu’Emmanuel Macron, au détour d’un discours, a répondu aux critiques visant la stratégie de la vaccination contre le covid-19, en France. Si beaucoup ont exprimé des craintes et une certaine réserve à l’annonce de la découverte de vaccins, la tendance semble évoluer. Analyse cette semaine dans Hashtag avec Hélène Risser et ses invités.
Public Sénat

Par Nils Buchsbaum

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

D’après un sondage Elabe publié au moins en janvier dernier, plus de 60 % des Français déclarent souhaiter se faire vacciner contre le covid-19. Hervé Rigaud, président de Netino, spécialiste de la modération en ligne constate cependant « une évolution très sensible dans les volumes et la nature des commentaires depuis plusieurs mois. Les deux tiers des commentaires sur ces sujets étant auparavant négatifs ».
D’après ces études, une large part des auteurs étaient jusque-là méfiants. Il explique : « Ces derniers pensaient qu’il fallait un protocole long, étalé sur plusieurs années pour mettre un vaccin sur le marché et ils ne voulaient pas servir de cobayes ».

Mais depuis plusieurs semaines, la tendance semble s’inverser « à la faveur des prises de paroles des pro- vaccins, des personnalités et des influenceurs. La part des anti-vaccins a donc baissé ».


« Dans le pays de Pasteur, les Français s’attendaient à avoir un vaccin français, il y a donc déception »


Pour Benjamin Grange de Dentsu Consulting, « le vaccin est presque perçu comme un mal nécessaire, une forme de concession pour un retour à la vie d’avant ». Y aurait-il donc eu surestimation du nombre dans « anti-vaccins » ? Pour le communicant, « plusieurs effets se cumulent et ceux qui sont contre le vaccin, s’expriment plus que ceux qui sont pour. Il y a donc un effet grossissant crée par les réseaux sociaux ».
Il ajoute, « au pays de Pasteur, les Français s’attendaient à avoir un vaccin français, il y a donc déception ».

« La théorie de l’amour déçu »


Anne-Marie Moulin, médecin et directrice d’étude au CNRS a réalisé plusieurs recherches sur les vaccins et a toujours trouvé excessif de décerner la palme des anti-vaccins aux Français. Pour elle, « il n’y a pas 50 % des gens hostiles à la vaccination, les enquêtes d’opinion et les sondages ne sont donc pas toujours représentatifs de la réalité. Les questions posées et les conditions d’entretien pouvant biaiser les résultats ».

Cependant, pour l’historienne, les réticences face au vaccin peuvent s’expliquer… « C’est ma « théorie de l’amour déçu » explique-t-elle. « On croyait jusqu’à présent que les vaccins étaient toujours fiables, efficaces, sans danger et gratuits. Et tout d’un coup on a découvert qu’il n’en était rien ». Dans toute campagne de vaccination il existe des doutes, des questions bien légitimes « ce qui est important c’est que la démocratie se joue. Que tout le monde observe ce qu’il se passe. Je n’aime pas le mot 60 millions de procureurs. 60 millions d’observateurs oui » conclut-elle. « C’est la question du rôle des réseaux sociaux. C’est vrai qu’ils se transforment parfois en procureurs mais en même temps, ils exercent une vraie fonction : celle de témoin et d’observateur ».

Retrouvez l’intégralité de l’émission Hashtag en replay ici

Partager cet article

Dans la même thématique

Sophia Chikirou and Jean Luc Melenchon in a meeting for the municipal elections at Mutualite in Paris
6min

Politique

« L'arbitre de la compétition » : aux municipales, LFI veut se rendre indispensable à gauche malgré son isolement

Avec ses centaines de listes indépendantes, La France insoumise (LFI) veut passer un cap à l’échelon local et assume de faire du scrutin des 15 et 22 mars le « premier tour » de l'élection présidentielle. De quoi espérer remporter plusieurs municipalités de banlieue et se mêler à la bataille du second tour dans les grandes villes, où socialistes et écologistes ne pourront se passer des voix insoumises pour l’emporter.

Le

Paris: PY Bournazel reunion publique campagne municipale Paris
7min

Politique

Municipales : faute d’implantation locale, Renaissance contraint de faire profil bas

La formation de Gabriel Attal a fait le choix d’une campagne a minima pour les élections municipales, avec 360 listes menées sur son nom. Faute d’implantation locale, Renaissance a surtout choisi de former des coalitions avec ses partenaires du centre et de droite pour augmenter le nombre de ses conseillers municipaux. Enjamber les municipales pour mieux lancer la campagne présidentielle, c’est le pari de l’ancien Premier ministre.

Le

Marseille: Marine Le Pen and Franck Allisio at the end of their meeting for the municipal elections
9min

Politique

Municipales 2026 : le Rassemblement national joue sa carte présidentielle

Le parti à la flamme va devoir montrer qu'il est bien implanté localement et qu'il n'a pas perdu sa dynamique avant la présidentielle de 2027. Dans ce cadre, les enjeux des élections municipales jouent un rôle décisif, car actuellement peu ancré localement, chaque mairie gagnée devient pour le Rassemblement national un marchepied stratégique pour le national.

Le