Un objectif assigné par Matignon de supprimer 1.600 postes au ministère des Sports d'ici à 2022, jugé "disproportionné" et "inatteignable", a...
Vives inquiétudes autour d’un objectif de coupes sombres au ministère des Sports
Un objectif assigné par Matignon de supprimer 1.600 postes au ministère des Sports d'ici à 2022, jugé "disproportionné" et "inatteignable", a...
Par Andréa BAMBINO
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Un objectif assigné par Matignon de supprimer 1.600 postes au ministère des Sports d'ici à 2022, jugé "disproportionné" et "inatteignable", a provoqué de nouvelles inquiétudes vendredi dans le mouvement sportif.
C'est un premier dossier brûlant pour la nouvelle ministre des Sports, Roxana Maracineanu, qui a hérité du poste mardi, après le départ de Laura Flessel.
Dans la lettre de cadrage qui a été envoyée le 26 juillet à sa prédécesseure, et qui peut faire l'objet de nouveaux arbitrages, Matignon fixe le budget du ministère à 450 millions d'euros, soit une nouvelle baisse de 30 millions.
Mais ce n'est pas tout, selon le document consulté par l'AFP: "Dans le cadre du processus +Action publique 2022+, vous serez appelés à appliquer un schéma d'emplois de moins 1600 ETP (équivalent temps plein) au cours de la période 2018-2022", ajoute Matignon, qui rappelle la promesse présidentielle de supprimer 50.000 postes de fonctionnaires.
Comment ? Matignon compte "sur une transformation du mode de gestion des conseillers techniques sportifs (CTS) et sur la réduction de leur nombre, ainsi que sur une rationalisation des services déconcentrés".
Au nombre de 1.600, les CTS sont une spécificité du modèle sportif français et traduisent la présence de l'Etat dans le sport. Placés auprès des fédérations sportives, leur rôle est de les aider pour le haut niveau et le développement des pratiques sportives, selon la politique fixée par le gouvernement. Il s'agit des directeurs techniques nationaux (DTN), des entraîneurs nationaux ou de conseillers techniques.
- "Disparition du ministère" -
"Il n'y a que très peu de sports, comme le foot ou le rugby, où les entraîneurs nationaux ne sont pas des cadres d'Etats", souligne Tony Martin, le secrétaire général du Syndicat national des activités physiques et sportives (Snaps).
"On organise la disparition du ministère des Sports", dénonce le député Nouvelle gauche, Régis Juanico, coprésident à l'Assemblée du groupe de travail sur les Jeux olympiques de Paris-2024, qui parle d'un "effort démesuré, extravagant et injustifié".
le président du Comité olympique français (CNOSF), Denis Masseglia en conférence de presse à la Maison du sport français à Paris, le 11 mai 2017
AFP/Archives
"S'il fallait quelque chose de plus pour mettre l'incendie...", a soupiré de son côté le président du Comité olympique français (CNOSF), Denis Masseglia. "Il faut très vite qu'il y ait un démenti sur le sujet", a-t-il estimé. Un an après l'attribution des JO à Paris, le président du CNOSF répète volontiers que cette victoire ne s'est traduite par aucun moyen supplémentaire sur le terrain.
"La méconnaissance des mécanismes et des chiffres donnés dans ce courrier fait peur pour des signataires qui se réclament de l'Action Publique", s'est insurgé de son côté le directeur de l'Association des DTN, Philippe Bana. "Cette volonté de destruction humaine massive est stupéfiante et atterrante ; elle demande au plus petit ministère de s'autodétruire en terme de ressources humaines avec 60% de suppressions d'agents", a-t-il ajouté.
L'objectif de réduction est-il seulement atteignable, alors que selon les sources interrogées par l'AFP, le nombre d'agents du ministère des Sports se situe entre 3.000 et 4.000 ? Sous couvert d'anonymat, un proche du dossier en doute mais voit dans l'injonction de Matignon la volonté d'"interroger le statut des CTS", en plein chantier sur le modèle sportif.
Après huit mois de concertation, un consensus a en effet eu lieu cet été autour de la création d'une Agence nationale du sport, où l'Etat ne serait plus le seul décideur mais partagerait la gouvernance avec le mouvement sportif et les collectivités territoriales, qui sont le premier financeur du sport.
Dans cette optique, un transfert des CTS du giron de l'Etat vers les fédérations aura-t-il lieu ?
Interrogé par l'AFP, Matignon a répondu que leur "mode de gestion (...) doit évoluer", sans en dire plus, mais que cela "devra se faire de façon différenciée selon les capacités des différentes fédérations". "Il ne s'agit pas de remettre en cause l'action des CTS mais de les intégrer davantage à la vie des fédérations", ajoute Matignon.
"Beaucoup de fédérations n'auront pas les moyens de les prendre en charge", relève de son côté Régis Juanico.
Du côté du gouvernement, on assure que "la concertation est en cours avec les partenaires, pour que le projet de loi de finances 2019 réponde de manière explicite aux attentes du mouvement sportif".
"Une lettre de cadrage, ça fait l'objet de discussions et ça peut évoluer", note un proche du dossier.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.