Des sénateurs veulent sanctionner pénalement les bloqueurs dans les universités
Après les blocages d’un certain nombre d’universités, dans le cadre de la mobilisation contre la loi Orientation et Réussite, 52 sénateurs du groupe Les Républicains et Union Centriste déposent une proposition de loi pour sanctionner les bloqueurs.

Des sénateurs veulent sanctionner pénalement les bloqueurs dans les universités

Après les blocages d’un certain nombre d’universités, dans le cadre de la mobilisation contre la loi Orientation et Réussite, 52 sénateurs du groupe Les Républicains et Union Centriste déposent une proposition de loi pour sanctionner les bloqueurs.
Public Sénat

Par Yann Quercia

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La contestation de la nouvelle loi sur les universités a provoqué manifestations et blocages d'universités ces deux derniers mois. Si les blocages sont aujourd'hui terminés, les semaines d'occupation avaient donné lieu à de nombreuses tensions entre étudiants mais aussi des débats agités entre responsables politiques.

En réponse à ces blocages, une proposition de loi, présentée par le sénateur Laurent Lafon (UC), cosignée par 52 sénateurs dont le président du groupe Union Centriste Hervé Marseille et les anciens ministres Gérard Longuet et Jean-Marie Bockel, va être déposée au Sénat.

Selon l’auteur de cette proposition de loi : « L’objectif est d’assurer la liberté pour les étudiants de passer leurs examens sans aucun blocage. Il y a actuellement un vide juridique car rien ne vient sanctionner pénalement quelqu’un qui entrave un examen. Il est donc normal de sanctuariser la période des examens. »

Laurent Lafon précise que le but n’est pas d’entraver à la liberté de manifester : « La liberté de manifester et de s’exprimer existe dans les universités et je ne veux pas qu’on l’entrave. Le but est de renforcer la liberté d’expression tout en maintenant la liberté de passer ses examens. »

Selon le sénateur centriste, cette loi est indispensable pour la crédibilité de notre réseau universitaire : « C’est une loi indispensable car c’est aussi la crédibilité de notre réseau universitaire et la confiance des étudiants dans leurs écoles qui est en jeu. On ne peut pas prendre en otage des étudiants qui ont travaillé toute une année en bloquant des examens. »

« Une loi de circonstance »

Proposition de loi pour sanctionner les bloqueurs dans les universités : "une loi de circonstance" selon le sénateur Pierre Ouzoulias
01:59

 

Le sénateur communiste, Pierre Ouzoulias, opposé depuis le début à la loi Orientation et réussite ne voit pas d’un bon œil cette proposition de loi : « Moi je n’aime pas les lois de circonstances. En ce moment la FNSEA bloque les raffineries. Est-ce qu’on va avoir une loi pour débloquer les raffineries ? Non. Ce que je regrette dans le conflit sur les universités, c’est que la ministre n’a jamais laissé d’espace démocratique pour une discussion saine. (..) Malheureusement  je pense qu’il y avait une stratégie ministérielle pour arriver au blocage. »

Au-delà de cette proposition de loi, Pierre Ouzoulias dénonce un problème démocratique dans notre pays : « Il y a une concentration des pouvoirs dans les cabinets élyséens et un refus systématique de discuter avec les corps intermédiaires. »

Il conclut en affirmant que cette loi n’irait pas au bout : « C’est une loi de circonstance qui n’ira pas au bout. Ce que je pense est qu’il faut travailler de façon consensuelle sur l expression démocratique des revendications. Aujourd’hui il n’y a pas d’expression et je pense que ce n’est pas bon pour notre pays. »

La date de dépôt de cette proposition n’est pas encore fixée mais son auteur précise « que si cette proposition ne va pas au bout, il y aura un amendement dans le cadre d’une loi. » A noter qu’une proposition de loi va également être déposée à l’Assemblée Nationale par le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Des sénateurs veulent sanctionner pénalement les bloqueurs dans les universités
7min

Société

« Ce n’est pas une crise passagère ! » : les démographes alertent sur la rupture historique de la natalité

Pour la première fois depuis 1945, la France enregistre plus de décès que de naissances. Auditionnés par la commission des affaires sociales du Sénat, les démographes de l’Ined et de l’Insee ont décrit une baisse durable, générale et profondément sociétale de la fécondité, loin des seuls effets économiques ou des politiques natalistes.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
5min

Société

Fin de vie : suspense au Sénat autour du scrutin sur un texte vidé de sa substance

Mercredi après-midi, le Sénat est amené se prononcer sur la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Un scrutin à l’enjeu incertain, car si la ligne la plus conservatrice du groupe LR du Sénat, incarnée par Bruno Retailleau, est parvenue à rendre le texte inopérant, une autre partie de la majorité sénatoriale aimerait qu’un texte sorte de la chambre haute, pour conforter le rôle du Sénat dans le processus législatif.

Le

Des sénateurs veulent sanctionner pénalement les bloqueurs dans les universités
5min

Société

Fin de vie : après avoir refusé l’aide à mourir, le Sénat adopte un texte pour renforcer un égal accès aux soins palliatifs 

Après les tensions de la semaine dernière lors de l’examen du texte sur l’aide à la fin de vie, les débats se sont poursuivis dans le calme, au Sénat, sur la proposition de loi plus consensuelle visant à permettre un égal accès aux soins palliatifs sur tout le territoire. Les sénateurs ont néanmoins alerté sur les moyens financiers nécessaires à cette réforme.

Le