Vanessa Sanchez, metteuse en scène, voit la quasi-totalité de ses projets suspendus ou annulés à cause du confinement. Intermittente du spectacle depuis 20 ans, elle espère que l’art et la culture ne seront pas les grands oubliés du plan de relance et des mesures d’aides gouvernementales.
« J’ai peur qu’on soit la dernière roue du carrosse » : une intermittente inquiète après la suppression des festivals de l’été
Vanessa Sanchez, metteuse en scène, voit la quasi-totalité de ses projets suspendus ou annulés à cause du confinement. Intermittente du spectacle depuis 20 ans, elle espère que l’art et la culture ne seront pas les grands oubliés du plan de relance et des mesures d’aides gouvernementales.
Elle travaille depuis plusieurs mois sur l’adaptation d’Amours de Leonor de Recondo, une liaison amoureuse impossible entre une bourgeoise et une domestique au début du 20ème siècle. Les auditions devaient avoir lieu en ce moment même, les répétitions commencer en juin, la création être dévoilée au grand public en février 2020. Un calendrier évidemment suspendu jusqu’à nouvel ordre.
La directrice de compagnie et metteuse en scène de 47 ans devait aussi emmener son spectacle sur des combattantes kurdes au festival d’Avignon en juillet….Un mois de travail de perdu pour elle et son équipe, au total 6 personnes.
Annulation du festival d’Avignon : « On rentre dans le dur »
Si l’artiste comprend l’annulation du festival de théâtre, « cela se serait sans doute fait dans de mauvaises conditions, avec le risque que ni les spectateurs, ni les programmateurs ne soient au rendez-vous » elle en déplore les conséquences « c’est forcément douloureux, cela nous fragilise tous. Avec l’annulation du festival d’Avignon, on rentre dans le dur ».
crédit : Delphine Jouandeau
Le festival d’Avignon reste un rendez vous incontournable pour les producteurs, directeurs de théâtre et bien sûr les artistes. Pour la plupart ils vivent grâce au statut d’intermittent. Un statut qui repose sur un nombre d’heures minimum à déclarer, 507 heures au total, qui seront difficiles a effectuer.
« Il ne s’agit pas juste de sauver mon statut, mais de pouvoir boucler mes fins de mois »
Vanessa Sanchez depuis 20 ans a toujours renouvelé assez facilement son statut d’intermittente du spectacle, en déclarant en moyenne 800 heures par an, mais cette année cela risque d’être difficile. Depuis son domicile situé dans un petit village d’Eure-et-Loire, elle a commencé à faire ses calculs. Avec la fermeture des théâtres et les annulations en cascade, elle estime qu’elle va perdre au minimum 220 heures de travail. Avec 3 enfants elle refuse de tomber dans le désespoir et attend des pouvoirs publics des mesures fortes. A commencer par le renouvellement sans condition de l’intermittence pour tous les intermittents, et même avec ça elle prédit que «les artistes vont ressentir les conséquences de la crise pendant de longs mois, voire durant les 2 prochaines années. »
"La Guerre des filles", mise en scène par Vanessa Sanchez
Crédit : Jean-Pierre AISSANI
La culture, la dernière roue du carrosse ?
« Certes, nous dit la metteuse en scène, il y a des secteurs prioritaires comme la santé, l’éducation, l’agriculture. Mais la culture, cela permet d’ouvrir les œillères. Regardez, avec ce confinement, les Français se tournent en premier vers la lecture, le cinéma, la musique, les chants au balcon. On est utile à la société, le président a parlé d’utilité, qu’il ne nous oublie pas ! » finit-elle par lâcher certaines que la culture aide à surmonter les épreuves.
Le Sénat a voté mercredi pour prolonger de deux ans l'expérimentation de l'encadrement des loyers dans une version minimaliste : il ne sera ni étendu ni renforcé. Un « compromis » nécessaire pour le maintien du dispositif dont la date butoir est fixée au 24 novembre. Le texte doit désormais revenir à l’Assemblée nationale.
La journée de manifestation ce samedi 17 octobre à Limoges a été marquée par un incendie qui a détruit les deux-tiers de l’hôtel de ville. Le maire de la ville pointe la responsabilité du gouvernement qui a « abandonné » la ville même s’il reconnaît que « les premiers responsables sont bien sûr les casseurs ».
Au total, « on a identifié environ 250 appels à des actions de voie publique et on s’attend à environ 80 cortèges » dans toute la France, a expliqué le ministre de l’Intérieur. En cas de « violences urbaines graves », il a annoncé ce matin que les forces de l’ordre pourront finalement utiliser les grenades assourdissantes lors des manifestations prévues demain. Sur les réseaux sociaux, des « guides de survie » pour manifester avec les bons réflexes fusent.
Les mobilisations du 17 octobre commencent peu à peu à s’organiser dans toute la France. Syndicats et partis politiques saisissent les préfectures pour déclarer des manifestations. Toutefois, à Paris, le préfet de police a déjà refusé plusieurs parcours.