L’histoire du logement en 5 dates
Au moment où le gouvernement dévoile les lignes de son nouveau plan sur le logement,  retour sur un problème récurrent en France. Du mal logement d’après-guerre au mal logé d’aujourd’hui, quand l’État peine à offrir un toit, c’est le sujet de l’Info dans le rétro cette semaine avec nos deux invités Gilles de Robien, ancien ministre du logement sous Jacques Chirac et Patrick Kamoun, historien du logement social.

L’histoire du logement en 5 dates

Au moment où le gouvernement dévoile les lignes de son nouveau plan sur le logement,  retour sur un problème récurrent en France. Du mal logement d’après-guerre au mal logé d’aujourd’hui, quand l’État peine à offrir un toit, c’est le sujet de l’Info dans le rétro cette semaine avec nos deux invités Gilles de Robien, ancien ministre du logement sous Jacques Chirac et Patrick Kamoun, historien du logement social.
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Par Priscillia Abereko

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Mis à jour le

1955 : La  reconstruction du Havre

1955, dix ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, le Havre renaît. Les baraquements de fortune construits à la hâte laissent place à des logements d’allure moderne. Pour l’historien Patrick Kamoun « l’État a dû faire un effort considérable pour reconstruire. Sur 10 ans, on revient à une situation initiale ». Preuve que l’on peut répondre à une demande massive. L’ancien ministre du logement, Gilles de Robien souligne par ailleurs l’importance « de conjuguer à la fois la volonté politique et l’effort du privé pour de meilleures politiques de reconstruction. J'aime assez cette idée d'emprunt que Robert Schuman évoquait en 1947 ».

1964 : Les rapatriés d’Algérie

En 1964, après la guerre d’Algérie, l’État français est confronté à un autre défi : l’accueil des pieds noirs. Ce sont près d’un million de personnes qu’il faut alors reloger. À Montpellier comme dans d’autres villes, de grands ensembles utilitaires, dénués de confort sont très rapidement construits. Pour Gilles de Robien « l’État a construit des logements presque d’urgence, très vite et pas très charmant  qu’il faudra reconstruire 20 ans après». Mais Patrick Kamoun rappelle qu’à cette époque, « la qualité du logement pour de très nombreuses familles était inouïe. On oublie que ces tours étaient un accès à l’eau courante et tout simplement à l’intimité »

Logement, l'éternel recommencement
02:05

1971 : L'indignation du Père Wresinski

Nous sommes en 1971, 25 ans après la fin de la guerre, le problème du logement reste brûlant. À la télévision le père Wresinski, qui fondera "ATD Quart-Monde" dans les années 50 lance comme l'Abbé Pierre en 1954 un appel. Il dénonce à la télévision les conditions insalubres de logement des plus démunis dans la ville de Toulouse. Si la France a rattrapé son retard après les destructions massives de la seconde guerre mondiale, elle peine encore à loger ceux qui n'ont rien. 

1979 : L'utopie des villes nouvelles

Dans les années 70, l’État promoteur, lance le programme des villes nouvelles. Une politique d'aménagement du territoire français, décidé par le Général de Gaulle dans les années 60, censée désengorger la capitale, réaliser un développement urbain et offrir des logements accessibles. Neuf villes nouvelles sont prévues, dont Torcy. Pour Gilles de Robien « cet effort considérable s’est fait au détriment des villes anciennes. Pendant cette période, les crédits sont en flèches vers ces opérations. »

L'utopie des villes nouvelles: l'exemple de Torcy
01:56

2003 : Le dispositif de Robien

En 2003, la classe moyenne commence à son tour à souffrir d’un « mal logement relatif ». Pour Gilles de Robien alors ministre du logement en 2003, la réponse se trouve dans le dispositif de Robien. Une mesure qui permet notamment d’acquérir un logement neuf avec une contribution de plus de 65% de l’État . Pour Patrick Kamoun « ce dispositif  n’a pas permis de construire là où il y avait des besoins et c’est en cela qu’il n’est pas une totale réussite ».

Aujourd’hui, il reste toujours 4 millions de mal-logés en France.

 

 

Retrouvez l'intégralité de l'émission présentée par Fabrice D'Almeida, samedi à 8h30 et 15h30, dimanche à 12h et lundi à 23h.

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