Le Conseil constitutionnel valide le passe sanitaire à l’hôpital sauf urgences
Obligation vaccinale pour les soignants, passe sanitaire pour les Ehpad et hôpitaux. Le Conseil constitutionnel valide une grande partie du texte de loi. Explications.

Le Conseil constitutionnel valide le passe sanitaire à l’hôpital sauf urgences

Obligation vaccinale pour les soignants, passe sanitaire pour les Ehpad et hôpitaux. Le Conseil constitutionnel valide une grande partie du texte de loi. Explications.
Public Sénat

Par Elodie Hervé

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Après un processus législatif accéléré, le Conseil constitutionnel avait été saisi pour se prononcer sur la loi sanitaire qui instaure notamment le passe sanitaire. Côté hôpitaux, le passe sanitaire est jugé conforme tout comme l’obligation vaccinale.

LIRE AUSSI // Passe sanitaire : le Conseil constitutionnel a rendu sa décision

Vaccination obligatoire

Le projet de loi rend obligatoire la vaccination des personnels des hôpitaux, cliniques, Ehpad et maisons de retraite. Sont aussi concernés les sapeurs pompiers, certains militaires, ainsi que les professionnels et bénévoles qui interviennent auprès des personnes âgées, y compris à domicile.

Cette obligation de vaccination (ou de présentation d’une attestation de rétablissement après le covid-19) prend son plein effet le 15 septembre. D’ici là, les professionnels concernés pourront encore présenter des tests négatifs - et au-delà de cette date s’ils ont fait une première injection.

Des exemptions sont possibles pour les personnes qui justifient d’une contre-indication médicale à la vaccination. Les professionnels qui refusent la vaccination seront interdits d’exercer, avec suspension du salaire.

« Nous, on était favorables à l’obligation vaccinale, explique Emmanuel Seris, porte-parole de l’Association des Médecins Urgentiste de France (AMUF). L’hôpital est dans une telle fragilité qu’il n’était pas possible d’envisager des arrêts maladies ou de recommencer comme l’an passé et de faire travailler les soignants et soignantes asymptomatiques parce que l’hôpital manque de bras. »

Passe sanitaire à l’hôpital

Le Conseil constitutionnel a validé l’obligation du passe sanitaire pour les visiteurs ou les patients non urgents dans les établissements de santé et maisons de retraite tant que ce dernier ne fait pas « obstacle à l’accès aux soins ». « Le Conseil constitutionnel a précisé la ligne de partage, souligne une source constitutionnelle. Il est vraiment essentiel de souligner que ce passe sanitaire ne peut en aucun cas faire échec à l’accès aux soins. »

La Fédération hospitalière de France (FHF), a fait savoir qu’elle « prenait acte » de cette décision tout en soulignant la difficulté à l’appliquer dans les établissements hospitaliers. A en croire son comptage, cette mise en place coûtera « 60 millions d’euros pour un mois ». Une somme importante qui aurait pu servir à soigner, ajoute la FHF. par la Fédération hospitalière de France (FHF), qui regrette que cette somme ne soit pas plutôt utilisée à soigner.

« La loi ne peut faire échec à l’accès aux soins », a précisé une source proche du Conseil constitutionnel, ajoutant que la décision sera laissée à « l’appréciation des soignants ».

Le passe sanitaire sera également obligatoire pour les visiteurs ou les patients non urgents dans les établissements de santé et maisons de retraite tant que ce dernier ne fait pas « obstacle à l’accès aux soins ».

La part d’appréciation des équipes soignantes

Les Sages ont aussi laissé une part d’appréciation aux équipes soignantes. « Ce sont les personnels hospitaliers qui auront le dernier mot », explique une source constitutionnelle. Pour Emmanuel Seris, cette libre appréciation risque de créer des difficultés. « Déjà, cela risque de surcharger les urgences mais en plus on va être confronté encore plus à l’agressivité des personnes qui viennent. Sincèrement, je ne sais pas comment on va gérer ça. »

Plusieurs collectifs de soignants, ainsi que les pompiers, ont appelé à manifester samedi pour dénoncer cette décision.

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Conseil constitutionnel valide le passe sanitaire à l’hôpital sauf urgences
6min

Société

Réinsertion : la prison remplit-elle encore sa mission ?

En France, environ 90 000 détenus sortent chaque année de prison. Leur réinsertion devient alors un enjeu majeur pour notre société. Mais à l'heure où près de deux détenus sur 3 récidivent 5 ans après leur libération, la sénatrice centriste Dominique Vérien, co-autrice d'un rapport sur l'exécution des peines, souhaite redonner du sens aux sanctions pénales. Développement des aménagements de peine et des alternatives à l’incarcération, les pistes sont nombreuses… Dans le cadre d’un documentaire, Public Sénat fait le portrait de détenus et d’ex-détenus qui tentent de se reconstruire une vie après la prison.

Le

Le Conseil constitutionnel valide le passe sanitaire à l’hôpital sauf urgences
5min

Société

Surpopulation carcérale : « Il ne faut pas faire baisser le nombre de personnes qui rentrent en prison mais le temps qu’elles y passent », défend Darmanin

Auditionné par le Sénat le12 novembre dernier, le garde des Sceaux a été invité à détailler sa stratégie de lutte contre la surpopulation carcérale. Outre l’ouverture de 3 000 nouvelles places grâce aux prisons « modulaires », Gérald Darmanin entend aussi s’appuyer sur une limitation des mécanismes d’allégement des peines. L’objectif : assurer l’effectivité du passage en prison, ce qui devrait pousser les magistrats à réduire la durée des peines prononcées.

Le

Le Conseil constitutionnel valide le passe sanitaire à l’hôpital sauf urgences
6min

Société

Masculinisme : « Un projet politique organisé qui bénéficie de la complicité des plateformes et mène une guerre d’influence »

Les discours de haine à l’encontre des femmes se multiplient, tout comme les atteintes à leurs droits. Face à ces mouvements extrêmes, alimentés par des contenus masculinistes relayés en masse sur les réseaux sociaux, la délégation aux droits des femmes du Sénat tente de décrypter les moyens de réponse disponibles, pour endiguer ce phénomène.

Le