Le sénateur Joël Labbé veut un encadrement plus strict des pesticides en Europe
Ce mardi, Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, a présenté une proposition de résolution européenne visant à interdire les usages non agricoles des pesticides, comme c’est déjà le cas en France.

Le sénateur Joël Labbé veut un encadrement plus strict des pesticides en Europe

Ce mardi, Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, a présenté une proposition de résolution européenne visant à interdire les usages non agricoles des pesticides, comme c’est déjà le cas en France.
Public Sénat

Par Pierre de Boissieu

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Joël Labbé, auteur de la loi du même nom de février 2014, encadrant l’utilisation des produits phytosanitaires en France, propose d’élargir cette loi à tous les pays de l’Union européenne.

Depuis le 1er janvier 2017, en vertu de la loi Labbé, l’Etat, les collectivités territoriales et les établissements publics ne peuvent plus utiliser de produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces verts, des forêts ou de la voirie. La vente des produits phytosanitaires pour les particuliers sera également interdite, à compter du 1e janvier 2019.

« Il subsiste quelques exceptions à la loi, a expliqué Joël Labbé, lors d’un point presse au Sénat, mardi. Les stades, les cimetières, les voiries dangereuses ont été exclues du périmètre de l’interdiction. Le Parlement a souhaité ne pas interdire trop brutalement les usages sur ces espaces. »

Les produits phytosanitaires pointés du doigt par l’OMS et l’ONU

Sophie Bordères, responsable de la semaine pour les Alternatives aux Pesticides, à l’association Génération future, a rappelé mardi que, selon un rapport de l’OMS, « le coût humain de la pollution environnementale s’élève à 1,7 millions de décès chez les enfants de moins de 5 ans. » En outre, l’ONU a critiqué, dans un rapport, le recours massif aux pesticides.   

L’enjeu des produits phytosanitaires est triple. Il existe un danger sanitaire - « les dangers dermatologiques et respiratoires d’une exposition aiguë à ces produits sont aujourd’hui connus » peut-on lire dans la proposition de résolution présentée par Joël Labbé, un danger environnemental, du fait de la contamination des eaux entraînée par les produits phytosanitaires, et un danger économique. En effet, les effets positifs de la biodiversité sont considérables : « pour les seuls pollinisateurs, domestiques et sauvages, lit-on dans la proposition de Joël Labbé, on estime la valeur économique de la pollinisation à 153 milliards d’euros par an ».

« Ce que l’on sait moins, c’est que l’on retrouve des pesticides dans l’air des villes également, loin des zones d’épandage. Ce n’est pour le moment que très peu surveillé » a par ailleurs souligné le sénateur du Morbihan.

« Une réelle prise de conscience en France »

Selon Sophie Bordère, « 83 % des Français sont favorables à l’instauration de zones sans pesticides, d’après un sondage réalisé en septembre 2016 pour Générations futures. » Joël Labbé a en outre avancé que « les citoyens sont très préoccupés par les produits phytosanitaires qu’ils doivent respirer, autant que par ceux qu’ils ingèrent. » Ainsi, pour le sénateur du Morbihan, « il existe une réelle prise de conscience en France de l’impact des produits phytosanitaires sur la santé et de la dégradation de l’environnement. »  

« La progression de l’agriculture bio en France est aujourd’hui considérable, nous avons atteint les 6 % de la surface agricole utile (SAU) en Bio » s’est réjoui Joël Labbé. Pour lui, « la progression des surfaces est de plus de 10 % par an et celle de la consommation est également très soutenue », rappelant que les exploitants Bio s’en sortent aujourd’hui mieux que l’agriculture traditionnelle.

Une Europe « zéro phyto » ?

« La France est plutôt en avance sur la question du “zéro phyto” en Europe, même si d’autres pays ont enclenché des démarches de réduction, comme la Belgique, le Danemark, le Luxembourg ou les Pays-Bas » a précisé Sophie Bordères.

Joël Labbé a exposé la procédure : « la Commission des affaires européennes du Sénat est d’abord saisie et dispose d’un mois pour se prononcer sur le texte.» « Nous serons donc fixés dans deux mois, au plus tard, sur le sort définitif de ce texte au Sénat » a conclu le sénateur du Morbihan.

Le 16 mars dernier, l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a décidé de ne pas classer dans la catégorie « cancérogène probable » le glyphosate, une substance herbicide dont l'autorisation est contestée dans l'Union européenne. La tâche s’annonce donc difficile pour Joël Labbé.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Clashes Between Protesters and Police During Student Demonstration in Paris
5min

Société

17 octobre : En cas d’« affrontements graves et lourds », « tous les types d’armes intermédiaires peuvent être utilisées », déclare le ministre de l’Intérieur

Au total, « on a identifié environ 250 appels à des actions de voie publique et on s’attend à environ 80 cortèges » dans toute la France, a expliqué le ministre de l’Intérieur. En cas de « violences urbaines graves », il a annoncé ce matin que les forces de l’ordre pourront finalement utiliser les grenades assourdissantes lors des manifestations prévues demain. Sur les réseaux sociaux, des « guides de survie » pour manifester avec les bons réflexes fusent.

Le

Paris Journee mondiale de lutte contre le Sida
5min

Société

VIH : « La sérophobie doit être inscrite comme une discrimination à part entière », plaide la sénatrice écologiste Anne Souyris

Ce lundi était organisé au Sénat un colloque avec les Etats généraux des personnes vivant avec le VIH. Cette initiative, portée par les sénateurs Rémi Féraud (PS) et Anne Souyris (Les Écologistes), visait à présenter leur proposition de loi pour inscrire la sérophobie comme une discrimination « à part entière.

Le