Luc Lallemand, le PDG de SNCF Réseau, devrait quitter son poste mercredi 28 septembre
Des sources parlementaires et internes à SNCF Réseau annoncent le remplacement de Luc Lallemand, l’actuel PDG de l’entreprise, par son ancien numéro 2, Matthieu Chabanel. Au-delà d’un changement de direction, les sénateurs et les acteurs du rail attendent un véritable changement de paradigme dans la gestion du réseau ferroviaire français. En l’état actuel des investissements consentis par l’Etat, c’est « mission impossible. »

Luc Lallemand, le PDG de SNCF Réseau, devrait quitter son poste mercredi 28 septembre

Des sources parlementaires et internes à SNCF Réseau annoncent le remplacement de Luc Lallemand, l’actuel PDG de l’entreprise, par son ancien numéro 2, Matthieu Chabanel. Au-delà d’un changement de direction, les sénateurs et les acteurs du rail attendent un véritable changement de paradigme dans la gestion du réseau ferroviaire français. En l’état actuel des investissements consentis par l’Etat, c’est « mission impossible. »
Louis Mollier-Sabet

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Alors que SNCF Réseau est mis en difficulté par un contrat de performance avec l’Etat jugé insuffisant par de nombreux acteurs, le PDG de l’entreprise gestionnaire du réseau ferré n’occupera plus ses fonctions demain, d’après des sources parlementaires et une information du média spécialisé Mobilettre.com. La nouvelle devrait être officialisée demain lors d’un Conseil d’administration de la société. Le patron de SNCF Réseau se retrouve ainsi « limogé », deux ans et demi après son arrivée dans l’entreprise, et sera remplacé par Matthieu Chabanel, arrivé dans la maison en 2012 et parti en mai dernier pour le groupe La Poste. Un départ de courte durée, donc, puisque l’ancien numéro 2 devrait – de sources parlementaires et internes – reprendre la tête de SNCF Réseau. Contacté, le service presse de la SNCF ne fait de son côté, pour le moment, « pas de commentaires. »

« Un constat réaliste n’est pas une défiance envers le gouvernement »

Au-delà du changement à la tête de l’entreprise, ce sont bien les orientations prises par l’exécutif sur le ferroviaire qui interrogent les sénateurs. « Si la forme peut toujours être contestée, c’est bien davantage la politique et les objectifs donnés au gestionnaire d’infrastructures qu’il convient de questionner », s’est fendu le sénateur socialiste Olivier Jacquin dans un communiqué. Luc Lallemand avait la réputation d’être plutôt « cash » et des tensions existaient apparemment avec certaines autorités régulatrices régionales, notamment IDFM (Île-de-France Mobilités), et son remplacement était donc « dans les tuyaux » depuis quelque temps, explique-t-on en interne.

Au Sénat, on y voit surtout le résultat d’injonctions contradictoires données à SNCF Réseau. L’entreprise doit en effet assainir ses comptes pour revenir en positif en 2024, objectif que Luc Lallemand a tenu, tout en modernisant le réseau ferroviaire et en respectant les engagements de l’Etat auprès des collectivités locales. Dans ce contexte, le potentiel manque de diplomatie de Luc Lallemand, qui mettait surtout en avant ses objectifs budgétaires, comme lors de son audition au Sénat en février dernier, l’aurait mis en porte-à-faux. « La franchise ne devrait pas mettre en difficulté. S’il faut mettre des menteurs à la tête des grandes entreprises publiques maintenant… », déplore Philippe Tabarot, rapporteur LR du budget des Transports au Sénat. « Un constat réaliste n’est pas une défiance envers le gouvernement », ajoute-t-il.

Investissements supplémentaires : « C’est mission impossible autrement »

La situation est d’autant plus tendue que les constats explicites de Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF, devant le Sénat il y a deux semaines, sur les dangers que courrait la SNCF en l’état actuel des investissements, sont plutôt mal passés à la tête de l’exécutif. Matthieu Chabanel reprend donc le flambeau dans un moment difficile entre l’Etat et les grandes entreprises publiques, après la passe d’armes entre Emmanuel Macron et le futur ex-PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, dont on attend toujours le nom du remplaçant. « J’espère qu’il acceptera sa mission avec des moyens supplémentaires, parce qu’il connaît la maison, il sait très bien que c’est mission impossible autrement », lâche Philippe Tabarot. Reste donc à savoir si ce changement à la tête de l’entreprise sera aussi synonyme de changement de paradigme par rapport au fameux « contrat de performance » entre l’Etat et SNCF, Mobilettre.com évoquant la possibilité d’une nouvelle loi de programmation pluriannuelle.

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