Réforme des retraites : « Plus on tarde, plus ce sera difficile », prévient René-Paul Savary
Dans un communiqué publié le 21 décembre, le Premier ministre Jean Castex dit prendre « note de l’ensemble des observations » contenues dans le septième avis annuel remis par le Comité de suivi des retraites. Le sénateur LR regrette qu’il ne soit pas annoncé la relance de la conférence de financement, suspendue en raison de la crise sanitaire.

Réforme des retraites : « Plus on tarde, plus ce sera difficile », prévient René-Paul Savary

Dans un communiqué publié le 21 décembre, le Premier ministre Jean Castex dit prendre « note de l’ensemble des observations » contenues dans le septième avis annuel remis par le Comité de suivi des retraites. Le sénateur LR regrette qu’il ne soit pas annoncé la relance de la conférence de financement, suspendue en raison de la crise sanitaire.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Dans un communiqué publié le 21 décembre, le Premier ministre Jean Castex a repris les principaux éléments du septième avis du Comité de suivi des retraites « chargé de rendre, chaque année, un avis public indiquant si le système de retraite s’éloigne de façon significative des objectifs définis par la loi ».

« Il s’appuie notamment sur les nouvelles projections du Conseil d’orientation des retraites rendues publiques le 26 novembre dernier », précise Matignon.

Sous-financé sur les 25 prochaines années

Ainsi, « le Comité de suivi des retraites relève que, si l’économie parvient à retrouver les rythmes de croissance qui étaient envisagés en 2019, on retrouvera à long terme des valeurs comparables à celles des projections des années antérieures, notamment une part des retraites dans le PIB stabilisée à environ 14 % dans un scénario de croissance de la productivité de 1 % par an ».

Matignon souligne que « le système de retraite, dans la plupart des hypothèses, est sous-financé sur les 25 prochaines années ». Et relève que « le Comité […] réitère sa position des années précédentes en faveur d’une convergence des outils de pilotage entre régimes, ce qui était l’un des objectifs du projet de Système universel de retraites, dont la crise a suspendu l’adoption ».

Reculer l’âge, antienne de la droite

Pour le sénateur René-Paul Savary, le rapporteur LR pour la branche vieillesse, ce communiqué ne va pas assez loin. En novembre, lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2021, la majorité sénatoriale de droite et du centre avait défendu l’idée de travailler plus longtemps pour atteindre l’équilibre des régimes de retraites de base en 2030.

Le Sénat avait décidé, en séance, de réactiver la conférence de financement sur l’équilibre et le financement des retraites, suspendue au printemps dernier, que le gouvernement souhaitait en parallèle de sa réforme sur un système universel. En cas d’échec de cette conférence des partenaires à formuler des propositions, René-Paul Savary, avait symboliquement fait adopter par l’hémicycle ses propres remèdes.

Les générations futures pénalisées

Selon ses pistes, il s’agirait à la fois de repousser progressivement l’âge légal de départ à la retraite jusqu’à 63 ans en 2025. Mais aussi d’accélérer l’allongement de la durée de cotisations pour atteindre 43 annuités dès la génération 1965.

« Plus on tarde, plus ce sera difficile, car il y a toujours une inertie entre la décision et l’application. On risque de devoir mettre en place des mesures dans la précipitation, et de provoquer l’incompréhension des citoyens », prévient-il aujourd’hui.

Le plus urgent, selon lui, est de « relancer la conférence de financement » car, dit-il, « nous allons encore faire appel à la dette, mettre en danger le système par répartition, et pénaliser les générations futures ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Lutte contre la fraude sociale et fiscale : des sénateurs appellent à « ne pas avoir la main qui tremble », à la veille d’une semaine décisive à l’Assemblée
7min

Société

Lutte contre la fraude sociale et fiscale : des sénateurs appellent à « ne pas avoir la main qui tremble », à la veille d’une semaine décisive à l’Assemblée

Le rapporteur du projet de loi de lutte contre les fraudes, Olivier Henno, et sa collègue Nathalie Goulet, spécialiste de ces sujets, espèrent qu’un arsenal suffisamment « musclé » sortira des débats à l’Assemblée nationale. En commission, certaines dispositions votées par le Sénat en novembre ont été retirées.

Le

Paris : Illustration au Salon de l Agriculture
8min

Société

Salon de l’agriculture : un événement sans vache cette année… mais pas sans politique

C’est un Salon de l’agriculture un peu spécial, car pour la première fois sans vache, qui s’ouvre ce samedi. L’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, bien que maintenant terminée, a eu raison de la présence des bovins. Mais les politiques, eux, sont toujours autorisés à déambuler, malgré une épidémie de tensions ces derniers mois, sur fond de crise agricole.

Le