Se protéger des loups détruit la biodiversité, explique un éleveur de brebis en montagne
Et si la présence du loup n’était pas une si bonne nouvelle pour la biodiversité ? A rebours de l’idée selon laquelle la présence du prédateur est un indice de la bonne santé des écosystèmes, Edouard Pierre éleveur de brebis dans les Hautes-Alpes affirme que les mesures prises pour lutter contre le loup causent de nombreux dégâts dans les prairies d’alpages. Dans « Dialogue citoyen », au micro de Rebecca Fitoussi, il fait part aux sénateurs de son exaspération.

Se protéger des loups détruit la biodiversité, explique un éleveur de brebis en montagne

Et si la présence du loup n’était pas une si bonne nouvelle pour la biodiversité ? A rebours de l’idée selon laquelle la présence du prédateur est un indice de la bonne santé des écosystèmes, Edouard Pierre éleveur de brebis dans les Hautes-Alpes affirme que les mesures prises pour lutter contre le loup causent de nombreux dégâts dans les prairies d’alpages. Dans « Dialogue citoyen », au micro de Rebecca Fitoussi, il fait part aux sénateurs de son exaspération.
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Par Aurélien Tillier

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Dans les Hautes-Alpes, le nombre d’attaques de loup a fortement augmenté ces cinq dernières années. « Depuis que je me suis installé, je n’ai jamais connu une année sans prédation », explique-t-il. « Sur ma commune, c’est une trentaine d’attaques [par an] pour un peu plus de trente victimes », soit un peu plus de deux par mois. Et la situation continue de s’aggraver : « On avait des attaques exclusivement en alpage, mais depuis deux ou trois ans, on a des attaques à proximité des bergeries et même du village ».

Pour protéger nos brebis du loup « On a fait tout ce qu’on nous a dit de faire »

La menace du loup est une épée de Damoclès au-dessus de la tête des éleveurs, qui peuvent à tout moment voir leurs troupeaux être attaqués par l’animal. Pour protéger leurs bêtes les éleveurs ont donc dû adapter leurs pratiques et s’orienter vers des méthodes plus intensives. « Je ne sors plus les agneaux dehors, parce que j’ai peur de me faire prédater », confie Edouard Pierre. « On a des chiens de protection, des filets, on a pris des bergers et des aides-bergers. On a fait tout ce qu’on nous a dit de faire, et on n’a pas réussi à enrayer la progression de la prédation ».

« Un chien de protection, ça mange une marmotte par jour, un chamois par semaine, des chevreuils, et ça détruit les oiseaux qui nichent au sol », affirme Edouard Pierre éleveur de brebis.

Des dispositifs peu efficaces, et qui ont en plus un effet pervers sur l’écosystème de la montagne. « On a mis en place les parcs de nuit qui sont une catastrophe pour nos alpages », explique Edouard Pierre, faisant référence à ces enclos électrifiés de protection construits pour permettre aux bêtes de pâturer la nuit en toute sécurité. Il poursuit : « Un chien de protection, ça mange une marmotte par jour, un chamois par semaine, des chevreuils, et ça détruit les oiseaux qui nichent au sol », comme la perdrix bartavelle. Autrement dit, « au titre de la protection de cet animal emblématique qu’est le loup », on sacrifie de nombreuses autres espèces.

Tuer le loup : la seule solution pour protéger les troupeaux ?

Face à cette situation difficile pour les éleveurs, il s’agit de trouver le bon équilibre entre la protection du loup et celle des troupeaux. Pour le sénateur écologiste Daniel Salmon, « il va falloir trouver des compromis » car le loup est « un animal très intelligent, qui s’adapte », et le tuer peut parfois déclencher d’autres problèmes : « Lorsque l’on tire sur des loups alpha, des loups dominants, on va disloquer une meute et avoir plus d’ennuis qu’auparavant ». Il faut donc développer nos connaissances sur cet animal pour mieux le combattre. Une gestion locale doit aussi être privilégiée selon la sénatrice centriste Anne-Catherine Loisier, qui souhaite que des réponses locales soient apportées par l’Office français de la biodiversité et par les « acteurs des territoires ». Autant de solutions qui ne suffiront peut-être pas à éviter la solution la plus radicale : « Prélever », c’est-à-dire tuer les loups qui menacent les élevages.

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