« Suicidez-vous » lancés aux policiers : Roger Karoutchi veut des poursuites « pour appel au suicide »
« Ignoble », « honteux », «abject»: la classe politique a fait part de son indignation après les slogans «suicidez-vous, suicidez-vous» lancés aux forces de l’ordre samedi à Paris lors de l’acte 23 des «gilets jaunes»

« Suicidez-vous » lancés aux policiers : Roger Karoutchi veut des poursuites « pour appel au suicide »

« Ignoble », « honteux », «abject»: la classe politique a fait part de son indignation après les slogans «suicidez-vous, suicidez-vous» lancés aux forces de l’ordre samedi à Paris lors de l’acte 23 des «gilets jaunes»
Public Sénat

Par Yann Quercia

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« Suicidez-vous ». Depuis samedi, ces propos lancés par des « gilets jaunes » aux forces de l’ordre suscitent l’indignation de l’ensemble de la classe politique mais aussi de certaines figures médiatiques du mouvement. Depuis, une enquête a été ouverte pour outrage.

 

Ces derniers jours, le slogan à l'intention des policiers prend de l'ampleur. Entendu pour la première fois lors de l'acte XXIII des gilets jaunes, il fait l'objet d'un nouveau scandale dans le Finistère. Des tags haineux envers les forces de l'ordre ont été inscrits sur la façade d'une gendarmerie. Une enquête est ouverte pour déterminer l'auteur de ces actes.

 

Des réactions unanimes

« C'est pitoyable, c'est abject », s'est indigné Laurent Nuñez, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur, ce mardi matin sur BFM : « Les propos entendus place de la République samedi contre nos forces de l'ordre sont pitoyables et abjects. Rien ne les justifie. Ce sont ces mêmes policiers qui luttent contre la délinquance ou le terrorisme. Tout est mis en œuvre pour identifier et sanctionner ces individus. »

 

Le sénateur LR, Roger Karoutchi, espère que les auteurs de ces cris seront poursuivis pour appel au suicide et pas seulement pour outrage : « Les cris « suicidez-vous » en direction des policiers, qui ont connu une vague de suicides depuis le début de l’année, sont abjectes et ignobles par rapport aux familles et la sécurité elle-même. Tout ça doit cesser. Le parquet a ouvert une enquête pour outrage. J’attends de voir ce que cela veut dire car dans le code pénal français, l’appel au suicide est punissable de 3 ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende. On ne devrait pas avoir de mal à les retrouver et qu’ils seront déférés devant les tribunaux. »

Habituée des manifestations des « gilets jaunes », la sénatrice Esther Benbassa a condamné ces propos sut twitter : « Rien ne justifie ce slogan, choquant, entonné par certains « gilets jaunes ». On ne peut espérer qu'une chose : que nos forces de l’ordre retrouvent leur rôle de garants d'un ordre juste et de gardiens de la paix. Pour cela, ce sont les donneurs d'ordre qui devraient changer de politique. »

 

 « Ce sont des abrutis, des provocateurs qui cherchent à discréditer un mouvement, qui dans son immense majorité est pacifique » réagit ce matin Emmanuel Maurel. Le député européen précise que de nombreux « gilets jaunes » témoignent de leur soutien aux forces de l’ordre : « Evidemment, je condamne ces propos mais pour être juste, il y avait une majorité de « gilets jaunes » qui s’adressaient aux forces de l’ordre en leur disant : « Notre combat est le vôtre ».

« Nous dénonçons avec vigueur les propos invitant les policiers à se suicider », écrivent Priscillia Ludosky et Jérôme Rodrigues. Ces deux figures du mouvement des « gilets jaunes » ont réagi, dimanche 21 avril, sur Facebook. Tous deux tiennent à souligner que ces propos ont été « entendus très marginalement et pour la première fois ».

Une vague de suicides sans précédent dans la police

Cette polémique vient s’ajouter au malaise profond  qui traverse la police et qui se caractérise par une vague de suicides. Répondant à l’appel de l’intersyndicale des policiers, plusieurs rassemblements ont eu lieu dans le calme dans plusieurs villes de France vendredi 19 avril devant les services respectifs des fonctionnaires du ministère de l’intérieur. Les 4 suicides qui ont eu lieu la semaine dernière s’ajoutent aux 24 autres survenus depuis le début de l’année. Pour rappel, 35 policiers s’étaient suicidés sur l’ensemble de l’année 2018.

 

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