Terrorisme : Greenpeace alerte sur la vulnérabilité des centrales nucléaires
Un rapport partiellement diffusé, commandé par Greenpeace met en évidence les failles dans la sécurité des centrales nucléaires françaises en cas d’attaques terroristes.

Terrorisme : Greenpeace alerte sur la vulnérabilité des centrales nucléaires

Un rapport partiellement diffusé, commandé par Greenpeace met en évidence les failles dans la sécurité des centrales nucléaires françaises en cas d’attaques terroristes.
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On avait l’habitude des opérations coups de poing de Greenpeace consistant à introduire plusieurs de ses militants dans les centrales nucléaires françaises pour y dénoncer le manque de sécurité. Ce mardi, l’association n’a pas fait dans le spectaculaire pour alerter les pouvoirs publics et l’opinion. Cette fois-ci, c’est à l’aide d’un rapport alarmiste réalisé par sept experts internationaux que Greenpeace entend passer à l’étape suivante. Seule une version partielle est publiée dans la presse. « Il s’agit d‘alerter l’opinion et les pouvoirs publics, pas de donner des idées à des personnes mal intentionnées »  a expliqué au Parisien Yannick Rousselet, chargé de campagne auprès de Greenpeace. Sept copies du rapport complet ont été remises, ce mardi, aux hauts fonctionnaires en charge de la sécurité des installations.

Se basant sur les publications des opérateurs industriels, d’articles d’actualité ou d’observations sur le terrain, des attaques seraient « en mesure de provoquer, sur le type de structures et d’équipements des bâtiments d’entreposage du combustible en piscine, des dégâts conduisant aux scénarios redoutés ». En effet, le point faible des centrales françaises, selon l’association, ce sont ces fameuses « piscines de refroidissement ». Spécificité française, selon Oda Becker contributrice allemande du rapport, en France, ces piscines sont toutes situées en dehors du bâtiment réacteur » et donc « bien moins protégées ». « Si leur fond est renforcé avec du béton armé et un revêtement étanche en acier, les structures qui les recouvrent tiennent davantage du hangar agricole que de l’édifice nucléaire » poursuit Yannick Rousselet.

Au total le renforcement des 63 piscines et réacteurs nucléaires que compte la France coûterait  entre 140 et 222 milliards d’euros. Entre trois et cinq fois plus que ce qu’a prévu EDF pour prolonger la durée de vie des centrales…

« Sauf à transformer les centrales en bunkers et à poster une escouade de CRS en permanence devant, la sécurité des centrales ne sera jamais totale» note le sénateur LR, Bruno Sido co-auteur d’un rapport sur « La sûreté des équipements sous pression nucléaire ».

Le secrétaire national d’Europe Écologie Les Verts, David Cormand, y voit lui un nouvel indicateur de la fin programmée du nucléaire. « Est-ce que ça vaut le coup, compte tenu des risques, de persévérer dans cette filière obsolète, Alors qu’un rapport de l’ADEME (l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) montre qu’on pourrait atteindre un mix électrique jusqu’à 100% renouvelable d’ici 2050 » ?

Le directeur du parc nucléaire d'EDF, Philippe Sasseigne, a assuré mardi au Parisien que « tous les moyens sont mis en œuvre et de manière coordonnée, entre EDF et l'État » pour assurer la sécurité des centrales face aux nouvelles formes de menaces.

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