Ce sera l’élément clé du deuxième tour des élections législatives. Avec plus de 220 désistements de la part des candidats de gauche et d’Ensemble pour la République, la réduction de l’offre politique interroge sur l’ampleur du report de voix au second tour. Les consignes en faveur d’un vote barrage au RN sont depuis quelques années de moins en moins suivies. Et les législatives de 2024 pourraient ne pas faire exception.
Dans notre dernière étude Odoxa, réalisée pour Mascaret, Public Sénat, la presse quotidienne régionale et le Nouvel Obs, le parti dirigé par Jordan Bardella devrait pâtir des plus de 220 désistements d’entre-deux-tours. « En faisant ce sacrifice et en demandant à leurs électeurs de voter POUR un adversaire politique CONTRE le RN, [les candidats] ont clairement fait bouger les lignes », explique le président de l’institut.
Selon notre dernier sondage Odoxa, réalisé pour Mascaret, Public Sénat, la presse régionale et le Nouvel Obs, le RN serait en net recul (210-250 sièges), ne parvenant pas à obtenir la majorité absolue de 289 sièges. Derrière, le NFP recueillerait 140 à 180 sièges en légère baisse, devant la majorité, estimée entre 115 et 155 sièges.
A quelques jours du second tour des élections législatives, le paysage politique apparaît extrêmement fragmenté, divisé entre trois blocs. Dans cette situation, difficile de faire émerger une majorité absolue. Dans ce cas de figure, les autres partis pourraient-ils s’entendre et gouverner ensemble au sein d’une grande coalition ?
Zoom sur la deuxième circonscription d’Eure-et-Loir, où un duel oppose le sortant Olivier Marleix, jusqu’alors président du groupe LR à l’Assemblée nationale et un candidat RN presque inconnu sur le territoire. L’ex-chef de file des députés LR est arrivé 13 points derrière le candidat RN, mais peut compter maintenant sur le retrait de la candidate socialiste. Un désistement qui semble embarrasser Olivier Marleix.
Invité de la matinale de Public Sénat, le ministre de la Santé, Frédéric Valletoux évoque l’ avenir politique incertain à quelques jours du second tour des élections législatives. Le ministre appuie son champion, Edouard Philippe, selon lui seul capable de recréer une majorité autour de lui.
A quelques jours du second tour des élections législatives, le dernier sondage réalisé par l’institut Harris-Interactive et Toluna pour M6, Challenges et RTL, réalisé après les premiers désistements, fait une projection comprise entre 190 et 220 députés pour le RN et ses alliés. Moins que la majorité relative sortante. Ensemble pour la République est crédité de 110 à 135 sièges, 159 à 183 sièges pour le Nouveau Front Populaire.
Face à la possibilité d’une majorité absolue pour le RN après les élections législatives, l’hypothèse d’une grande coalition allant de la gauche aux Républicains fait son chemin. Comment trouver une majorité dans ces circonstances ? Pour le sénateur communiste Ian Brossat, mieux vaut « un peu d’incertitude » à l’Assemblée que « le chaos » avec une majorité RN.
Avec plus de 220 désistements de candidats qualifiés pour le second tour des législatives en faveur du barrage républicain, la possibilité pour le Rassemblement national d’atteindre la majorité absolue dans la prochaine assemblée s’amenuise. Néanmoins, le parti de Marine Le Pen peut encore espérer se maintenir suffisamment haut pour faire l’appoint de sièges avec d’éventuels débauchages à droite.
Parmi la vague de désistements avant ce second tour des élections législatives, quatre viennent de candidats du RN ou soutenus par le parti. À l’exception d’une candidate du Calvados, dont le retrait survient après la diffusion d’une photo d’elle portant un képi nazi, tous se désistent pour éviter l’élection d’une personnalité du Nouveau Front populaire.
Les élections législatives ne vont pas seulement déterminer la future assemblée, elles vont aussi impacter le financement des partis politiques. Là encore, le Rassemblement national devrait être le grand gagnant.
Figure des deux septennats de François Mitterrand, l’ancien ministre des Affaires étrangères (1988-1993) et président du Conseil constitutionnel de 1995 à 2000, s’était retiré du monde politique au début des années 2000 après le scandale de l’affaire Elf.
Duels incertains, personnalités en danger, bastions historiques qui pourraient tomber, députés sortants en grande difficulté : alors que 501 circonscriptions voient s’affronter 2, 3, voire 4 candidats sur ce second tour, Public Sénat a sélectionné pour vous, quelques affrontements à observer de près.
On connaît désormais les candidats déclarés pour le second tour des élections législatives. Après de nombreux désistements, le scrutin du 7 juin verra finalement 409 candidats s’affronter en duel, 89 triangulaires et deux quadrangulaires. Le bilan en chiffres.
Invité de la matinale de Public Sénat, Éric Coquerel se félicite du fonctionnement de la stratégie de désistement. Réélu, il souhaite faire barrage au RN pour permettre au Nouveau Front Populaire de l’emporter, quitte à soutenir pour cela certains ténors du camp présidentiel.
Dans la 2e circonscription du Jura, un candidat RN s’est qualifié au second tour des élections législatives, récoltant 32,76% des suffrages. Problème ? En novembre 2023, il a été placé sous curatelle, le rendant théoriquement inéligible.
Le premier tour des législatives anticipées trahit la lente progression du Rassemblement national dans la capitale, sans que le parti de Marine Le Pen ne parvienne à s’imposer dans aucune circonscription. Le bloc de gauche reste très largement plébiscité, notamment dans l’est de la capitale, tandis que la macronie, en net recul, se replie sur les anciens bastions de droite et leurs électeurs.
Alors que le nombre de triangulaires faiblit à la faveur de désistements, la réduction de l’offre politique pourrait conduire certains électeurs à s’abstenir au second tour. Les dernières législatives nous enseignent également que le rapport de force entre le candidat arrivé en tête et le candidat arrivé deuxième se réduit difficilement.
Avec plus de 200 désistements annoncés pour le deuxième tour des élections législatives, le Front républicain contre le RN prend forme. La possibilité pour le parti de Jordan Bardella d’obtenir une majorité absolue s’inscrit désormais en pointillé. Mais existe-t-il une voie pour former une majorité de rechange ? Au groupe LR du Sénat, la réponse est non.
Sur France Inter, ce 2 juillet, Marine Le Pen a accusé Emmanuel Macron de tenter un « coup d’Etat administratif » en procédant à une vague de nominations à certains emplois clés de l’Etat. Une formule polémique autant que politique, mais qui pose la question de la répartition des pouvoirs au sein de l’exécutif.