Suite aux recours au 49.3 par le premier ministre pour faire adopter le budget, Sébastien Lecornu a écrit aux parlementaires pour expliquer les principales mesures de ce budget de compromis. Une lettre envoyée aux seuls députés en réalité. Les sénateurs, eux, ne l’ont pas reçue. Ils devront attendre le retour du texte à la Haute assemblée pour que le premier ministre leur écrive.
Le premier ministre détaille en partie la copie finale du projet de loi de finances, « fruit d’un compromis » avec les forces politiques, en particulier le PS. Selon Sébastien Lecornu, cette version du budget est « meilleure » que le texte initial du gouvernement.
Alors que Sébastien Lecornu a finalement recours au 49.3 sur le budget, il devrait sauver sa tête grâce à la non-censure des socialistes, qui revendiquent une série de « victoires pour les Français », comme dit Patrick Kanner, patron des sénateurs PS, même si les socialistes n’ont « pas tout obtenu, loin de là ». Reste à voir si le numéro 1 du PS, Olivier Faure, peut sortir également renforcé de la séquence.
Alors que Sébastien Lecornu devrait annoncer ce lundi, à l’issue d’un Conseil des ministres, s’il recourt au 49.3 ou aux ordonnances sur le budget, les planètes s’alignent pour un accord de non-censure avec le PS. Les socialistes sont satisfaits des mesures annoncées sur les dépenses. Et ils ont obtenu gain de cause sur les 8 milliards de recettes sur la surtaxe sur les grandes entreprises.
Le premier ministre a mis sur la table une série de concessions, qui s’adressent surtout au PS, sur le budget. Mais « sur la partie recettes, je reste fortement sur ma faim », pointe le président du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner, qui attend des précisions d’ici mardi, notamment sur la taxation des grandes entreprises et des hauts revenus.
« C’est un rappel du bilan, très bien. Ce qui me déroute, c’est qu’il n’y a absolument rien de plus, que ce que nous avons déjà entendu plusieurs fois », réagit la sénatrice PS, alors qu’Emmanuel Macron a défendu un renforcement des moyens de la défense, lors de ses vœux aux armées.
Le chef de l’Etat demande au Parlement d’adopter « d’ici le 14 juillet » le renforcement de la loi de programmation militaire, soit « 36 milliards d’euros » de plus d’ici 2030. Pointant « un nouveau colonialisme », sans citer les Etats-Unis, il annonce que les quelques forces militaires françaises, envoyées au Groenland, seront renforcées par d’autres « moyens terrestres, aériens et maritimes ». Revue de détail des annonces du Président.
« Sur le pilier avion » du Scaf, Dassault et Airbus Defense « visiblement n’ont pas trouvé les moyens de travailler ensemble et de définir leur manière de fonctionner ensemble », constate Olivier Andriès, directeur général de Safran, qui vante a contrario la bonne entente avec les Allemands sur la partie moteur, dont Safran est responsable.
Le moteur à hydrogène, « c’est séduisant », car sans carbone, mais l’aviation est confrontée à un « challenge technique », lié « à un volume quatre fois supérieur au kérosène » et un « écosystème » aujourd’hui « pas compatible », pointe le directeur général de Safran, Olivier Andriès. Il mise plutôt sur son prochain moteur, qui permettra une économie de carburant « de 20 % ».
Alors que les députés repartent de la copie du Sénat pour la nouvelle lecture sur le budget, le gouvernement revient sur les modifications de la majorité sénatoriale, tout en continuant d’envoyer des signaux au PS. Mais les socialistes en attendent davantage, quand les LR semblent ne plus attendre grand-chose de l’exécutif…
En tenant compte des conséquences fiscales de la non-adoption par le Parlement du budget avant le 31 décembre 2025, le gouvernement revoit sa prévision de déficit public en 2026, avec un solde dégradé de 0,1 point, le portant à – 5,4 % du PIB. De quoi compliquer la tâche des députés, avant même le début de l’examen du budget en nouvelle lecture…
S’il n’a pas d’« objectif chiffré », le RN présente « 650 listes » pour les municipales. Jordan Bardella espère ainsi « préparer le terrain » pour les élections sénatoriales de septembre 2026, puis pour l’élection présidentielle, qui doit ouvrir « une nouvelle ère faite d’ordre et de fierté retrouvée ».