Le premier ministre a mis sur la table une série de concessions, qui s’adressent surtout au PS, sur le budget. Mais « sur la partie recettes, je reste fortement sur ma faim », pointe le président du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner, qui attend des précisions d’ici mardi, notamment sur la taxation des grandes entreprises et des hauts revenus.
« C’est un rappel du bilan, très bien. Ce qui me déroute, c’est qu’il n’y a absolument rien de plus, que ce que nous avons déjà entendu plusieurs fois », réagit la sénatrice PS, alors qu’Emmanuel Macron a défendu un renforcement des moyens de la défense, lors de ses vœux aux armées.
Le chef de l’Etat demande au Parlement d’adopter « d’ici le 14 juillet » le renforcement de la loi de programmation militaire, soit « 36 milliards d’euros » de plus d’ici 2030. Pointant « un nouveau colonialisme », sans citer les Etats-Unis, il annonce que les quelques forces militaires françaises, envoyées au Groenland, seront renforcées par d’autres « moyens terrestres, aériens et maritimes ». Revue de détail des annonces du Président.
« Sur le pilier avion » du Scaf, Dassault et Airbus Defense « visiblement n’ont pas trouvé les moyens de travailler ensemble et de définir leur manière de fonctionner ensemble », constate Olivier Andriès, directeur général de Safran, qui vante a contrario la bonne entente avec les Allemands sur la partie moteur, dont Safran est responsable.
Le moteur à hydrogène, « c’est séduisant », car sans carbone, mais l’aviation est confrontée à un « challenge technique », lié « à un volume quatre fois supérieur au kérosène » et un « écosystème » aujourd’hui « pas compatible », pointe le directeur général de Safran, Olivier Andriès. Il mise plutôt sur son prochain moteur, qui permettra une économie de carburant « de 20 % ».
Alors que les députés repartent de la copie du Sénat pour la nouvelle lecture sur le budget, le gouvernement revient sur les modifications de la majorité sénatoriale, tout en continuant d’envoyer des signaux au PS. Mais les socialistes en attendent davantage, quand les LR semblent ne plus attendre grand-chose de l’exécutif…
En tenant compte des conséquences fiscales de la non-adoption par le Parlement du budget avant le 31 décembre 2025, le gouvernement revoit sa prévision de déficit public en 2026, avec un solde dégradé de 0,1 point, le portant à – 5,4 % du PIB. De quoi compliquer la tâche des députés, avant même le début de l’examen du budget en nouvelle lecture…
S’il n’a pas d’« objectif chiffré », le RN présente « 650 listes » pour les municipales. Jordan Bardella espère ainsi « préparer le terrain » pour les élections sénatoriales de septembre 2026, puis pour l’élection présidentielle, qui doit ouvrir « une nouvelle ère faite d’ordre et de fierté retrouvée ».
D’après une analyse de l’Institut Montaigne, le CETA a profité « aux vins et spiritueux (+ 27 %) et aux produits laitiers (+ 71 %) », sans mettre à mal la filière bovine. « Il n’y a pas de viande importée, juste un peu de bison. Le CETA ne pose pas de problème », souligne le sénateur Horizons Vincent Louault, qui pense en revanche que le Mercosur sera « moins favorable pour l’agriculture ».
Alors que la France s’apprête à prendre position ce vendredi sur le Mercosur, qui suscite la fronde des agriculteurs, le chef de l’Etat a varié au fil des ans sur le sujet, entre ouverture et fermeté. « Un revirement au gré des manifestations », pointe le sénateur LR Laurent Duplomb. « Un naufrage de la parole politique qui n’assume pas d’expliquer les choses », ajoute le sénateur Horizons Vincent Louault, alors que « le volet agricole, ce n’est que 5 ou 10 % du Mercosur ».
Dénonçant la « très grande précarité » des accompagnants d’élèves en situation de handicap, les sénateurs PS veulent créer un nouveau corps de fonctionnaire pour les AESH, dont le salaire moyen est de 850 euros. De quoi rendre le métier plus attractif, alors qu’il manquait 50.000 accompagnants à la rentrée 2025.
Le président des LR a présenté sa recette pour inciter au travail et permettre aux Français de gagner plus, faite de « zéro cotisation » au-delà des 35 heures, de plafonnement à 70 % du Smic des aides sociales et de relance de la réforme de l’allocation chômage. « Il faut changer totalement de modèle. Il va falloir renverser la table », prévient Bruno Retailleau.