Le profil du suspect du meurtre de Philippine, retrouvée morte dans le Bois de Boulogne, relance la polémique sur les obligations de quitter le territoire, dont le taux d’exécution est faible. Détenu en centre de rétention, il avait été relâché, bien que devant être expulsé. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, se dit prêt à « changer » les règles « s’il le faut ». Des propos diversement appréciés au Sénat.
A la suite de la nomination de Bruno Retailleau au ministère de l’Intérieur, le sénateur LR des Hauts-de-Seine et ex-ministre des Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, est candidat à la présidence du groupe LR du Sénat. Un vote aura lieu mardi 1er octobre. Tous les sénateurs LR devenus ministres, dont Bruno Retailleau, sont venus à la réunion de groupe.
Eric Ciotti a attendu la nomination du gouvernement pour annoncer son départ de la présidence des LR, mettant fin à la procédure judiciaire en cours. « Ce n’est que la conclusion d’un processus largement engagé. Ce n’est pas une surprise », réagit le trésorier des LR, Daniel Fasquelle. « Ça va nous permettre de reconstruire de fond en comble, de la cave au grenier », espère le sénateur LR Max Brisson, avec une nouvelle élection à la clef.
La grande majorité des députés Modem refuse que leur parti participe au gouvernement. En cause, la présence de figure conservatrice, comme Bruno Retailleau, mais aussi des questions plus globales de fond, avec un gouvernement qui penche trop à droite.
Un accord global a été trouvé entre le bloc central et les LR sur l’architecture du gouvernement, avec 38 membres et la parité. Les noms sont sur la table, mais quelques postes font encore l’objet d’ajustements. Plusieurs sénateurs vont faire leur entrée au gouvernement, dont le président du groupe LR du Sénat, Bruno Retailleau, qui va prendre l’Intérieur, au détriment de Laurent Wauquiez.
Après Laurent Wauquiez, qui a consulté hier les députés LR, Bruno Retailleau, à la tête des sénateurs LR, organise une réunion en visio pour faire le point. Michel Barnier propose le nom du sénateur de Vendée au poste de ministre de l’Intérieur.
La réunion de la dernière chance autour de Michel Barnier aurait abouti à un accord entre les différentes forces politiques prêtes à soutenir le nouveau premier ministre. Les LR aurait accepté de lâcher du lest au profit des macronistes. Michel Barnier rencontre Emmanuel Macron en début de soirée.
Alors que deux personnes ont été tuées par les forces de l’ordre, le sénateur LR de l’île, Georges Naturel, pointe les conséquences du blocage par les autorités de la route de Saint-Louis, pour raison de sécurité, qui touche 10.000 personnes. Globalement, « on a une crise sociale et humanitaire qui se prépare d’ici la fin de l’année », alerte l’élu de Nouvelle-Calédonie.
Après avoir reçu ce matin les présidents des Assemblées, Yaël Braun Pivet et Gérard Larcher, le premier ministre réunit à 15 heures les autres formations consultées en vue de la « formation rapide » d’un gouvernement. Mais la prudence est de mise. Alors qu’Emmanuel Macron a refusé une première ébauche, cette fois, ce sera « à prendre ou à laisser », soutient-on chez les LR.
La composition du gouvernement de Michel Barnier se fait attendre et la question d’une éventuelle hausse d’impôt, comme le casting, cristallisent les tensions. Le premier ministre a annulé au dernier moment une rencontre avec Gabriel Attal. Au sein de Renaissance, on met en garde Michel Barnier sur la tentation d’une politique trop éloignée du bloc central.
Michel Barnier juge la situation budgétaire « très grave » et demande « les éléments pour en apprécier l’exacte réalité », déclare le premier ministre. Quelques minutes avant, Matignon annonçait qu’une réunion avec Gabriel Attal était « décalée ». La cause officieuse : Gabriel Attal aurait imposé « une délégation de huit personnes », dont Elisabeth Borne et Gérald Darmanin, alors que la « règle » est de venir à trois maximum. « Sur les modalités, ils nous ont mis un peu devant le fait accompli », grince l’entourage de Michel Barnier
Face aux conséquences d’une « dissolution insensée », cause de « dangerosité et d’instabilité », le président LR de l’Association des maires de France veut faire des communes « un pôle de stabilité », rejetant toute responsabilité des collectivités dans le dérapage des finances publiques. Reçu par Michel Barnier ce mardi, il assure ne rien « attendre ».