Au lendemain de son discours à l’Assemblée nationale, le Premier ministre réitéra l’exercice le mercredi devant les sénateurs. La Haute assemblée prévoit également l’examen d’une proposition de loi organique, transpartisane, pour autoriser le report des élections en Nouvelle-Calédonie.
Les sénateurs font bloc derrière leur président de parti, Bruno Retailleau, qui a annoncé le lancement d’une procédure d’exclusion à l’égard des ministres membres de LR, nommés ce soir dans le gouvernement Lecornu II.
Deux jours après la reconduction de Sébastien Lecornu, l’exécutif a choisi ce 12 octobre la nouvelle liste des ministres. Le nouveau casting fait émerger de nouveaux visages, comme le président de la SNCF Jean-Pierre Farandou ou Monique Barbut, présidente du WWF-France. Des ministres LR subsistent aux responsabilités, malgré la consigne du parti, avec par exemple Vincent Jeanbrun et Annie Genevard.
Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron se sont entretenus dans la soirée de ce dimanche 12 octobre. L’Elysée a annoncé par communiqué la liste des 34 ministres.
Le lundi 13 octobre est la dernière date possible pour assurer les délais constitutionnels d’examen parlementaire des textes budgétaires, et la saisine du Conseil constitutionnel, avant une promulgation au 31 décembre. Mais la transmission aux assemblées requiert plusieurs conditions préalables.
Alors que tous les regards sont tournés vers l’Élysée, dans l’attente de la désignation d’un nouveau Premier ministre, les statistiques de l’instabilité gouvernementale depuis l’été 2024 donnent le tournis. Un exemple : depuis les législatives, la France a presque vécu un trimestre entier sous le régime de l’expédition des affaires courantes.
Dans sa prise de parole ce mercredi matin, en pleine prolongation des consultations politiques, le Premier ministre démissionnaire a esquissé les conditions d’un compromis autour de la trajectoire budgétaire. Sébastien Lecornu a évoqué une fourchette de réduction des dépenses pour 2026, atténuée par rapport au plan budgétaire imaginé par François Bayrou.
Posée sur la table par la ministre démissionnaire Élisabeth Borne, cette revendication de la gauche est au cœur des négociations politiques des dernières heures pour permettre la stabilité d’un gouvernement. L’arrêt du relèvement progressif de l’âge légal de départ vers les 64 ans ne serait toutefois pas sans conséquences sur les finances publiques.
En dehors du cas précis des Républicains, les autres composantes du socle commun au Sénat faisaient grise mine ce 7 octobre, face à la paralysie gouvernementale. À quelques jours du dépôt nécessaire du budget, certains plaident pour un gouvernement technique, en l’absence de compromis mercredi soir.
Les ministres démissionnaires de l’éphémère gouvernement Lecornu pourront, pour assurer l’expédition des affaires courantes, former des cabinets, jusqu’à un maximum de quinze conseillers, a appris Public Sénat, confirmant une information d’Acteurs Publics.
La déflagration provoquée par le départ surprise du Premier ministre rend extrêmement fragile le scénario de textes budgétaires déposés au Parlement dans le cadre d’un calendrier normal. Ce qui amènerait alors un prochain gouvernement à avoir recours à des procédures d’exception au niveau budgétaire.
La promesse de textes budgétaires adoptés selon une procédure parlementaire classique est loin de rassurer entièrement les parlementaires de gauche. Interrogés, plusieurs sénateurs rappellent l’existence d’autres outils de contrainte procédurale et s’inquiètent d’éventuelles majorités qui excluraient la gauche.