Social buisness : une promesse pour demain
Avec en toile de fond l’humanité capitaliste, se dessine une nouvelle forme d’économie. Le social buisness se présente comme un projet innovant qui entend redorer et redéfinir les valeurs de l'entreprise et replacer l’Homme au cœur de l’action.

Social buisness : une promesse pour demain

Avec en toile de fond l’humanité capitaliste, se dessine une nouvelle forme d’économie. Le social buisness se présente comme un projet innovant qui entend redorer et redéfinir les valeurs de l'entreprise et replacer l’Homme au cœur de l’action.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Une économie solidaire et éthique

Cette approche innovante, fondée par le Prix Nobel de la Paix Muhammad Yunus, lie productivité et humanité. S’ajoute à ce programme audacieux l’objectif « zéro profit ». Autrement dit, les entreprises engagées dans le social buisness ne génèrent aucun bénéfice. C’est le défi d’une économie inclusive qui entend combler des carences médicales ou environnementales de pays en développement. En effet, l’écosystème du social buisness œuvre à résoudre les maux des plus pauvres en « reversant les rétributions dans l’appareil productif » comme le souligne Eric Lesueur. Ce dirigeant de Veolia nous rappelle qu’aujourd’hui, grâce au projet Grameen Veolia Water, « 7 000 personnes consomment de l’eau sans arsenic au Bangladesh ». Cette nouvelle forme d’économie solidaire propose une perspective de marché et d’innovations au service des hommes et non de la finance.

La meilleure entreprise du monde ou la meilleure pour le monde ?

De plus en plus, les entreprises prennent le chemin de l’entreprenariat social. Ainsi, les finalités sociales, éthiques et environnementales s’inscrivent peu à peu au cœur de l’ADN de certaines entreprises. Pour Jean-Louis Laville, titulaire de la chaire économie solidaire au CNAM, « Il faut mettre en place des démarches collectives avec des entreprises de l’économie sociale, des coopératives et des mutuelles et, tout cela dynamisé par une économie solidaire ». Ainsi, les entreprises s’imposent comme un levier de développement très puissant capable de « créer des réseaux, de l’expertise et des moyens de mises en œuvre bien plus efficients que des individus isolés », nous explique Jean-Marc Guesné, PDG de l’association Ashoka France, engagée dans les enjeux de société. « Il y a, semble t-il, une volonté assez pure de la part de l’entreprise de réconcilier le social et l’économique. Les entreprises ont pris conscience qu’elles pouvaient avoir de l’impact. Leur objectif est d’accompagner et de mettre en lumière des individus qui répondent à des enjeux de société ». Dans une dynamique proche du mécénat, ces entreprises partagent leurs valeurs.  

 

000_sahk991203735290hdf.jpg

 

Pourtant, le social buisness n’est pas une réponse miracle. Ce modèle nécessite d’être encouragé. Ainsi, Jean Marc-Guesné prône la « co-création » comme moteur d’accomplissement de ce modèle. Il entend parler de l’alliance d’acteurs privés et publics dans la recherche commune de solutions. En d’autres termes, il évoque des structures hybrides relevant aussi bien du droit des sociétés des entreprises capitalistes que du droit des associations non lucratives.

Néanmoins, cette « mission d’entreprise n’est pas un chemin pavé de roses », selon Eric Lesueur. Mais les difficultés rencontrées autant que les impacts bénéfiques restent flous car comme le souligne justement Jean-Louis Laville, « il n’existe pas encore d’évaluation indépendante. Il faudrait croiser une expertise avec des regards qui ne soient pas partie prenante ». Ainsi, l’impact bénéfique du social buisness est incontestable, mais reste invérifiable.

Les promesses du social buisness

En réalité, la richesse de cette nouvelle éthique est la formation de futurs entrepreneurs sociaux qui se voudront productifs et cela dans une perspective durable. En d’autres termes, les entrepreneurs du social buisness misent plus sur la pérennité des marchés de demain que sur une efficience immédiate. Le social buisness doit agir comme le moteur des populations de demain..

 

Retrouvez l’émission Un Monde en Docs consacrée au social buisness le samedi 18 février à 22h et le dimanche 19 février à 9h. 

Partager cet article

Dans la même thématique

SoftBank CEO Masayoshi Son Meets French President Emmanuel Macron at Elysee Palace
5min

Politique

Nouvelle dissolution avant la présidentielle 2027 ? Une « instrumentalisation » de la Constitution que rien n’interdit

Plusieurs conseillers du camp présidentiel évoquent dans la presse la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale avant la tenue de la présidentielle 2027 pour compliquer la possible arrivée au pouvoir du Rassemblement national. Un scénario inédit sous la Vème République, que rien n’interdit formellement, mais qui dévoierait l’esprit de la Constitution, de l’avis de plusieurs juristes.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
7min

Politique

Affaire Lyhanna : après un rapport accablant de l'inspection, la responsabilité politique est-elle écartée ?

L'inspection générale de la gendarmerie nationale et de la justice déclenchée par la mort de la jeune Lyhanna a pointé, ce lundi, une série de dysfonctionnements suite au dépôt de plainte pour viols sur mineure de moins de 15 ans déposée en août 2025 contre Jérôme Barella. Sébastien Lecornu indique que « la puissance publique ne se défaussera pas » face à « une vérité d'une extrême gravité » et promet des mesures, sans évoquer la proposition de « loi intégrale » sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

France Extreme Weather Heat
8min

Politique

Canicule : le congé climatique fait monter la température politique

Face à une nouvelle vague de chaleur, les Écologistes proposent la création d’un « congé climatique » de cinq jours par an. Une mesure qui est déjà mise en place en Espagne depuis 2024. Entre urgence sanitaire, coût économique et adaptation de la société, la mesure attise les débats bien au-delà du thermomètre.

Le