Depuis Davos, le président de la République dénonce une concurrence « de plus en plus ardue » des États-Unis qui cherchent « à affaiblir l’Europe », alors que Donald Trump a agité la menace de nouveaux droits de douane contre tout pays qui apporterait son soutien au Groënland.
Dans la nuit de lundi à mardi, Donald Trump a menacé d’imposer une nouvelle surtaxe de 200% sur les vins et champagnes exportés par la France aux États-Unis. En cause ? Le refus de Paris de rejoindre son « Conseil de la paix », l’organe concurrent à l’ONU imaginé par le président américain. « La France s'honore d'être dans la tradition gaullienne d'affirmer face à un pays ami qu'il ne doit pas se comporter comme il le fait », assure ce mardi le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin.
Donald Trump continue de répéter son souhait d’annexer le Groenland. Face aux contestations européennes de telles velléités, le président américain a menacé de nouveaux droits de douane huit pays du Vieux continent, dont la France. En riposte, Emmanuel Macron a demandé « l'activation de l'instrument anti-coercition » de l’Union européenne. En quoi consiste une telle mesure ? Quelles sont les autres options envisagées ? Décryptage.
Plus de six mois après la hausse des droits de douane imposée par le président des Etats-Unis au reste du monde, Donald Trump revoit sa stratégie pour éviter le « désaveu » à quelques mois des élections de mi-mandat.
L’Union européenne a échoué. Elle n’a pas obtenu d’exemption de droits de douane pour ses vins et spiritueux à destination des Etats-Unis. Les négociateurs, poussés par la France et l’Italie ont pourtant œuvré tout l’été. Mais la taxe d’entrée sur le territoire américain qui était de 4,8% avant l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, passera à 15%. Un cataclysme pour les vins français dans un secteur déjà à la peine.
Les exportations européennes seront taxées à 15% à partir du premier août, contre 10% actuellement. Réunis en Ecosse dimanche 27 juillet, la présidente de la commission européenne et Donald Trump sont arrivés à un accord, largement critiqué depuis. Les Européens y voient une soumission de l’UE aux volontés du président américain.
Après avoir menacé vendredi dernier d’imposer 50 % de taxes sur les produits européens, le président américain et la présidente de la Commission européenne ont annoncé un délai jusqu’au 9 juillet pour négocier. Pour l’économiste Vincent Vicard, cette « imprévisibilité » de Donald Trump vise avant tout à tester la capacité des Européens à « faire front » et à « répondre de manière collective ».
La commission des finances du Sénat a auditionné des économistes spécialistes du commerce international pour évaluer « l’impact macroéconomique de la politique commerciale américaine » sur l’économie française. S’ils jugent que les effets des droits de douane américains vont rester « modérés », ils redoutent l’impact de la concurrence chinoise.
Les décisions de Donald Trump d’augmenter les droits de douane ont bouleversé les marchés financiers. Pascal Lamy, ancien directeur de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), président du Forum de Paris sur la paix, et coordinateur des instituts Jacques Delors, analyse le phénomène sur le plateau d’Ici L’Europe, interrogé par Caroline de Camaret.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, évoque une taxe sur les revenus publicitaires des Gafam, en cas d’échec des discussions avec Trump sur les droits de douane. « Il ne faut pas se laisser marcher sur les pieds », soutient la sénatrice Catherine Morin-Desailly. Mais pour Ophélie Coelho, chercheuse à l’Iris, nous risquons d’être les « perdants ». Elle défend plutôt le développement de nos propres solutions autour du « logiciel ».
ENTRETIEN. Devant « la pression des marchés financiers », Donald Trump recule pour l’heure sur les droits de douane. « Un nouveau signe de son imprévisibilité », selon l’économiste Stéphanie Villers, qui affirme que « Trump est en train vraiment de déstructurer le commerce mondial ».
Invité de la matinale de Public Sénat, le directeur général par intérim de la Caisse des dépôts s’est exprimé sur l’impact des annonces de Donald Trump sur l’économie française, mais également l’épargne des Français. « Le livret A est garanti par l’Etat, il n’y a aucun risque en capital », a-t-il rappelé.