Alors que le Liban se retrouve touché de plein fouet par l’embrasement militaire au Moyen-Orient, Emmanuel Macron réaffirme le soutien de Paris à Beyrouth. De la promesse de protection de Saint-Louis aux crises contemporaines, la France et le Pays du Cèdre ont toujours entretenu une relation particulière, marquée par une histoire commune, et d’intenses échanges diplomatiques et culturels.
Cette semaine, le sénateur socialiste, Rémi Féraud a alerté le gouvernement sur les implications de l’affrontement entre le pouvoir syrien et les forces kurdes, passé sous les radars de l’actualité internationale très riche ces derniers temps. Un nombre indéterminé de prisonniers jihadistes incarcérés dans les prisons kurdes au nord du pays sont désormais dans la nature, d’autres ont été transférés dans les prisons en Irak.
Dix mois après la chute de la dynastie des Assad, la Syrie a fait son retour sur la scène internationale, à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York la semaine dernière. A sa tête, Ahmed al-Charaa œuvre à l’ouverture diplomatique du pays et promet d’éradiquer le sectarisme. Des ambitions que le chef d’État porte « seul » précise le spécialiste Wassim Nasr, auditionné par la commission des Affaires Étrangères du Sénat.
Depuis dimanche, la Syrie est en proie à un regain de tensions entre la minorité druze et le pouvoir en place qui a fait plus de 350 morts. Si une certaine accalmie semble se profiler, la fracture communautaire est profonde dans un pays meurtri par quatorze ans de guerre civile. Pour Aghiad Ghanem, spécialiste du Moyen-Orient à Sciences Po, la phase de transition en Syrie risque de passer par une longue période de conflits.
Sur la centaine de femmes et d’enfants de nationalité française encore détenus par les Kurdes depuis la chute du groupe Etat islamique, ils sont une vingtaine à réclamer un rapatriement. Parmi eux, de jeunes majeurs, internés lorsqu’ils étaient encore des adolescents. De retour de Syrie, une délégation d’avocats et d’associatifs dénonce l’inertie des autorités françaises.
Emmanuel Macron s’apprête à accueillir mercredi à Paris le président syrien Ahmed al-Charaa. Il s’agit de sa première visite dans un pays occidental depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre. Un déplacement aussi inédit que sensible, alors que des doutes persistent sur la coalition islamiste au pouvoir à Damas. Entretien avec Hala Kodmani, journaliste à Libération et spécialiste de la Syrie.