Aider une personne âgée, donner des cours, participer à l’organisation d’un festival relève souvent d’un véritable casse-tête. C’est le constat fait Nicolas Goudy, 28 ans et co-fondateur de la plateforme d’entraide : « J’ai du temps libre que j’aimerais utiliser pour être bénévole mais je passe plus de temps à chercher une association pour laquelle m’engager qu’à l’aider ». Son idée alors est de simplifier la démarche de rencontre entre les associations et les futurs bénévoles en leur proposant une plateforme web où chacun peut, soit proposer une mission de bénévolat, soit proposer son aide.
Être quêteur pour le compte de la Croix Rouge le temps d’une journée, participer à l’accueil de jour pour Emmaüs 3 heures par semaine ou encore s’impliquer plus durablement dans une action de tutorat dans un collège parisien afin de lutter contre l’échec scolaire : c’est, entre nombreuses autres activités, ce qui est proposé sur le site « jemengage.paris.fr ». Les offres sont larges et toutes liées au social : de la culture à l’éducation, en passant par la santé.
Pas besoin d’être majeur pour s’engager
Le site s’adresse aux plus de 15 ans désireux de devenir bénévoles à Paris, sans obligation d’engagement. La plateforme est très simple d’utilisation pour les associations, comme pour les bénévoles. Pour l’association, il suffit de poster l’intitulé de sa mission, de la décrire, de la situer dans l’espace et de renvoyer vers leur site. De son côté, le bénévole peut se créer un profil, avant de lancer une recherche sur la carte, où il peut filtrer les missions en fonction de son emploi du temps et de ses centres d'intérêts. S’il suffit d’un clic pour participer, le risque est de voir arriver une génération de bénévoles éphémères, peu enclins à pérenniser leurs actions.
Depuis le 20 mars 2015, plus de 1 000 associations ou collectifs de citoyens ont sauté sur l’occasion de se présenter et de demander de l’aide. En tout, c’est plus de 800 missions qui sont proposées sur le site, dont plus de 400 missions déjà réalisées, parmi lesquelles des missions logistiques, événementielles ou encore culturelles mais également des missions engagées sur plusieurs mois. Une réussite pour le site qui profite du partenariat avec la Mairie de Paris, qui possède une base de données de plus de 17 000 associations et qui offre une réelle légitimité au projet.
« Après les attentats de janvier, on ressent quelque chose de plus fraternel, un désir de rencontre solidaire. On a besoin de bienveillance dans nos sociétés. C’est un plaisir et un bonheur de s’occuper de quelqu’un d’autre et je pense que dans une ville comme la notre, « Je m’engage » répond à une aspiration citoyenne », a souligné la Maire de Paris, Anne Hidalgo. Pour elle, cette nouvelle plateforme d’entraide est avant tout « une initiative qui est partie d’un besoin, de la volonté et de l’envie des Parisiens de s’investir ».
Il ne faut pas que cela devienne du travail déguisé
« Il y a 1,3 millions associations en France, plus de 200 000 associations à Paris et tout autant de personnes qui veulent aider », explique Nicolas Goudy. Mais ça ne doit pas « devenir du travail déguisé ». Et parfois la frontière est ténue, comme cette mission proposée par le Théâtre de la Loge, théâtre privé du 11e arrondissement de Paris qui cherche des bénévoles pour l’accueil des artistes et du public, la préparation de la billetterie, le rangement, la distribution des outils de communication, l’aide technique en soutien au régisseur général. Un vrai travail en somme, qui mériterait un salaire.
La rémunération était d’ailleurs une des problématiques évoquée par la Mairie de Paris : le bénévolat ne doit en aucun cas remplacer un salarié ou un service civique. Nicolas Goudy, co-fondateur de « Je m’engage » le rappelle : « Au début, on visait plus naturellement les jeunes sans compétence, sans formation obligatoire mais il ne faut pas nier pour autant les besoins des associations qui ont parfois besoin de l’aide de personnes formées, à l'instar d’un webmaster ou d’un community manager ».
Pour l’instant, le site propose uniquement des missions dans l’enceinte de la ville de Paris intra-muros, qui finance une partie du projet. Mais l’équipe de « Paris, je t’aide » a déjà été approchée par d’autres villes françaises pour lancer ce même genre d’initiatives. Les villes de Lille, Lyon, Marseille, Toulouse, Strasbourg et Nantes souhaiteraient également développer le projet. Nicolas Goudy espère même un déploiement à l’international puisque le Maire de Montréal s’est montré intéressé.









