Logo du Parti socialiste illustration
Paris, samedi 22 juin 2019, Conseil national du Parti socialiste, illustrations logo du Parti socialiste//REYNAUDTRISTAN_REYNAUD701/1906221448/Credit:Tristan Reynaud/SIPA/1906221449

De nouvelles turbulences au PS sur la stratégie à adopter à gauche  

Au Parti socialiste, les opposants à la ligne d’Olivier Faure demandent une discussion sur la stratégie à gauche, au travers d’une “convention nationale”, avec le vote des militants socialistes. Le Premier secrétaire n’a pas donné suite.
Quentin Calmet

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Et c’est reparti pour un tour. La hache de guerre ne sera pas restée enterrée très longtemps. Un an et demi après une élection au poste de Premier secrétaire tumultueuse, la tension entre les différents courants internes au PS est à nouveau palpable.

Dans un entretien publié jeudi 25 juillet dans le Parisien, Hélène Geoffroy, figure de proue du texte d’orientation 1 (TO1), et opposée à la ligne d’Olivier Faure, estime que « la stratégie du Nouveau Front populaire n’incarne pas la gauche de gouvernement ». Elle ajoute demander « une convention de clarification » de la position du PS dans le Nouveau Front populaire. De quoi lancer un débat interne, lors d’un Conseil national, qui s’est réuni jeudi soir en visio.

« C’était très compliqué de comprendre ce qu’elle voulait que l’on clarifie », analyse la sénatrice socialiste Corinne Narassiguin, auprès de Public Sénat. Cette proche d’Olivier Faure, membre de la direction actuelle du PS, ajoute : « Il faut faire aussi attention à l’image qu’on renvoie à l’extérieur. Elle avait l’air de vouloir une clarification pour s’assurer que le Parti socialiste est bien toujours un parti de gouvernement, ce qui est étrange comme question. »

Un autre sénateur, également proche de la ligne de la direction actuelle du PS ajoute : « Tout le monde a été un peu surpris, parce que le buffet n’avait pas l’air froid. Tout le monde a été un peu surpris que les choses sortent si vite, alors même que l’on est toujours sur cette discussion pour Matignon. » En effet, le retour de ces querelles internes au PS intervient seulement 48H après que le Nouveau Front populaire a acté le choix de Lucie Castets, comme candidate à Matignon.

Gouverner dans la durée

Mais pour les opposants internes à la ligne Faure, la gauche est dans une impasse. « Nous souhaitons changer réellement la vie des gens », explique le sénateur socialiste Rachid Temal, proche d’Hélène Geoffroy et co-signataire du TO1. « Nous avons à peu près 190 députés, et pour avoir une majorité, il nous en manque 100. On peut toujours faire semblant et dire ‘On a un nom et on ne règle pas le problème stratégique’, mais la candidate, elle-même, [Lucie Castets, NDLR] dit qu’il faut qu’on trouve des solutions ».

Rachid Temal ajoute : « Ce qu’on dit depuis le début, c’est qu’il faut bien qu’on trouve dans les deux hémicycles, des moyens pour concrètement faire augmenter les salaires des Français, que l’école fonctionne à nouveau, que la sécurité soit là ».

La France insoumise, un repoussoir chez certains socialistes

Au cœur des tensions au sein du PS, il y a toujours la place de la France insoumise dans le Nouveau Front populaire. Jeudi soir, Carole Delga, la présidente socialiste de la région Occitanie a également demandé une forme de « clarification ». Dans un tweet posté sur le réseau social « X », elle a regretté que « les sorties violentes de certains cadres de LFI, comme l’obsession égotique de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle, sacrifient l’émergence d’une gauche progressiste et crédible aux yeux des Français ».

« Il y avait un retour de la rengaine ‘On n’est pas comme les Insoumis’, mais cela, on le sait déjà », analyse Corinne Narassiguin. « On est socialistes, on n’est pas Insoumis, mais sans aller au bout de ce que cela peut vouloir dire. Ils savent bien qu’on ne peut pas casser l’union de la gauche, qui est quand même une demande primordiale des électeurs et qui fait que le Nouveau front populaire peut prétendre à gouverner. »

Clarification de facto à la rentrée

La direction actuelle n’a donc pour l’heure pas répondu formellement à la demande d’Hélène Geoffroy et des autres élus du PS, concernant l’organisation d’une « convention de clarification ».

Mais le PS tient son « campus d’été », à Blois, du jeudi 29 au samedi 31 août. « A Blois, il y aura de la clarté sur l’agenda, mais aujourd’hui les choses ne sont pas encore atterries », explique un sénateur PS. Il ajoute : « Vraisemblablement, l’orientation des prochains mois sera fixée à Blois et dans les interviews de rentrée. »

Fin août, on pourrait donc revoir le Parti socialiste se déchirer sur la forme que doit prendre l’alliance à gauche. Une nouvelle occasion de ressortir la hache de guerre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Sophia Chikirou and Jean Luc Melenchon in a meeting for the municipal elections at Mutualite in Paris
6min

Politique

« L'arbitre de la compétition » : aux municipales, LFI veut se rendre indispensable à gauche malgré son isolement

Avec ses centaines de listes indépendantes, La France insoumise (LFI) veut passer un cap à l’échelon local et assume de faire du scrutin des 15 et 22 mars le « premier tour » de l'élection présidentielle. De quoi espérer remporter plusieurs municipalités de banlieue et se mêler à la bataille du second tour dans les grandes villes, où socialistes et écologistes ne pourront se passer des voix insoumises pour l’emporter.

Le

Paris: PY Bournazel reunion publique campagne municipale Paris
7min

Politique

Municipales : faute d’implantation locale, Renaissance contraint de faire profil bas

La formation de Gabriel Attal a fait le choix d’une campagne a minima pour les élections municipales, avec 360 listes menées sur son nom. Faute d’implantation locale, Renaissance a surtout choisi de former des coalitions avec ses partenaires du centre et de droite pour augmenter le nombre de ses conseillers municipaux. Enjamber les municipales pour mieux lancer la campagne présidentielle, c’est le pari de l’ancien Premier ministre.

Le

Marseille: Marine Le Pen and Franck Allisio at the end of their meeting for the municipal elections
9min

Politique

Municipales 2026 : le Rassemblement national joue sa carte présidentielle

Le parti à la flamme va devoir montrer qu'il est bien implanté localement et qu'il n'a pas perdu sa dynamique avant la présidentielle de 2027. Dans ce cadre, les enjeux des élections municipales jouent un rôle décisif, car actuellement peu ancré localement, chaque mairie gagnée devient pour le Rassemblement national un marchepied stratégique pour le national.

Le