Loi immigration : le vote des sénateurs Renaissance « n’est pas un quitus » à la droite affirme François Patriat

Invité de « Bonjour chez vous » ce mercredi, le patron des sénateurs de la majorité présidentielle explique que le vote de son groupe en faveur du projet de loi durci par la droite sénatoriale, est une manière de faire avancer le texte. L’élu de la Côte-d’Or est certain de la réintroduction de l’aide médicale d’Etat dans le texte final.
Stephane Duguet

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Le vote des sénateurs de son groupe a fait grincer des dents dans la majorité présidentielle. Dix-huit élus Renaissance sur les vingt-deux du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI) ont donné leur feu vert au projet de loi immigration largement durci par la droite, ce mardi. « Ce n’est pas un quitus donné à la majorité sénatoriale », s’empresse d’affirmer le président des macronistes de la Haute assemblée François Patriat sur Public Sénat.

Selon le sénateur de Côte-d’Or, si son groupe a voté « pour », c’est en prévision des débats à venir à l’Assemblée nationale. Le texte arrive en commission le 27 novembre et dans l’hémicycle le 11 décembre. « Ce que nous voulons, c’est donner quelques gages pour que le texte aboutisse », justifie François Patriat. Il considère que la réécriture du projet de loi de Gérald Darmanin par la droite et le centre au Sénat contient des « irritants » mais que « dans le même temps, il y a plus de 90 articles et ce texte sert de base ».


Risque de fronde à Renaissance

Un en même temps, marque de fabrique de la majorité présidentielle, qui ne satisfait pas l’aile gauche de Renaissance. Pour l’ancien ministre venu des bancs socialistes, il faut malgré les différents courants qui traversent le parti présidentiel, conserver une certaine unité. « Il y a des gens qui viennent de la gauche, d’autres qui viennent de la droite, mais je dis qu’il faut mettre sous l’éteignoir l’attitude qui mène à la fronde », lâche François Patriat à ses collègues députés de l’aile gauche. Emmenés par le président de la commission des lois de l’Assemblée nationale Sacha Houlié, les parlementaires de cette sensibilité souhaitent rétablir « le texte ambitieux de l’exécutif », comme l’affirmait le député de la Vienne au Figaro.

Parmi ces mesures, modifiée par les sénateurs Les Républicains (LR) et centristes : l’aide médicale d’Etat (AME), supprimée et remplacée par une aide médicale d’urgence, ainsi que l’article 3 sur la régularisation de ceux qui travaillent dans des métiers en tension. « L’AME sera rétablie, l’article 3 sera réécrit », martèle François Patriat pour qui sinon « il n’y aura pas de texte », malgré les lignes rouges tracées par Bruno Retailleau, président des sénateurs LR.

Pari sur la division des Républicains

Le sénateur macroniste se montre confiant sur l’inflexion affichée des LR : « M. Retailleau avait dit que s’il y avait le moindre aspect dans le texte qui permettait de donner un titre de séjour à des travailleurs en situation irrégulière, il ne le voterait jamais… Il l’a voté ! ». Pour François Patriat, même sans accord avec les LR en commission mixte paritaire après l’examen à l’Assemblée nationale, l’AME sera rétablie parce que « le gouvernement y tient ». Le sénateur estime également qu’un texte pourrait être adopté à la chambre basse sans recours à l’article 49.3 de la Constitution, grâce aux voix du groupe LIOT et parce que les LR sont divisés : « Il y a une forme d’incohérence chez eux. Il y a trois courants : ceux qui sont contre, ceux qui s’abstiennent et ceux qui sont pour éventuellement ».

 

Les Républicains déserteront également la nouvelle « rencontre de Saint-Denis » entre Emmanuel Macron et les chefs de partis. Le président de LR Éric Ciotti a justifié sa non-participation par l’absence du chef de l’Etat à la marche contre l’antisémitisme de dimanche. Le président de la République avait pourtant mis sur la table une proposition des LR concernant l’élargissement du référendum aux questions sociétales comme l’immigration. « Les LR le demandent, le président dit d’accord parlons-en et ils n’y vont pas. Je pense qu’il y a une forme d’irresponsabilité, d’indignité et de puérilité », cingle le sénateur de Côte-d’Or. C’est donc une table sans représentants socialistes, insoumis et républicains autour de laquelle officiera Emmanuel Macron vendredi.

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