Loi immigration : le vote des sénateurs Renaissance « n’est pas un quitus » à la droite affirme François Patriat
Invité de « Bonjour chez vous » ce mercredi, le patron des sénateurs de la majorité présidentielle explique que le vote de son groupe en faveur du projet de loi durci par la droite sénatoriale, est une manière de faire avancer le texte. L’élu de la Côte-d’Or est certain de la réintroduction de l’aide médicale d’Etat dans le texte final.
Le vote des sénateurs de son groupe a fait grincer des dents dans la majorité présidentielle. Dix-huit élus Renaissance sur les vingt-deux du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI) ont donné leur feu vert au projet de loi immigration largement durci par la droite, ce mardi. « Ce n’est pas un quitus donné à la majorité sénatoriale », s’empresse d’affirmer le président des macronistes de la Haute assemblée François Patriat sur Public Sénat.
Selon le sénateur de Côte-d’Or, si son groupe a voté « pour », c’est en prévision des débats à venir à l’Assemblée nationale. Le texte arrive en commission le 27 novembre et dans l’hémicycle le 11 décembre. « Ce que nous voulons, c’est donner quelques gages pour que le texte aboutisse », justifie François Patriat. Il considère que la réécriture du projet de loi de Gérald Darmanin par la droite et le centre au Sénat contient des « irritants » mais que « dans le même temps, il y a plus de 90 articles et ce texte sert de base ».
Risque de fronde à Renaissance
Un en même temps, marque de fabrique de la majorité présidentielle, qui ne satisfait pas l’aile gauche de Renaissance. Pour l’ancien ministre venu des bancs socialistes, il faut malgré les différents courants qui traversent le parti présidentiel, conserver une certaine unité. « Il y a des gens qui viennent de la gauche, d’autres qui viennent de la droite, mais je dis qu’il faut mettre sous l’éteignoir l’attitude qui mène à la fronde », lâche François Patriat à ses collègues députés de l’aile gauche. Emmenés par le président de la commission des lois de l’Assemblée nationale Sacha Houlié, les parlementaires de cette sensibilité souhaitent rétablir « le texte ambitieux de l’exécutif », comme l’affirmait le député de la Vienne au Figaro.
Le sénateur macroniste se montre confiant sur l’inflexion affichée des LR : « M. Retailleau avait dit que s’il y avait le moindre aspect dans le texte qui permettait de donner un titre de séjour à des travailleurs en situation irrégulière, il ne le voterait jamais… Il l’a voté ! ». Pour François Patriat, même sans accord avec les LR en commission mixte paritaire après l’examen à l’Assemblée nationale, l’AME sera rétablie parce que « le gouvernement y tient ». Le sénateur estime également qu’un texte pourrait être adopté à la chambre basse sans recours à l’article 49.3 de la Constitution, grâce aux voix du groupe LIOT et parce que les LR sont divisés : « Il y a une forme d’incohérence chez eux. Il y a trois courants : ceux qui sont contre, ceux qui s’abstiennent et ceux qui sont pour éventuellement ».
Les Républicains déserteront également la nouvelle « rencontre de Saint-Denis » entre Emmanuel Macron et les chefs de partis. Le président de LR Éric Ciotti a justifié sa non-participation par l’absence du chef de l’Etat à la marche contre l’antisémitisme de dimanche. Le président de la République avait pourtant mis sur la table une proposition des LR concernant l’élargissement du référendum aux questions sociétales comme l’immigration. « Les LR le demandent, le président dit d’accord parlons-en et ils n’y vont pas. Je pense qu’il y a une forme d’irresponsabilité, d’indignité et de puérilité », cingle le sénateur de Côte-d’Or. C’est donc une table sans représentants socialistes, insoumis et républicains autour de laquelle officiera Emmanuel Macron vendredi.
Contrairement aux députés, les sénateurs ne sont pas élus directement par les citoyens. Leur désignation repose sur un suffrage universel indirect exercé par près de 162 000 grands électeurs, majoritairement issus des conseils municipaux. Un mécanisme central de la représentation des territoires, souvent méconnu du grand public.
Que reste-t-il des promesses électorales d’Emmanuel Macron ? Alors que le second quinquennat s’achève, Public Sénat profite de la pause estivale pour passer au crible les principaux engagements pris par le chef de l’Etat lors de ses deux campagnes présidentielles, en 2017 et 2022. Au menu de ce premier épisode : le Service national universel (SNU), un programme d’engagement au service de la nation, à l’attention des jeunes, et directement inspiré du service militaire.
Les promeneurs, touristes ou Parisiens qui déambulent sur le parvis de Notre-Dame, s’imaginent-ils qu’à quelques pas de là se dressait au Moyen Âge, l’une des plus somptueuses résidences d’Europe ? Et surtout, comment, six siècles plus tard, le tout premier palais de nos rois, bâti sur l’île de la Cité, au beau milieu de la capitale, a-t-il pu devenir ce fantôme de l’Histoire ? Dans son documentaire Le mystère du palais disparu, Stéphane Jacques retrace l’enquête menée par un trio de scientifiques spécialistes de la reconstitution numérique.
Grandir dans l’ombre du pouvoir oblige à se construire autrement, a fortiori lorsque votre existence relève du secret d’Etat. Mazarine Pingeot, « fille cachée » de François Mitterrand y est parvenue. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, la philosophe publie ces jours-ci Inappropriable (ed. Climats Flammarion), un essai ambitieux sur la relation entre l’homme et l'intelligence artificielle. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle revient sur une enfance hors du commun.