Loi immigration : le vote des sénateurs Renaissance « n’est pas un quitus » à la droite affirme François Patriat

Invité de « Bonjour chez vous » ce mercredi, le patron des sénateurs de la majorité présidentielle explique que le vote de son groupe en faveur du projet de loi durci par la droite sénatoriale, est une manière de faire avancer le texte. L’élu de la Côte-d’Or est certain de la réintroduction de l’aide médicale d’Etat dans le texte final.
Stephane Duguet

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Le vote des sénateurs de son groupe a fait grincer des dents dans la majorité présidentielle. Dix-huit élus Renaissance sur les vingt-deux du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI) ont donné leur feu vert au projet de loi immigration largement durci par la droite, ce mardi. « Ce n’est pas un quitus donné à la majorité sénatoriale », s’empresse d’affirmer le président des macronistes de la Haute assemblée François Patriat sur Public Sénat.

Selon le sénateur de Côte-d’Or, si son groupe a voté « pour », c’est en prévision des débats à venir à l’Assemblée nationale. Le texte arrive en commission le 27 novembre et dans l’hémicycle le 11 décembre. « Ce que nous voulons, c’est donner quelques gages pour que le texte aboutisse », justifie François Patriat. Il considère que la réécriture du projet de loi de Gérald Darmanin par la droite et le centre au Sénat contient des « irritants » mais que « dans le même temps, il y a plus de 90 articles et ce texte sert de base ».


Risque de fronde à Renaissance

Un en même temps, marque de fabrique de la majorité présidentielle, qui ne satisfait pas l’aile gauche de Renaissance. Pour l’ancien ministre venu des bancs socialistes, il faut malgré les différents courants qui traversent le parti présidentiel, conserver une certaine unité. « Il y a des gens qui viennent de la gauche, d’autres qui viennent de la droite, mais je dis qu’il faut mettre sous l’éteignoir l’attitude qui mène à la fronde », lâche François Patriat à ses collègues députés de l’aile gauche. Emmenés par le président de la commission des lois de l’Assemblée nationale Sacha Houlié, les parlementaires de cette sensibilité souhaitent rétablir « le texte ambitieux de l’exécutif », comme l’affirmait le député de la Vienne au Figaro.

Parmi ces mesures, modifiée par les sénateurs Les Républicains (LR) et centristes : l’aide médicale d’Etat (AME), supprimée et remplacée par une aide médicale d’urgence, ainsi que l’article 3 sur la régularisation de ceux qui travaillent dans des métiers en tension. « L’AME sera rétablie, l’article 3 sera réécrit », martèle François Patriat pour qui sinon « il n’y aura pas de texte », malgré les lignes rouges tracées par Bruno Retailleau, président des sénateurs LR.

Pari sur la division des Républicains

Le sénateur macroniste se montre confiant sur l’inflexion affichée des LR : « M. Retailleau avait dit que s’il y avait le moindre aspect dans le texte qui permettait de donner un titre de séjour à des travailleurs en situation irrégulière, il ne le voterait jamais… Il l’a voté ! ». Pour François Patriat, même sans accord avec les LR en commission mixte paritaire après l’examen à l’Assemblée nationale, l’AME sera rétablie parce que « le gouvernement y tient ». Le sénateur estime également qu’un texte pourrait être adopté à la chambre basse sans recours à l’article 49.3 de la Constitution, grâce aux voix du groupe LIOT et parce que les LR sont divisés : « Il y a une forme d’incohérence chez eux. Il y a trois courants : ceux qui sont contre, ceux qui s’abstiennent et ceux qui sont pour éventuellement ».

 

Les Républicains déserteront également la nouvelle « rencontre de Saint-Denis » entre Emmanuel Macron et les chefs de partis. Le président de LR Éric Ciotti a justifié sa non-participation par l’absence du chef de l’Etat à la marche contre l’antisémitisme de dimanche. Le président de la République avait pourtant mis sur la table une proposition des LR concernant l’élargissement du référendum aux questions sociétales comme l’immigration. « Les LR le demandent, le président dit d’accord parlons-en et ils n’y vont pas. Je pense qu’il y a une forme d’irresponsabilité, d’indignité et de puérilité », cingle le sénateur de Côte-d’Or. C’est donc une table sans représentants socialistes, insoumis et républicains autour de laquelle officiera Emmanuel Macron vendredi.

Partager cet article

Dans la même thématique

Loi immigration : le vote des sénateurs Renaissance « n’est pas un quitus » à la droite affirme François Patriat
2min

Politique

Mazarine Pingeot sur François Mitterrand : « J'étais insolente avec mon père »

Grandir dans l’ombre du pouvoir oblige à se construire autrement, a fortiori lorsque votre existence relève du secret d’Etat. Mazarine Pingeot, « fille cachée » de François Mitterrand y est parvenue. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, la philosophe publie ces jours-ci Inappropriable (ed. Climats Flammarion), un essai ambitieux sur la relation entre l’homme et l'intelligence artificielle. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle revient sur une enfance hors du commun.

Le

Loi immigration : le vote des sénateurs Renaissance « n’est pas un quitus » à la droite affirme François Patriat
6min

Politique

Crise du Groenland : "Quand l'Europe montre ses muscles, Trump recule" se félicite l'eurodéputé Bernard Guetta

La tension est redescendue après l'inquiétante escalade de Donald Trump sur le Groenland. Mais l’épisode n’est peut-être pas clos, tant le contenu du fameux accord conclu à Davos reste opaque. Il a laissé des traces et beaucoup de questions. Emmanuel Macron parle d'un appel à un réveil stratégique pour les 27. À l'inverse, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a mis en garde les Européens contre toute tentation de divorce. Alors jusqu’où devons-nous et pouvons-nous nous émanciper des États-Unis ? Faut-il en particulier s’empresser de ratifier l'accord commercial conclu au mois de juillet ? Ici l'Europe ouvre le débat avec les eurodéputés Bernard Guetta (France, Renew), Zeljana Zovko (Croatie, PPE) et Rasmus Nordqvist (Danemark, Verts/ALE).

Le

Paris: Auditions candidats elections Mairie de Paris sur l exclusion
8min

Politique

Vent de fronde chez Les Ecologistes pour les municipales : une « manœuvre » de « déstabilisation » de LFI, dénonce le sénateur Thomas Dossus

A Paris, Montpellier ou Avignon, quelques élus des Ecologistes prennent leur distance avec le parti pour rejoindre LFI. Ils dénoncent la stratégie d’alliance locale avec le PS. « C’est marginal », minimise le sénateur Thomas Dossus, qui y voit un mouvement d’humeur « opportuniste » de certains. Malgré les tensions, il espère encore des rapprochements avec les Insoumis au second tour.

Le

Deplacement de Anne Rubinstein a Epide de Lyon Meyzieu
6min

Politique

Violence dans le périscolaire : « l’omerta » au cœur de la bataille municipale parisienne

Depuis plusieurs mois, les signalements d’agressions sexuelles et de comportements suspects se multiplient dans le périscolaire. L’enquête de Cash Investigation en a révélé les failles, derrière ce service public du quotidien, fréquenté chaque jour par des millions d’enfants, se dessine un système fragilisé, miné par la précarité des personnels, des contrôles défaillants et une responsabilité politique désormais au cœur de la bataille municipale parisienne.

Le