PARIS deputies of the NUPES gather to denounce the methods of the government during the examination of the law of repeal of the pension reform.
Political rally PARIS : the deputies of the NUPES gather to denounce the methods of the government and the presidential majority during the examination of the law of repeal of the pension reform.Militant and his flag//TISSOTCLEMENT_TISSOT4462/Credit:TISSOT CLEMENT/SIPA/2306011222

Sénatoriales 2023 : quelles conséquences pour la Nupes après l’exclusion des insoumis de l’alliance entre le PS, EELV et le PCF ?

Pour les élections sénatoriales du 24 septembre, le Parti socialiste, Europe Ecologie-les Verts et le Parti communiste ont scellé des accords sans La France insoumise, peu représentée localement. D’après le politiste Rémi Lefebvre, ce scrutin aura peu de conséquences sur l’alliance de la Nupes, mais il représente une ressource institutionnelle et financière pour les partis.
Stephane Duguet

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A un mois des élections sénatoriales où 170 sénateurs remettent leur siège en jeu, les partis composant la Nupes organisent leurs journées d’été au même moment, mais séparément. La France insoumise (LFI), le Parti socialiste (PS), Europe Ecologie-les Verts (EELV) et le Parti communiste français (PCF) entretiennent des relations plutôt tumultueuses depuis la formation de l’alliance pour les élections législatives en 2022.

Pour le scrutin du 24 septembre, le PS s’est allié avec EELV dans quatorze départements et avec le PCF dans quinze départements. Leurs candidats feront donc liste commune. En revanche, aucun accord n’a été conclu avec LFI qui ne dispose que de très peu d’élus locaux. Le mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon pourrait donc n’avoir aucun siège au Sénat. Rémi Lefebvre, professeur des universités en science politique à l’université de Lille, décrypte l’enjeu des sénatoriales pour les différents partis de gauche. 

Quelles conséquences vont avoir les élections sénatoriales sur les rapports de forces entre les quatres partis de la Nupes ? Est-ce un scrutin intermédiaire comme les autres ?

J’ai tendance à considérer que les sénatoriales n’intéressent pas beaucoup de gens. C’est une élection qui n’est pas très lisible. Le renouvellement se fait par moitié et le scrutin est indirect puisque ce sont les élus locaux qui votent. Et puis, traditionnellement, ce n’est jamais très médiatisé. Mais cette année, il y a quand même un facteur nouveau car le Sénat joue un rôle plus important depuis un an et l’absence de majorité d’Emmanuel Macron à l’Assemblée nationale.

Pour en revenir à la Nupes, j’ai quand même l’impression qu’il y a une volonté des partenaires de l’alliance hors LFI, de ne pas humilier les insoumis sur ce dossier. Ce qui est le plus lourd à gérer pour la Nupes, ce sont les élections européennes. A la différence des européennes, les sénatoriales ne pourront pas être lues comme un rééquilibrage des rapports de force comparé aux élections législatives de 2022. Ce sera un mauvais moment à passer pour LFI et la Nupes. Mais ce n’est pas une séquence qui va laisser trop conséquences.

Au Sénat, les groupes des partis de gauche présents à savoir le PS, le PCF et EELV ne se sont d’ailleurs jamais vraiment identifiés comme étant de la Nupes…

Le Sénat est une exception. On n’y parle pas de la Nupes déjà parce que LFI n’est pas là. A partir du moment où tout l’arc de l’alliance n’est pas représenté, c’est plus compliqué.

 Le Sénat est très important pour les partis en termes de ressources institutionnelles, financières et d’animation territoriale 

Rémi Lefebvre, professeur des universités en science politique

Qu’est-ce que les partis de gauche déjà présents au Sénat, à savoir le PS, le PCF et EELV, ont à gagner dans ces élections sénatoriales de septembre 2023 ?

Le Sénat est très important pour les partis en termes de ressources institutionnelles, financières et d’animation territoriale.

Pour le PS, cette élection est très importante. Elle est le reflet de son implantation locale et municipale qui est très forte. Avoir des sénateurs signifie aussi avoir des élus pour animer les territoires. C’est important parce que le PS s’est très fortement affaibli au niveau de ses fédérations, de ses permanents et de ses financements. Ce qu’il reste au Parti socialiste, ce sont ses élus locaux et les sénateurs sont des animateurs de ces réseaux d’élus locaux.

Il ne faut pas négliger ce que signifie pour un parti politique d’avoir un groupe parlementaire au Sénat. Cela représente des moyens et une visibilité. Ce que je dis pour les socialistes vaut aussi pour le PCF et pour les écologistes. EELV risque d’ailleurs d’avoir plus de sénateurs grâce à leur progression aux élections municipales de 2020.

Est-ce que vous croyez toujours réalisable l’objectif d’obtenir un candidat unique à gauche via la Nupes en 2027 ?

La Nupes c’était un accord électoral extrêmement ponctuel, conclu de manière très rapide sous la pression de La France insoumise dans une situation de rapport de force après la présidentielle. L’accord a d’ailleurs permis aux verts et aux socialistes d’avoir un groupe parlementaire, donc tout le monde en a profité. Mais l’alliance ne s’est pas consolidée par la suite. Aujourd’hui elle va être très fragilisée par les élections intermédiaires et les premières seront les européennes.

Pour les élections européennes, il y a plusieurs scénarios. C’est une élection au scrutin proportionnel, traditionnellement plutôt favorable aux écolos. La question, c’est : est-ce que LFI va en faire un enjeu majeur en considérant que son leadership est en jeu ? Dans ce cas, la Nupes est fortement menacée. Ou est-ce que LFI, constatant qu’il n’y a pas d’alliance, va démonétiser et dévaluer ce scrutin ? Pour l’instant, Jean-Luc Mélenchon met la pression sur ses partenaires et donc on est plutôt dans le premier scénario. Mais les européennes mobilisent peu les électeurs, donc on verra.

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