Les sénateurs du groupe PS du Sénat ont modifié leur règlement intérieur. Patrick Kanner, à la tête du groupe, était menacé en cas d’adoption du principe de non-cumul dans le temps, proposition finalement rejetée. Mais l’ancien ministre, qui pourra se représenter en octobre prochain, après les sénatoriales, se retrouve contesté en interne.
Après les municipales, le PS espère conserver sa place de second groupe de la Haute assemblée, à l’issue des sénatoriales de septembre. « Je parie sur la stabilité », affirme Patrick Kanner, patron des sénateurs socialistes. Le sénateur du Nord n’exclut cependant pas le scénario du pire, qui serait « une perte sensible » de « 5 sièges ». Le groupe compte aujourd’hui 65 membres.
La tension continue au PS, où le patron des députés PS, Boris Vallaud, demande que les militants socialistes désignent « avant l’été » leur candidat à la présidentielle. En réponse, Olivier Faure promet un vote « avant juin » sur le « processus présidentiel ». Reste à définir l’objet précis du vote. Pour les amis de Boris Vallaud, la désignation du candidat et la stratégie vont de pair. Mais pour ceux d’Olivier Faure, ça ne va pas de soi…
Rien ne va plus au PS, où l’après municipales se transforme en règlement de compte. Le bureau national du PS en a été le cadre, avec un renversement d’alliance sur un texte. « Il y a une crise ouverte de direction du PS, car la majorité a changé et elle n’est plus celle du premier secrétaire », soutient l’ex-sénateur David Assouline. « Ça veut dire quoi mis en minorité ? » rétorque le porte-parole du PS, Arthur Delaporte, qui rappelle que le premier secrétaire est élu « jusqu’en 2028 ».
Le Sénat sera renouvelé de moitié en septembre prochain, un scrutin intimement lié à celui des municipales en raison de son corps électoral. Les nouveaux équilibres communaux permettent ainsi d’anticiper sur la future composition de la Chambre haute, entre la résistance de la droite, le recul redouté des socialistes et des écologistes, et les ambitions inédites du RN et de LFI. Décryptage.
À un an de la présidentielle, les résultats des élections municipales offrent un premier aperçu des forces et faiblesses des principaux partis, sans pour autant prédire ce que va donner la bataille pour 2027. Entre ancrages locaux solides et fragilités stratégiques, la droite (LR), la gauche (PS, LFI), le centre et l’extrême droite (RN) dessinent un paysage fragmenté et incertain, où chaque camp commence déjà à se positionner pour 2027.
Après les résultats en demi-teinte des socialistes aux élections municipales, la position d’Olivier Faure est fragilisée. Le bureau national du PS, mardi soir va tourner au règlement de compte. Lors de la réunion de groupe des sénateurs PS, ce matin, plusieurs élus ont invité le premier secrétaire à tirer les conséquences de l’échec global des alliances avec LFI.
La stratégie d’alliance du Parti socialiste avec La France insoumise dans certaines grandes villes dans l’entre-deux tours des municipales divise au sein des troupes d’Olivier Faure. Le Premier secrétaire est lui-même critiqué par plusieurs figures de la formation de gauche, comme François Hollande ou Boris Vallaud. « On a fait sans La France insoumise dans 95% des endroits de ce pays », tempère de son côté l'eurodéputé et secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, sur Public Sénat.
Le maire sortant Benoît Payan a été largement réélu dimanche 22 mars à Marseille face au Rassemblement national. Si l’extrême droite échoue à conquérir la deuxième ville de France, elle confirme néanmoins une progression durable dans le paysage politique local, au détriment de LR.
Malgré des résultats globaux plutôt bons, c’est l’heure des comptes au PS. Les opposants au premier secrétaire dénoncent l’échec des listes PS/LFI au second tour des municipales. Au moment où Boris Vallaud lui-même, allié d’Olivier Faure lors du congrès, dénonce « l’ambiguïté stratégique » du PS, les regards se tournent vers le bureau national, ce mardi. « Il va se passer des choses », prévient un opposant. « Ça va être chaud », assure un autre anti-Faure…
En 2025, dans l’émission « Il était une loi » de Public Sénat, l’ancien Premier ministre, Lionel Jospin, décédé ce lundi à l’âge de 88 ans, revenait sur le parcours d’un de ses engagements en arrivant à Matignon : favoriser l’égal accès aux femmes et aux hommes aux mandats électoraux.
Sur les chaînes parlementaires LCP et Public Sénat, l’ancien ministre de l’Agriculture et ami de Lionel Jospin, Jean Glavany a rendu hommage à « l’un des grands piliers de la conquête du pouvoir du PS ».