Face à la poussée de LFI au premier tour des municipales, plusieurs accords se sont noués entre des listes PS et des listes LFI, pour tenter de conserver ou de gagner la ville, ainsi qu’avec des listes Les Ecologistes soutenues par le PS. Il faut faire la différence entre les fusions totales, où socialistes et insoumis dirigeront ensemble la commune en cas de victoire, et les fusions « techniques », où LFI ne participera pas à l’exécutif.
Johanna Rolland, maire de Nantes et numéro 2 du PS, a dû nouer une « alliance technique » avec LFI pour tenter de garder la ville à gauche. Menacée par Foulques Chombart de Lauwe, qui réunit les différentes familles de la droite et du centre locales, elle aura tout de même un duel incertain au second tour. Reportage sur place.
Les élections ne sont pas seulement une affaire de mathématiques, rappellent plusieurs politologues. Exemple à Toulouse, où la liste du socialiste François Briançon se fond dans la liste de l’insoumis François Piquemal, l’issue du second tour n’est pas écrite à l’avance.
Le retrait de Philippe Dessertine à Bordeaux dessine un second tour des municipales qui opposera le maire sortant écologiste Pierre Hurmic au député marcroniste Thomas Cazenave.
Fusion Dati-Bournazel, retrait de Sarah Knafo, pas d’alliance Gregoire-Chikirou… À quelques heures de la clôture des dépôts de listes, le paysage politique parisien s’est brutalement simplifié. Mais derrière l’apparente clarification, alliances contraintes, rancœurs et calculs pour 2027 dessinent un second tour électrique et très incertain.
Le scrutin municipal de 2026 est marqué par une abstention en hausse par rapport à 2014, environ 43% cette année contre 36,6% à l’époque. Ce phénomène est amplifié au niveau des communes de moins de 1 000 habitants : l’abstention a atteint 35,8% contre 24,7% en 2014. Décryptage de cette dynamique abstentionniste au niveau local avec Christelle Craplet (IPSOS-BVA) et notamment de l’impact de la réforme du scrutin pour les plus petites communes, désormais soumises à un scrutin paritaire de liste, sans panachage.
Si les désistements de listes sont récurrents dans l’entre-deux tour des élections municipales, il est beaucoup moins aisé de retirer une liste qui a déjà été déposée en préfecture. Un cas rare, qui peut provoquer des situations cocasses au second tour.
Terre historiquement difficile pour le parti de Marine Le Pen, le RN réalise une importante progression en Bretagne où huit des dix plus grandes villes de la région auront désormais un conseiller municipal issu du Rassemblement national.
Avec 10,4 % des voix obtenues ce dimanche, Sarah Knafo pouvait se maintenir au second tour des élections municipales dans la capitale, un choix qu’elle n’a finalement pas fait. Ce score élevé pour une liste d’extrême-droite, habituellement faible à Paris, provient essentiellement de l’électorat de droite, « conservateur socialement » et « libéral économiquement ».
Malgré le risque RN dans la cité phocéenne, la candidate LR Martine Vassal, arrivée en troisième position dimanche, a choisi de se maintenir pour le second tour. Au micro de Public Sénat, elle estime que le désistement de l’insoumis Sébastien Delogu fait du maire PS sortant, Benoît Payan, « le représentant de l’extrême gauche ».
À quelques heures de la clôture du dépôt des listes pour le second tour, la droite parisienne se resserre. Après avoir tendu la main à Rachida Dati, Sarah Knafo retire sa liste, tandis que Pierre-Yves Bournazel se désiste à son tour, consolidant une dynamique d’union face à la gauche.
Dans la préfecture de Corrèze, la liste du maire ex-PS, Bernard Combes, fusionne avec celle de Nicolas Marlin, qui compte quelques membres de LFI. Cet ancien conseiller de François Hollande à l’Elysée vient ainsi contredire la ligne de refus de tout accord avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, portée par l’ex-Président. « Il s’agit d’une liste conduite par un binôme PCF/EELV, issue de sa majorité », minimise l’entourage de François Hollande.
Après l’annonce d’une fusion des listes LFI et écologistes hier, la socialiste Catherine Trautmann, en tête au premier tour à Strasbourg, a réagi en s’alliant avec la liste de centre-droit Horizons. Une union désavouée par le patron du PS Olivier Faure… et le parti Horizons lui-même, qui apporte son soutien au candidat LR.
Arrivé en quatrième position dimanche, et qualifié pour le second tour des municipales à Marseille, l’insoumis Sébastien Delogu annonce retirer sa liste pour faire barrage au Rassemblement national.
Alors que les résultats du premier tour des élections municipales sont connus depuis dimanche soir, des incertitudes demeurent quant aux listes décidées à se maintenir au second tour. Celles-ci n’ont plus que quelques heures pour se manifester en préfecture.
Arrivé en deuxième position de l’élection à Marseille, le candidat RN, Franck Allisio a déposé sa liste en vue du second tour. Le député des Bouches-du-Rhône affiche sa confiance avant le scrutin de dimanche.
Sous pression de sa famille politique, le candidat Horizons/Renaissance à la mairie de Paris, Pierre-Yves Bournazel, a opéré lundi une fusion de sa liste avec celle de la candidate LR et MoDem Rachida Dati et annoncé qu'il se retirait de la course à l'Hôtel de ville.
Invité de la matinale de Public Sénat, le député de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel constate le succès de la stratégie électorale de la France insoumise et de la possibilité de nouer des accords avec le PS pour faire barrage aux candidats de droite ou d’extrême droite pour le second tour des élections municipales.
Après un premier tour où LFI a réalisé de bons scores, insoumis et socialistes réalisent une série de fusions ou de rapprochements locaux, à Toulouse, Limoges, Brest, Nantes ou Avignon. Absence d’accord en revanche à Paris et Marseille. Au PS, la séquence ravive les tensions internes, qui traversent le parti depuis le dernier congrès.
La bataille pour la Métropole de Lyon attire moins les projecteurs que le duel entre Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas, pourtant les enjeux peuvent être plus importants encore, et le scrutin plus serré. À cause d’un mode de scrutin opaque, les résultats sont plus difficiles à déchiffrer, mais une issue sans majorité stable au conseil métropolitain est tout à fait envisageable.