En marge de la manifestation du 23 mars contre la réforme des retraites, les différents leaders syndicaux ont fustigé la détermination du président de la République à faire passer son texte. Présent dans le cortège parisien, Public Sénat a recueilli leurs réactions.
Si l’annonce du report de l’examen de la loi immigration a été saluée par les sénateurs de tous bords son découpage en plusieurs textes a braqué la Haute assemblée. Les présidents des différents groupes politiques l’ont fait savoir au ministre des Relations avec le Parlement, lors d’une Conférence des présidents, mercredi soir.
Les premiers cortèges contre la réforme des retraites se sont mis en marche dans la matinée ce jeudi 23 mars. À Paris, les autorités attendent jusqu’à 70 000 manifestants dans l’après-midi. Sur le front de la grève, les situations de blocage se multiplient, notamment dans les transports, les établissements scolaires et le secteur de l’énergie.
Au micro de Public Sénat, ce jeudi 23 mars, le patron des députés LR a fustigé l’hypothèse d’un projet de loi immigration scindé en plusieurs textes, comme évoqué la veille par le président de la République.
La Conférence des présidents qui s’est réunie le 22 mars a retiré le projet de loi immigration de l’agenda du Sénat. En conséquence, le programme de travail en séance publique se limitera à une heure de questions au gouvernement le mercredi.
Après l’interview d’Emmanuel Macron, les réactions des sénateurs d’opposition sont très critiques. « Le problème, c’est que nous avons un Président qui ne comprend plus les Français », affirme le socialiste Patrick Kanner. Le macroniste François Patriat l’a trouvé pour sa part « lucide, courageux et combatif ».
Lors des questions d’actualité au gouvernement, la sénatrice Laurence Rossignol a dénoncé avec vigueur les récentes déclarations d’Emmanuel Macron à propos de la réforme des retraites. Une interpellation qui lui a valu une réponse sarcastique d’Olivier Véran, rappelant devant l’hémicycle le soutien de la sénatrice à la précédente réforme des retraites en 2014.
Épinglant l’inflation du nombre de textes législatifs, le chef de l'État veut apporter des réponses « très concrètes » aux Français, « avec les services de l’État ». Au Sénat, les législateurs se sentent court-circuités.
En annonçant le report de la loi immigration qui devait être examinée au Sénat le 28 février et son découpage en plusieurs textes, Emmanuel Macron a braqué le patron de la droite sénatoriale. « Ça ne peut pas marcher comme ça », met en garde Bruno Retailleau.
Auditionné, ce matin, au Sénat, par la commission des affaires économiques, Xavier Niel, fondateur et actionnaire majoritaire du groupe Iliad, est revenu sur l’actualité du secteur des télécoms.
Aux questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le président du groupe écologiste du Sénat Guillaume Gontard a interpellé la Première ministre, Élisabeth Borne. Dénonçant les violences policières lors des manifestations, le sénateur a appelé la cheffe du gouvernement à mettre un terme à la réforme des retraites.
Emmanuel Macron table sur une entrée en vigueur de la réforme des retraites « avant la fin de l’année ». Lors d’un entretien télévisé, le président de la République a fait montre de fermeté sur ce sujet, et dénoncé « les factieux et les factions » qui s’appuient sur la contestation au projet de loi.
Emmanuel Macron va « demander au gouvernement de pouvoir travailler à une contribution exceptionnelle, pour que quand il y a des profits exceptionnels d’entreprises […], que leurs travailleurs puissent en profiter ». Le chef de l’Etat veut remettre « autour de la table » les syndicats « sur des sujets très concrets, l’usure professionnelle et les fins de carrières ».
Le chef de l’État a demandé à sa Première ministre de bâtir un « programme législatif » avec les deux assemblées. Il estime que « tout ne passe pas par la loi ». Dans son interview, le président de la République appelle aussi Élisabeth Borne à élargir la majorité.
Alors que le Sénat a adopté en première lecture mardi une proposition de loi visant à retirer l’autorité parentale d’un parent violent, la députée socialiste Isabelle Santiago qui l’a portée dénonce une réécriture qui réduit la portée du texte et abaisse la protection des enfants victimes de violences.
Victime collatérale de la réforme des retraites, le projet de loi immigration dont l’examen devait démarrer au Sénat le 28 mars, est reporté à une date indéterminée et scindée en plusieurs textes. Au Sénat, le texte initial ne satisfaisait ni la gauche, ni la droite.
La réforme des retraites a été formellement adoptée par le Parlement lundi. Les regards se tournent à présent vers les sages de la rue de Montpensier, pressés des différents côtés de l’échiquier politique pour examiner la constitutionnalité, à la fois du texte de loi, mais aussi d’une procédure législative qui a été particulièrement houleuse.
Invité de notre matinale, Boris Vallaud est revenu sur la crise politique et sociale depuis l’activation du 49-3 à l’Assemblée nationale. Le président du groupe socialiste estime qu’Emmanuel Macron est le seul responsable, et qu’à ce titre, seul un retrait de la réforme des retraites pourra « apaiser » la situation.
Dans un contexte de durcissement de la répression contre l’opposition en Biélorussie, le groupe interparlementaire d’amitié France Biélorussie organise, au Sénat, ce mardi 21 mars, une conférence de parrainage de prisonniers Biélorusses.
« Dans les 15 jours qui viennent, il faudra apaiser, écouter les colères », a assuré le chef de l’Etat aux parlementaires de la majorité présidentielle réunis à l’Elysée. Selon un participant, Emmanuel Macron « a remercié les parlementaires qui ont joué le jeu, en particulier au Sénat, où il estime qu’il y a eu un vrai travail de fond, un compromis intelligent, avec les sénateurs LR ».