Les fusions de listes entre PS et LFI pour les municipales passent mal chez certains socialistes, à l’image de Patrick Kanner, président du groupe PS du Sénat, « dubitatif sur l’intérêt de ces accords ». Il pointe le non-respect des conditions fixées avant d’éventuelles alliances avec les insoumis. « Je ne comprends pas Olivier Faure, qui devrait être là pour mettre en œuvre la résolution du bureau national », affirme l’ancien ministre.
Alors que le PS a dû multiplier localement les alliances avec LFI pour espérer conserver ses villes, les socialistes récusent l’idée d’une poussée insoumise, soulignant que le PS restera « la première force de gauche » au niveau local. En même temps, le PS assume les fusions avec les listes LFI. Une stratégie que les opposants à la direction d’Olivier Faure jugent « illisible ».
Face à la poussée de LFI au premier tour des municipales, plusieurs accords se sont noués entre des listes PS et des listes LFI, pour tenter de conserver ou de gagner la ville, ainsi qu’avec des listes Les Ecologistes soutenues par le PS. Il faut faire la différence entre les fusions totales, où socialistes et insoumis dirigeront ensemble la commune en cas de victoire, et les fusions « techniques », où LFI ne participera pas à l’exécutif.
Dans la préfecture de Corrèze, la liste du maire ex-PS, Bernard Combes, fusionne avec celle de Nicolas Marlin, qui compte quelques membres de LFI. Cet ancien conseiller de François Hollande à l’Elysée vient ainsi contredire la ligne de refus de tout accord avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, portée par l’ex-Président. « Il s’agit d’une liste conduite par un binôme PCF/EELV, issue de sa majorité », minimise l’entourage de François Hollande.
Arrivé en quatrième position dimanche, et qualifié pour le second tour des municipales à Marseille, l’insoumis Sébastien Delogu annonce retirer sa liste pour faire barrage au Rassemblement national.
Invité de la matinale de Public Sénat, le député de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel constate le succès de la stratégie électorale de la France insoumise et de la possibilité de nouer des accords avec le PS pour faire barrage aux candidats de droite ou d’extrême droite pour le second tour des élections municipales.
Après un premier tour où LFI a réalisé de bons scores, insoumis et socialistes réalisent une série de fusions ou de rapprochements locaux, à Toulouse, Limoges, Brest, Nantes ou Avignon. Absence d’accord en revanche à Paris et Marseille. Au PS, la séquence ravive les tensions internes, qui traversent le parti depuis le dernier congrès.
Invités de la matinale de Public Sénat, le sénateur de Paris Rémi Féraud (PS) et le député européen écologiste David Cormand ont donné des points de vue très différents sur la nécessité de nouer des alliances avec LFI. Alors que le socialiste mise sur un vote utile favorable aux candidats socialistes, David Cormand appelle au rassemblement.
Au micro de Public Sénat, Stéphane Troussel, le porte-parole du PS, appelle les électeurs insoumis à se désolidariser des propos tenus par Jean-Luc Mélenchon et certains cadres du parti. Il estime qu’en fonction des situations locales, mais aussi du comportement des uns et des autres, les rapprochements LFI-PS seront possibles au second tour des municipales.
Le recensement des étiquettes des listes aux municipales confirme l’émiettement de l’offre politique et l’affaissement des partis traditionnels, qui se présentent beaucoup moins en leur nom qu’auparavant. Tandis que La France insoumise et le Rassemblement national vont gagner en visibilité dans les bureaux de vote. Décryptage.
À l’initiative d’Ensemble sur nos territoires (ESNT), un mouvement d’élus locaux lancé par le sénateur écologiste Ronan Dantec, plusieurs responsables de gauche sont conviés à Montreuil, le 11 avril, pour se prononcer sur la mise en place d’une plateforme programmatique commune. L’objectif : faire de la « social-écologie » un instrument de rassemblement et de reconquête des classes populaires en vue de 2027.
Le Parti socialiste, qui détient plusieurs grandes villes, à commencer par Paris, où « ça va être chaud », présente 2500 listes pour les élections municipales. Uni avec les Ecologistes dans plusieurs communes, le parti fait face aux listes LFI, qui attaquent les socialistes sans hésiter. Au-delà de l’enjeu de conserver ses villes et quelques gains possibles, à Saint-Etienne ou Amiens, le numéro 2 du PS, Pierre Jouvet, espère montrer avec le scrutin « la possibilité de construire l’alternative politique dans le pays ».