Dans l’après-midi, ce samedi 17 octobre, la mairie de Limoges a été incendiée par des individus en fin de manifestation. « On a détruit un bien commun » qui « sert aux populations les plus fragiles », regrette le maire LR de la ville, Guillaume Guérin.
Si « les premiers responsables sont bien sûr les casseurs, dont certains sont issus des rangs de l’ultra-gauche », « l’État est responsable en partie de ce qu’il s’est passé samedi à Limoges », déclare l’édile LR. Selon lui, « ces faits auraient pu être évités si la police républicaine avait eu les moyens de procéder au maintien de l’ordre ».
« J’en veux au gouvernement »
Dans le cadre de cet incendie, Guillaume Guérin demande au gouvernement un plan particulier pour Limoges « à l’image de ce qui a été fait pour Notre-Dame de Paris ». Il souhaite un « calendrier de reconstruction allégé en termes de contraintes urbanistiques » ainsi que la prise en charge intégrale par l’État de ce qui ne sera pas encadré par les assurances. « Je me refuse à ce que les Limougeauds aient à verser le moindre centime pour la reconstruction de leur mairie, car ils n’y sont absolument pour rien », poursuit-il.
Le maire a d’ailleurs obtenu une première réponse limitée du gouvernement : « une réponse de principe en disant qu’ils vont accompagner la reconstruction de l’hôtel de ville ». Toutefois, il souhaite « des écrits » car « les paroles s’en vont mais les écrits restent ». Il a en parallèle contacté « des experts qui travaillent au chiffrage de la reconstruction de l’hôtel de ville ». « J’attends un retour dans la journée du Premier ministre, mais je ne lâcherai rien », ajoute l’édile.
« Les forces de police nationale se sont retrouvées à court de munitions »
Selon Guillaume Guérin, « la ville a été abandonnée par l’État et les forces de police nationale se sont retrouvées à court de munitions ». Face à « 400 émeutiers », les « 30 policiers municipaux » ne pouvaient rien faire. « S’il n’y a pas de changement de doctrine dans le maintien de l’ordre dans ce pays, Limoges fera jurisprudence dans les mois qui viennent ». « Il faut changer de doctrine sur le maintien de l’ordre » et « donner à la police républicaine les moyens de pouvoir garantir l’ordre public », explique-t-il. « C’est très loin d’être le cas aujourd’hui », ajoute le maire.
Le maire démissionnera s’il n’a pas « satisfaction sur tous les points »
« La politique, c’est une question de symbole, une question de courage », déclare le maire Les Républicains. S’il n’est pas entendu, il n’hésitera pas à « mettre en balance la démission » de sa majorité : « Croyez-moi, j’ai une activité professionnelle à côté de mon rôle de maire ». « Le maire que je suis, le président de la métropole de Limoges, deuxième ville de Nouvelle-Aquitaine démissionnera et nous reviendrons aux urnes avec ceux qui le souhaitent », si « le financement intégral de la reconstruction » n’est pas assuré par l’Etat.