Mardi, ils étaient entre 266 000 à 450 000 à manifester dans toute la France, selon les chiffres de l’AFP. Si la majorité des établissements scolaires ont rouvert jeudi, des blocages de lycées et d’universités subsistent en cette nouvelle journée de mobilisation avec des manifestations prévues dans les grandes villes dès midi. Ce jeudi matin, « 94% des établissements sont ouverts, soit totalement, soit partiellement », a déclaré le ministère de l’Éducation. Mais les cours sont « totalement ou partiellement suspendus » dans 375 établissements scolaires sur les 3 700 établissements que compte le pays: « 224 établissements connaissent une fermeture totale et 151 rouvrent partiellement », a chiffré le ministère à 8h.
Acte IV, la mobilisation continue
Nantes, Lyon, Rennes, Marseille, Paris ou encore à la Réunion, l’acte IV des lycéens est en marche. A Paris, L’Union étudiante a appelé à bloquer jeudi matin les lycées et campus, puis à rejoindre des rassemblements devant les préfectures d’Ile-de-France entre midi et 14h pour protester contre « les violences policières ». Peu après une rencontre mercredi avec le ministre de l’Enseignement supérieur, qui les a laissés sur leur faim, la porte-parole du syndicat étudiant, Sabrine Kharbach, a de son côté appelé à rejoindre la place de la Bastille à 15h. Son syndicat réclame 10 milliards d’euros. Dans le centre de Paris, devant l’université d’Assas, ils étaient quelques centaines à bloquer avec des poubelles l’entrée dans l’établissement, accompagnés d’une fanfare. « Les barricades ferment la rue mais ouvrent la voie », pouvait-on lire sur une pancarte. Non loin de là, fait rare, l’Institut catholique de Paris (ICP) était également bloqué.
« Si on est toujours là, c’est parce qu’on veut se battre pour les générations futures », témoigne Gabrielle en Première à Lyon. Selon la préfecture du Rhône, 27 établissements sont impactés par le mouvement qui a rassemblé, sous la pluie, entre 1 000 et 1 500 manifestants à Lyon.
Des revendications partagées en Outre-mer, où les jeunes se mobilisent aussi, comme à La Réunion ou en Guadeloupe. Un lycéen confie : « Le gros problème qu’on a aujourd’hui, c’est le manque de moyens venant de la région et de l’État. »
Des déclarations peu convaincantes du Premier ministre
Des organisations de lycéens et d’étudiants avaient demandé hier à être reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu, faute de « mesure concrète » annoncée selon eux à ce stade par le gouvernement, qui multiplie les signes d’apaisement pour mettre fin à la crise. « Nous avons des propositions chiffrées que nous allons présenter », a déclaré à la presse Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne (USL) devant le ministère de l’Enseignement supérieur. Aussi, mercredi soir, le Premier ministre, Sébastien Lecornu a tenté de calmer le jeu, mais n’a annoncé aucune mesure concrète et a renvoyé à « fin octobre » pour « les premières décisions ». « Nul ne peut être indifférent aux angoisses qu’ils expriment », a-t-il déclaré.
Au nord de Rennes, devant le lycée Victor et Hélène Basch, où une soixantaine d’élèves se sont rassemblés de bon matin, Hanaa, 18 ans, en terminale s’est dite « déçue et pas convaincue » par les propos du Premier ministre. « C’est une situation urgente », partage à ses côtés Salyna, 17 ans, déplorant que des mesures ne soient pas annoncées avant « fin octobre ».
Les syndicats des lycéens attendus à 15h au ministère de l’Éducation
Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, qui a salué « l’espoir et les attentes » exprimés par les lycéens lors d’un déplacement jeudi matin dans un établissement à Reims, a convié les trois principales associations lycéennes au ministère, avec le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste. L’Union syndicale lycéenne (USL), Renouveau Lycéen et Lycéens!, seront reçues à 15h.