NORD : BLOCAGE FACULTE
On October 14, several institutions in northern France were blockaded with trash cans and placards, including IMT Nord Europe and a law school.//GREUEZFRANCOIS_0W1A8549/Credit:Francois Greuez/SIPA/2610141527

Mouvement lycéen : « Combien de mains arrachées avant que le pouvoir en place agisse pour notre futur à tous ? », déclarent des étudiants devant HEC, bloquée pour la première fois

Une nouvelle rencontre entre les syndicats étudiants et le ministre de l’Education est prévue ce jeudi, tandis que certains établissements sont encore bloqués telle que HEC, bloquée pour la première fois. En parallèle, les proviseurs sont appelés par leur syndicat à une « opération rideaux » pour exprimer leur « ras-le-bol ».
Chiara Carbonnet

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Après plusieurs semaines de mobilisation, des établissements sont encore bloqués jeudi avant la troisième rencontre, dans l’après-midi, entre les organisations lycéennes et le ministre de l’Education nationale pour aborder une nouvelle fois les problèmes de bâti scolaire, Parcoursup et les emplois du temps.

A HEC, un blocage « timide »

Jeudi matin, « une vingtaine d’étudiants » d’HEC, selon la préfecture et un étudiant présent, étaient stationnés devant leur école avec des pancartes en soutien au mouvement aux lycéens. L’action « va se poursuivre dans la matinée » mais « on n’a pas prévu de rester toute la journée », a indiqué à l’AFP Baptiste Hernandez, étudiant à HEC. « Un blocage timide », souligne à Public Sénat, une étudiante du Mastère Médias, Art et Création à HEC.

« Nous sommes conscientes et conscients qu’en tant qu’élèves à HEC, nous faisons partie des étudiantes et étudiants les plus privilégiés de ce pays », ont-ils écrit dans un communiqué transmis à l’AFP. « Cette prise de parole a pour seul but d’amplifier la parole des étudiantes et étudiants. Écoutez les collectifs, tout a déjà été dit », ont-ils enjoint. « Combien de mains arrachées, de lycéennes et lycéens révoltés, de professeures et professeurs consternés et de manifestations ignorées avant que le pouvoir en place agisse pour notre futur à tous ? ».

Dans le Rhône, 13 lycées à Lyon et dans son agglomération et trois universités sont également bloqués, selon la préfecture. La police a procédé à six interpellations. Dans la matinée, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, doit se rendre dans l’agglomération bordelaise.

Troisième réunion entre les organisations lycéennes et le ministre de l’Éducation

La réunion avec les organisations lycéennes est prévue à 17h30 au ministère de l’Éducation à Paris. « On attend des choses concrètes sur Parcoursup, le bâti scolaire, les emplois du temps », rappelle à l’AFP Pierre Sourzat, représentant de Les Lycéens!, déplorant n’avoir eu que des « miettes » jusqu’à présent. A l’issue de la précédente réunion, jeudi 8 octobre, son association et l’Union syndicale lycéenne (USL) s’étaient dites insatisfaites et avaient appelé à la poursuite des actions. Le représentant de Renouveau lycéen, Nathanaël Combary – également adhérent du parti Renaissance – avait, lui, salué « quelques avancées », notamment sur la représentativité des lycéens dans des instances consultatives.

Le gouvernement s’est dit prêt à travailler sur l’accompagnement lors de l’orientation au lycée et à des modifications de la plateforme Parcoursup, mais refuse de supprimer le système actuel. Annoncé jeudi dernier, le plan ministériel de redéploiement de 3 000 enseignants titulaires remplaçants, associé à l’embauche de contractuels, n’a toutefois pas convaincu les lycéens mobilisés, qui déplorent des heures d’enseignement perdues à cause d’absences non remplacées.

Les proviseurs en « opération rideaux » cet après-midi

Depuis le début du mouvement, sur les 3 700 lycées français, un tiers n’a « jamais été perturbé », un tiers « a connu une perturbation très modérée sur une durée très limitée », et un tiers des lycées a connu « une perturbation plus importante », selon Édouard Geffray, qui s’est plusieurs fois indigné d’ « une violence totalement débridée dirigée contre le service public de l’éducation ».

« Laminés », les proviseurs sont appelés par leur principal syndicat à une « opération rideaux » jeudi après-midi, consistant à ne gérer que les urgences, pour signifier leur « ras-le-bol ». Trente-sept établissements ont été « partiellement incendiés » selon Édouard Geffray, environ 150 personnels ont été blessés et la police des polices a ouvert 36 enquêtes.

Après une nouvelle journée de mobilisation mardi, qui a réuni entre 161 000 et 480 000 personnes, des organisations de jeunesse appellent, elles, à rejoindre la mobilisation samedi 17 octobre.

 

(Avec AFP)

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