Retraites: accusé de conflit d’intérêts, Delevoye démissionne d’un institut de formation
Nouveau caillou dans la chaussure du gouvernement en pleine guérilla contre sa réforme des retraites: accusé de conflit d...

Retraites: accusé de conflit d’intérêts, Delevoye démissionne d’un institut de formation

Nouveau caillou dans la chaussure du gouvernement en pleine guérilla contre sa réforme des retraites: accusé de conflit d...
Public Sénat

Par Gaëlle GEOFFROY et Aurélie CARABIN

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Nouveau caillou dans la chaussure du gouvernement en pleine guérilla contre sa réforme des retraites: accusé de conflit d'intérêts avec le milieu des assurances, Jean-Paul Delevoye a démissionné lundi de ses fonctions d'administrateur bénévole d'un institut de formation du secteur.

"Pour clore toute polémique, j’ai démissionné ce matin de mes fonctions d’administrateur de l'IFPASS (Institut de formation de la profession de l'assurance, NDLR), cette démission prenant effet immédiatement", a annoncé le "Monsieur retraites" du gouvernement, alors que les critiques, de la gauche comme de la droite, pleuvaient.

Au cinquième jour d'un mouvement de grèves massif dans les transports, l'information avait obligé la majorité à monter immédiatement au créneau pour le défendre.

"Les faits sont clairs, il s'agit d'un simple oubli concernant une fonction bénévole, et Jean-Paul Delevoye a pris la bonne décision pour éviter tout malentendu. Il a évidemment toute la confiance du Premier ministre pour poursuivre sa mission", a insisté Matignon.

Le patron des députés LREM, Gilles Le Gendre, a jugé pour sa part sur LCI qu'on était "dans quelque chose de totalement dérisoire", alors que le gouvernement a "sacrément besoin de lui et du crédit énorme qu'il a gagné auprès des partenaires sociaux pour trouver ensemble des solutions à la crise actuelle" sur les retraites.

"J'ai quand même l'impression que c'est une tempête dans un verre d'eau", a aussi affirmé Roland Lescure (LREM).

Dans sa déclaration d'intérêts mise en ligne sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), M. Delevoye avait bien mentionné sa fonction de "président du think-tank Parallaxe de HEP Education" au sein du groupe de formation IGS, ses anciennes fonctions de conseiller du délégué général d'IGS, et même son titre de président de la Chartreuse de Neuville, une association des orchestres nationaux.

Mais rien sur son poste d'administrateur de l'Ifpass qu'il occupait depuis 2016, a relevé Le Parisien.

Après avoir plaidé auprès du quotidien l'"erreur" et l'"omission par oubli" - tout en reconnaissant que ce n'était "pas responsable" -, il a annoncé sa démission immédiate de cette fonction en prenant soin de souligner qu'il l'avait occupée de manière "bénévole", et qu'il n'avait assisté depuis sa nomination comme haut-commissaire à la réforme des retraites en octobre 2017 "qu’à 3 conseils d’administration" de l'Ifpass.

Il y avait urgence, car l'information avait suscité une avalanche de critiques de la part des principaux responsables politiques de l'opposition.

- "VRP" des assurances -

Le porte-parole du PCF, Ian Brossat, a ironisé sur ce "pur hasard" de voir M. Delevoye occuper ce poste alors qu'"il saccage les retraites par répartition", et que la réforme promise par le gouvernement fait "tout pour pousser les futurs retraités vers des fonds d'assurance", a complété le secrétaire national Fabien Roussel.

Le secteur des assurances a trouvé "son meilleur VRP", a abondé sur le ton de l'ironie la députée européenne La France insoumise Manon Aubry.

"M. Delevoye peut mettre à la taxe tout le pays sur les retraites et oublier une partie de ses déclarations d'intérêt, ça c'est pas un problème !", a fustigé le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, après sa condamnation lundi à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Bobigny pour rébellion et provocation lors de la perquisition agitée au siège de son parti en octobre 2018.

L'écologiste d'EELV, David Cormand, a dénoncé un parti LREM qui s'avère être "la république des marchands, des conflits d'intérêts et de la vente à la découpe des biens communs".

A droite, la députée Les Républicains Valérie Boyer a jugé que "la macronie a quelque chose de désespérant dans sa constance à donner des leçons de morale et se croire au-dessus des règles".

Pour Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, cet épisode est "une nouvelle illustration" de la politique d'Emmanuel Macron, qui "déconstruit tout notre modèle au profit d'intérêts particuliers et de puissances d'argent".

Seul Nicolas Dupont-Aignan, patron de Debout la France, a réclamé la démission de M. Delevoye du gouvernement, s'offusquant qu'Emmanuel Macron ait, selon lui, "carrément choisi un lobbyiste pour élaborer sa réforme des retraites".

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