L'exécutif va annoncer mercredi sa décision d'abandonner - ou non - le projet très controversé d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, tandis que l'opération d'évacuation du site se profile avec l'arrivée de renforts de gendarmes et CRS.
Le choix était à l'ordre du jour du Conseil des ministres qui se tenait mercredi à l'Elysée et Edouard Philippe s'exprimera à la sortie "pour présenter la décision prise par le gouvernement sur l'avenir du projet aéroportuaire du Grand Ouest", a annoncé l'Elysée.
En cas d'abandon, très probable selon plusieurs sources, l'alternative serait de choisir des travaux d'aménagement de l'actuel aéroport Nantes-Atlantique, comme l'envisageaient des médiateurs dans leur rapport remis le 13 décembre.
Les deux options envisagées pour le futur aéroport du Grand Ouest, entre lesquelles le gouvernement doit trancher.
AFP
A huis clos devant les députés LREM, Edouard Philippe a reconnu qu'après l'ultime consultation d'élus menée par l'exécutif depuis début janvier, il n'était "pas forcément plus facile de se prononcer". "Quelle que soit la réponse, elle sera mauvaise" car elle fera des mécontents, a-t-il admis.
Quelle que soit la décision, l'exécutif prévoit d'évacuer la "Zad" cette vaste "zone d'aménagement différée" de 1.600 hectares, rebaptisée "zone à défendre" par les opposants, actuellement occupée par 150 à 200 personnes qui, selon les autorités, en ont fait un "camp retranché".
La Zad sera "évacuée des éléments les plus radicaux", a prévenu mardi le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.
L'option la plus probable est celle d'une forme d'ultimatum pour permettre aux volontaires de quitter les lieux, avant une intervention dans quelques jours, selon un proche du dossier.
Une opposante au projet d'aéroport Notre-Dame-des-Landes manifeste à Héric, près de Nantes, le 27 février 2016
AFP/Archives
"Il y a d'abord un encerclement, il y aura sans doute quelques jours de donnés à ces zadistes pour évacuer, et ensuite il y aura un renfort d'escadrons pour l'évacuation", a affirmé le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, un des grands soutiens de l'aéroport.
Le mouvement anti-aéroport s'est donné rendez-vous mercredi à 18H00 à "La Vache Rit", une grange servant de lieu de rassemblement en plein coeur de la Zad.
"On a eu tellement de mauvaises surprises dans ce combat que je ne suis pas encore à sauter au plafond", a confié à l'AFP Julien Durand, porte-parole de l'association anti-aéroport Acipa. En cas de décision d'abandon, il appelle le gouvernement à leur "laisser du temps pour aménager la sortie".
Qu'ils soient pour ou contre l'aéroport, la quasi-totalité des élus locaux défendent l'évacuation, cinq ans après le fiasco d'une première tentative en octobre 2012, l'opération César.
- Atermoiements -
Même si la priorité affichée par l'exécutif est d'éviter un drame comme celui du militant écologiste Rémi Fraisse tué en 2014 lors d'affrontements avec les forces de l'ordre sur le site d'un projet de barrage controversé à Sivens (Tarn).
Carte de la zone d'aménagement différé du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes
AFP
Des renforts de sept escadrons de gendarmerie mobile, soit plus de 500 hommes, sont attendus mercredi sur place, selon une source proche du dossier, avec pour objectif d'encercler la zone et procéder à des contrôles afin d'éviter l'arrivée de civils dans la Zad. Plusieurs compagnies de CRS seront, elles, à Nantes et Rennes afin d'assurer le maintien de l'ordre en cas de manifestations, comme l'a réclamé la maire de Rennes Nathalie Appéré.
Imaginé dans les années 60, relancé en 2000, attribué à Vinci par appel d'offres en 2010, le projet d'aéroport du Grand Ouest a traversé un demi-siècle pour finalement devenir le symbole des atermoiements du quinquennat Hollande.
Malgré la victoire du "oui" (à 55,17%) au référendum consultatif organisé en Loire-Atlantique en juin 2016, l'exécutif socialiste avait renoncé à expulser les zadistes, ces opposants qui occupent illégalement les lieux.
Une cabane construite sur la route traversant la Zad de Notre-Dame-des-Landes, le 9 janvier 2018
AFP
Plutôt favorable à l'aéroport et au respect de cette consultation, Emmanuel Macron avait toutefois proposé durant la campagne présidentielle une médiation pour tenter de sortir de l'impasse.
Le rapport remis le 13 décembre par les médiateurs est venu changer la donne: tant Notre-Dame-des-Landes que l'extension de l'actuel aéroport nantais de Nantes-Atlantique sont décrits comme des options "raisonnablement envisageables". Une conclusion vivement contestée par les pro-NDDL et qui a remis en selle le second scénario.
"Si jamais on abandonne le projet de Notre-Dame-des-Landes, c'est que les zadistes auront gagné", a averti mercredi le président des Républicains, Laurent Wauquiez. Le FN a lui réclamé l'évacuation des zadistes "par les dreadlocks".
Edouard Philippe doit recevoir les parlementaires de Loire-Atlantique à 14H00 à Matignon, a-t-on appris de source parlementaire, avant de s'exprimer lors des questions au gouvernement.
Un éventuel abandon du projet pose la question de l'indemnisation prévue pour Vinci qui, selon les rapporteurs, pourrait aller jusqu'à 350 millions d'euros.
Confiné pour cause de canicule dans un appartement du centre de Pantin en Seine-Saint-Denis, épuisé par les vagues de chaleur à répétition, soucieux de l’état de santé d’un jeune bébé, Marion raconte, dans ce nouvel épisode de Dialogue Citoyen, comment elle et sa famille ont décidé de quitter la région parisienne quelques jours pour s’extraire de la fournaise dans laquelle ils vivaient depuis des semaines.
L’été caniculaire a été, à bien des égards, particulièrement violent. Cinquante-trois jours de vagues de chaleur ont entraîné sécheresses, incendies et températures insupportables. Florence Van Overmeire a perdu sa maison lors des terribles incendies qui ont frappé la Gironde. Sur le plateau de Dialogue citoyen, face aux sénateurs, cette habitante de la commune du Porge a accepté de revenir sur cette épreuve et appelle à l’accélération des procédures de reconstruction.
Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.
Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.