Le calendrier réunit cette semaine toute la famille Le Pen, avec les mémoires du grand-père, une convention pour sa petite-fille et une...
La famille Le Pen unie par le calendrier et l’immigration, désunie sur le parti
Le calendrier réunit cette semaine toute la famille Le Pen, avec les mémoires du grand-père, une convention pour sa petite-fille et une...
Par Anne RENAUT
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Le calendrier réunit cette semaine toute la famille Le Pen, avec les mémoires du grand-père, une convention pour sa petite-fille et une conférence de presse de sa fille. Tous partagent un combat historique contre l'immigration mais divergent sur la stratégie du parti.
Les relations personnelles au sein du clan Le Pen se sont apaisées depuis la réunion des trois filles, Marie-Caroline, Marine, et Yann autour de leur père Jean-Marie pour ses 90 ans en juin 2018, même si les différends politiques abondent.
L'ancien président du Front national (devenu Rassemblement national) ouvrira la séquence familiale avec la publication, en milieu de semaine, des bonnes feuilles du 2e tome de ses Mémoires.
Jean-Marie Le Pen le 20 août 2015 à Nanterre, lors de son exclusion du FN
AFP/Archives
Le livre, qui couvre la période de la création du FN en 1972 jusqu'à la fin de son mandat, pendant 35 ans, d'eurodéputé en 2019, devrait être "plus polémique" que le premier, selon l'auteur, qui en a pourtant expurgé les passages sujets à caution sur le plan judiciaire.
Celui qui a présidé le FN près de 40 ans, avant de passer le flambeau à sa fille Marine Le Pen en 2011, n'avait pas apprécié le changement de nom du parti et qualifié de "suicide" la refondation engagée par sa fille après l'échec au second tour de la présidentielle de 2017.
Mais il a cette fois fait attention à ne pas parasiter la rentrée politique du RN. La sortie officielle du livre, initialement prévue le 15 septembre, une date qui coïncidait avec la rentrée du parti à Fréjus (Var), a été repoussée au 2 octobre.
- Quelle "stratégie d'union" ? -
Ces Mémoires ne manqueront pas de réveiller les heures noires entre le père et la fille. Le premier tome (1928-1972) était paru en mars 2018, quelques jours avant le congrès du parti, qui avait déchu M. Le Pen de la présidence d'honneur.
Jean-Marie Le Pen entouré en 1988 de ses filles Yann, Marie-Caroline et Marine
AFP/Archives
La déposition du patriarche avait marqué l'épilogue d'une longue bataille judiciaire entre le père et sa fille, générée par l'exclusion de Jean-Marie Le Pen du parti en 2015, après ses propos polémiques répétés sur la Shoah.
Après les bonnes feuilles du grand-père, sa petite-fille, Marion Maréchal, sera l'invitée vedette samedi d'une "convention de la droite" organisée par ses proches pour "fêter l'automne du macronisme".
Annoncée à grand renfort d'invités pas tous politiques, la convention ressemblera fort à une rentrée pour l'ancienne députée FN du Vaucluse, qui a abandonné le nom Le Pen et renoncé à la politique électorale pour diriger une école de sciences politiques à Lyon, mais elle la commente souvent.
Jugeant le RN "pas suffisant pour transformer l'essai", elle veut "ancrer dans un avenir commun" droite et extrême droite, ce qui agace régulièrement au RN.
Sa tante Marine Le Pen explique qu'elle n'est "pas dans une stratégie d'union des droites mais d'union nationale, qui doit se faire au-delà du clivage droite-gauche".
- Immigration et "assimilation" -
Pour Marine Le Pen, cette réunion est une simple "discussion" entre "gens du courant +catho-conservateur+". La cheffe du RN trouve en outre sa nièce "peut-être un peu jeune" pour représenter le parti à la présidentielle de 2022.
Marion Maréchal lors de la conférence de presse de présentation de l'ISSEP, à Lyon, le 22 juin 2018
AFP/Archives
Au-delà des divergences sur le parti, mais aussi l'économie ou les valeurs sociétales, le fil d'Ariane de la famille Le Pen reste le combat contre l'immigration.
Marine Le Pen tiendra lundi à l'Assemblée une conférence de presse sur ce thème fétiche du RN, juste avant le débat sur la politique migratoire organisé dans l'hémicycle à la demande d'Emmanuel Macron.
Jean-Marie Le Pen estime que ce débat est une bénédiction, alors que les hommes politiques font, selon lui, "le silence sur (le) phénomène" migratoire.
Marion Maréchal considère de son côté que des "jeunes Français se font tuer à cause du laxisme migratoire" et fustige "une immigration délirante et extrêmement coûteuse qui vient profiter des largesses de notre système social".
"Le triptyque des Le Pen, c'est identité, immigration, souveraineté", rappelle le politologue Jean-Yves Camus, avec une "assimilation" des étrangers au lieu d'une "intégration" parce qu'à leurs yeux, "le multiculturalisme conduit au conflit".
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