President Donald Trump Returns to the White House, Washington, District of Columbia, United States – 01 Mar 2026
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Accord avec le Venezuela : « Les Etats-Unis vont contrôler près de 40% de la production de pétrole dans le monde »

Donald Trump a annoncé un accord avec le Venezuela sur l’exploitation de ses réserves pétrolières. Un méga contrat qui renforce la position américaine de première puissance pétrolière mondiale et sécurise l’avenir de son industrie énergétique. 
Alexandre Poussart

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« Le plus important contrat pétrolier de l’histoire mondiale ». C’est en ces termes que Donald Trump a qualifié, vendredi dernier, l’accord conclu entre les Etats-Unis et le Venezuela sur les réserves pétrolières de ce dernier.

Cet accord prévoit une prise de contrôle américaine majoritaire sur 65 milliards de barils de réserves pétrolifères déclarées, le développement de 17 champs stratégiques, 100 milliards de dollars d’investissements privés venus des Etats-Unis.

La présidente du Venezuela par intérim Delcy Rodriguez a annoncé que cet accord représenterait « 209 milliards de dollars de recettes fiscales » pour l’Etat du Venezuela, pays dont le président Nicolas Maduro a été enlevé en janvier dans une opération des forces spéciales américaines sur ordre de Donald Trump.

Les Etats-Unis, première puissance énergétique

« On a l’impression d’un retour en arrière dans les années 1950, aux belles heures de la CIA qui avait fait chuter le gouvernement iranien de Mossadegh pour empêcher l’Iran de nationaliser son pétrole », commente Matthieu Auzanneau, ancien directeur du Shift project, think tank de la transition énergétique et auteur du livre « Or noir : la grande histoire du pétrole » (La Découverte). Si le Venezuela ne représente aujourd’hui qu’un 1 % de la production de pétrole mondiale, il dispose de 17 % des réserves de la planète. « Les Etats-Unis vont contrôler près de 40 % de la production de pétrole dans le monde. Ce n’était pas arrivé depuis les années 1960. Les Américains, premiers producteurs depuis 10 ans, se renforcent face aux pétromonarchies et à la Russie. En termes de réserves, ils vont peser quasiment autant que l’OPEP, l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole ».

La Chine grande perdante de l’accord ?

Pour Philippe Charlez, expert des questions énergétiques, chercheur associé au think tank Le Millénaire, ce succès américain va « affaiblir la Chine, partenaire historique du Venezuela, pour des raisons énergétiques, avant l’enlèvement de Maduro. La Chine reste dépendante à 70 % des importations de pétrole, donc les réserves vénézuéliennes seront une carte supplémentaire dans le jeu des Etats-Unis face à la Pékin. » « Les Chinois ont anticipé ce retour de l’impérialisme américain depuis longtemps », nuance Matthieu Auzanneau. « On le voit en Iran, face à la hausse des prix, la Chine a su baisser sa consommation de pétrole pour éviter un vrai choc énergétique type 1973 ou 1979 ».

Sécuriser l’avenir

« Cette mainmise des Etats-Unis sur ces réserves vénézuéliennes va sécuriser l’industrie pétrolière américaine en Amérique, au nord et au sud du continent », explique Matthieu Auzanneau. « Certains producteurs de pétrole, importants pour les Etats-Unis, voient leurs réserves se tarir : c’est le cas du Mexique. Et puis les zones de production pétrole de schistes développés aux Etats-Unis depuis 15 ans sont aussi en déclin. Aujourd’hui une seule zone est très active, dans l’ouest du Texas. Dans cette industrie pétrolière, il faut toujours avoir un coup d’avance et anticiper la fin des ressources. »

Du pétrole brut extra lourd dans le delta de l’Orénoque

Une coentreprise privée, fruit d’une coopération entre Américains et Vénézuéliens, devrait mener les projets d’extraction. « Les réserves de pétrole citées contiennent surtout du bitume lourd, situé dans le delta de l’Orénoque et vont mettre plusieurs années à être développées », explique Philippe Charlez. « Les compagnies américaines ont les capitaux et les équipements nécessaires pour traiter ce type de pétrole. Mais il faut rester très prudent sur le chiffre avancé de 65 milliards de barils de réserves développées, car avec ces huiles lourdes, il est compliqué de savoir à l’avance ce qu’on va trouver. Notons aussi que ces exploitations risquent d’avoir un impact écologique néfaste dans un delta à la biodiversité importante. »

Les conséquences à court-terme d’un tel accord sur le prix mondial du pétrole seront quasi nulles, alors que la guerre en Iran se poursuit. Le prix de l’essence aux Etats-Unis ne devrait pas baisser et Donald Trump aura du mal à en tirer profit auprès de l’opinion publique en vue des élections de mi-mandat de novembre prochain…

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