Le chef de l’État a tenu à s’exprimer sur la situation dans les lycées, qui dure depuis plusieurs jours. Selon Maud Bregeon, Emmanuel Macron a insisté sur le fait que la jeunesse exprime des « angoisses légitimes », mais que celles-ci sont « exploitées politiquement et transformées en violences urbaines ». La porte-parole a évoqué des « scènes inacceptables à tous égards », observées encore la veille sur plusieurs points de rassemblement.
Distinguer les revendications des violences
Le gouvernement fait de cette distinction le fil conducteur de sa réponse. D’un côté, des revendications jugées légitimes ; de l’autre, des violences « inadmissibles », avec des forces de l’ordre blessées et des personnels de l’Éducation nationale pris pour cible. « Cela doit être unanimement condamné », a martelé Maud Bregeon. Le président de la République a demandé à l’exécutif d’apporter des réponses « concrètes » et « claires », à présenter « dans les semaines à venir ». À court terme, Emmanuel Macron a fixé deux priorités. La première est de protéger les enseignants et de recourir à la voie judiciaire « lorsque c’est nécessaire ». La seconde est la remise d’un rapport circonstancié sur le bâti scolaire, l’une des principales revendications remontées de la plateforme ouverte par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray.
Emplois du temps, orientation, remplacements : trois chantiers
Le chef de l’État a également désigné trois autres sujets de travail. Le premier concerne les emplois du temps, l’une des revendications qui reviennent le plus souvent. L’objectif est de « fluidifier les choses », et le sujet est érigé en priorité. Vient ensuite l’orientation. Sur ce point, Maud Bregeon a appelé à un discours « mesuré », beaucoup a déjà été fait ces dernières années, et Parcoursup n’est pas, selon elle, « le totem » que certains voudraient décrire. La porte-parole a toutefois reconnu que des travaux et des réflexions restaient à mener, ce que le président a demandé.
Reste enfin la question des remplacements d’enseignants. Sur les 3 000 professeurs qui devaient être affectés sur des postes de remplacement dans les prochains jours, 2 000 l’ont déjà été, a indiqué la porte-parole, citant le chiffre donné ce matin en Conseil des ministres. « Le travail doit continuer », a-t-elle conclu.