Chloroquine : le discours d’Olivier Véran soutenu par la majorité sénatoriale
Relayé par le ministre de la Santé, l’avis Haut conseil de santé publique exclut l’utilisation de la chloroquine en dehors de cas graves, du cadre hospitalier et de toute décision collégiale. Une position saluée par deux sénateurs LR de premier plan.

Chloroquine : le discours d’Olivier Véran soutenu par la majorité sénatoriale

Relayé par le ministre de la Santé, l’avis Haut conseil de santé publique exclut l’utilisation de la chloroquine en dehors de cas graves, du cadre hospitalier et de toute décision collégiale. Une position saluée par deux sénateurs LR de premier plan.
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Après deux jours de débats chaotiques, marqués par l’absence de consensus médical et l’irruption de déclarations politiques (relire notre article), le ministre de la Santé a relayé un message clair sur l’utilisation de la chloroquine. Cet antipaludique, utilisé par le professeur Didier Raoult dans le traitement contre le Covid-19, déchaîne les passions, en attendant les conclusions d’une expérimentation scientifique à large échelle. En matière de doctrine, Olivier Véran s’est appuyé sur le Haut conseil de santé publique (HCSP), cette instance créée en 2004 pour aiguiller la décision publique dans les politiques de santé et de sécurité sanitaire.

La communication est limpide. « Le Haut conseil de santé publique recommande de pas utiliser de chloroquine en l'absence de recommandation, à l'exception de formes graves, hospitalières, et sur décision collégiale des médecins et sous surveillance médiale stricte [...] Il exclut toute prescription pour des formes non sévères en l'absence de preuves probantes », a précisé le ministre de la Santé.

« Le ministre est un peu sous pression »

L’intervention est soutenue par le président LR de la commission des Affaires sociales au Sénat, le médecin Alain Milon. « Je n’ai rien d’autre à ajouter à ce que dit le ministre. Je ne suis pas un connaisseur particulièrement en virologie, ni de ce médicament, que j’ai prescrit dans le temps à des malades paludiques », s’explique-t-il auprès de Public Sénat.

Témoignant de sa confiance au ministre de la Santé, le sénateur du Vaucluse estime qu’Olivier Véran « essaie de prendre le meilleur chemin possible » en réservant le médicament aux formes les plus graves. « On est en crise sanitaire. Donc les autorisations d’utilisation, or autorisation de mise sur le marché, existent. Le ministre est un peu sous pression. Vous avez un virologue mondialement connu qui dit que le traitement est efficace, d’autres disent que non. Qu’est-ce que vous voulez qu’il fasse ? »

Des propos « qui vont dans le bon sens », pour le président de la droite sénatoriale

Bruno Retailleau, le président du groupe LR au Sénat, qui a multiplié les appels publics depuis dimanche pour élargir les prescriptions dans tous les hôpitaux pour ne pas prendre de retard, s’est montré également convaincu. « L’avis du HSCP et les propos d’Olivier Véran vont dans le bon sens. Prescription en secteur hospitalier, hors procédure habituelle d’autorisation de mise sur le marché. »

Tard dans la soirée, la sénatrice LR Florence Lassarade s’inquiétait du manque de consensus autour de la chloroquine. « La chloroquine va-t-elle être victime d'une guerre de chapelles ? Aurons-nous systématiquement une bataille de retard dans cette guerre ? Après les carences de masques et de tests combien de milliers de morts du coronavirus attendrons-nous ? » a tweeté cette pédiatre, seul membre du groupe LR à avoir voté contre les mesures d’urgences le 19 mars.

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