The French syndicates received by the prime minister

La CGT appelle à une grève générale le 5 novembre, à l’issue de la réunion à Matignon des syndicats

Après une nouvelle nuit de couvre-feux localisés à la suite des évènements du 17 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu recevait ce mercredi les organisations syndicales. Une rencontre « décevante » pour la plupart, même si le gouvernement semble avoir « ouvert la porte à une discussion autour du Smic », d’après la CFTC. De son côté, la CGT déplore qu’il n’y ait« aucune mesure, aucune prise en compte de nos revendications », et appelle à une grève le 5 novembre.
Chiara Carbonnet

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Après la journée de mobilisation du 17 octobre contre la vie chère et pour les revendications lycéennes, Matignon a reçu ce mercredi matin les syndicats représentatifs CFDT, CGT, FO, CFTC et CFE-CGC, UNSA et FSU avec les policiers et les gendarmes. Le but affiché était d’évoquer « les voies et moyens pour garantir l’indispensable liberté de manifester » que « certains essaient de dévoyer en l’associant à des actes inacceptables », selon un courrier qu’il a envoyé à ces organisations. Mais la CFDT avait averti qu’il n’était « pas question de ne parler que de l’organisation de la mobilisation ».

Ainsi, ont également participé à cette réunion David Amiel, ministre de l’Action et des comptes publics, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, et Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur.

Les syndicats lycéens n’étaient pas conviés

Avant le rendez-vous, la CFDT et la CGT ont déploré l’absence des organisations lycéennes à ce rendez-vous. « Je le dis à Monsieur Lecornu, il n’est plus ministre des Armées, il est Premier ministre. Il faut qu’il sorte de son bunker, il faut qu’il entende la mobilisation sociale énorme, il faut qu’il réponde aux revendications et ça commence par recevoir les jeunes, entendre leurs revendications, elles sont très simples, la fin de Parcoursup, des moyens pour les lycées et les universités », a lancé la secrétaire générale de la CGT, Sophine Binet.

Depuis le Qatar, où il achève une tournée de trois jours dans le Golfe, Emmanuel Macron a quant à lui appeler à « plus de transparence » de Parcoursup et « pense qu’il faut entendre ce qui est dit sur l’angoisse qui existe ». Une génération marquée par les attentats, le Covid, les bouleversements sur l’emploi liés à l’intelligence artificielle, la guerre en Ukraine et la crise climatique, selon le chef de l’Etat. « Il faut entendre la jeunesse, l’accompagner. J’ai essayé de faire de mon mieux ces dernières années et je n’ai peut-être pas tout bien fait », conclut-il.

Côté Éducation nationale, la secrétaire générale du Snes-FSU, Sophie Vénétitay, a dit sortir de la réunion « avec un calendrier et une méthode », notamment avec la date de lundi pour une réunion « sur la base des remontées sur la plateforme » de concertation ouverte pour les lycéens. « Au bout de quatre semaines de mobilisation, c’est quand même très en dessous de ce qu’on peut attendre. Ça veut dire qu’aujourd’hui, le gouvernement n’est toujours pas en mesure d’apporter des réponses concrètes à la fois aux lycéens et au personnel », a déploré Sophie Vénétitay, estimant que le gouvernement a « trois trains de retard ».

Une rencontre peu convaincante

Peu convaincue de cette rencontre, la CGT regrette qu’ « aucune mesure » n’ait été annoncée par le gouvernement : « Le Premier ministre, le gouvernement ne nous a annoncé aucune mesure, aucune prise en compte de nos revendications », a déclaré Sophie Binet, à l’issue de 2h30 de réunion.

Pour Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, il est « impératif qu’il y ait des réponses sociales » d’ici le 5 novembre. « Quand on leur dit qu’il y a déjà une colère qui monte, il y a besoin d’apporter des réponses, c’est dès aujourd’hui qu’il faut pouvoir y répondre sur la question des salaires, sur la question des rémunérations des fonctionnaires (…) », a insisté Marylise Léon, trouvant « le gouvernement pas vraiment dans le tempo ».

Sur les salaires, peu avant la réunion, la CGT avait annoncé une demande de 10% d’augmentation du Smic, l’indexation des salaires sur les prix, ainsi que « des moyens pour nos services publics et l’augmentation des salaires des fonctionnaires ». Mais « les ministres nous ont donné des esquisses de choses, rien de précis, le ministre du travail a dit nous recevoir prochainement sur le pouvoir d’achat » mais « aucune annonce précise », a-t-elle déploré. Si le président de la CFTC Cyril Chabanier a jugé la réunion « très décevante », il souligne quant à lui que le gouvernement a « ouvert la porte à ce qu’il y ait une discussion autour du Smic ».

« L’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation »

Un nouvel appel a été lancé pour manifester ce samedi 24 octobre. Hier, un représentant de la coordination des gilets jaunes du 17 octobre, Benjamin Ball, a indiqué sur France 2 avoir formellement déposé une déclaration pour manifester à Paris depuis la place de la Bastille, et expliqué que la CGT Paris y participerait. C’est chose faite : la CGT a déclaré à l’issue de la réunion à Matignon qu’elle serait présente ce samedi « pour accompagner celles et ceux qui souhaitent se mobiliser, pour protéger les jeunes et les travailleurs et travailleuses qui souhaitent se mobiliser (…) ».

Mais la CGT compte aller plus loin pour la mobilisation prévue avec l’intersyndicale le 5 novembre : « L’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais. La CGT avec l’intersyndicale appelle à la mobilisation la plus large possible le 5 novembre. Nous appelons (…) à des assemblées générales partout, sur tous les lieux de travail, pour généraliser la grève le 5 novembre et après », a expliqué à la presse Sophie Binet. Pour la secrétaire générale de la CFDT : « Le rendez-vous de mobilisation, c’est le 5 novembre ».

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