« Du sang, de la sueur et des larmes, le sang des guerres, la sueur des canicules et les larmes de Parcoursup, c’est l’avenir destiné à notre jeunesse. » En détournant la célèbre formule de Churchill, Pierre Ouzoulias a donné le ton de cette reprise des questions au gouvernement au Sénat. Le sénateur communiste a pris soin de condamner les violences « non acceptable, d’où qu’elle vienne », mais a estimé qu’« aucune grenade assourdissante ne pourra jamais étouffer le tumulte d’une jeunesse privée d’espérance ».
Selon lui, les lycéens démentent l’image d’une génération individualiste et corrompue par les réseaux sociaux. « Leurs revendications sont légitimes et vous devez les écouter », a-t-il lancé au ministre. Il s’en est pris à Parcoursup, qui « assigne chacun à ses déterminismes sociaux », et a demandé que le lycée d’origine des candidats soit rendu anonyme, « critère cause de discrimination sociale ».
« Une forme de vertige de la jeunesse »
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray a salué une question qui « remet un tout petit peu les choses en perspective » en « ces temps troublés ». Il a dit partager le constat d’un « vertige » de la jeunesse face au réchauffement climatique, à la géopolitique et à l’intelligence artificielle, et reconnu que Parcoursup peut être vécu comme un « couperet ».
Il a toutefois regretté que « tout le monde fasse actuellement le procès d’un outil » dont plus personne ne rappelle les apports. 150 000 boursiers ont obtenu depuis sa création des places qu’ils n’auraient pas eues sans les quotas qui leur sont réservés, et il n’y a « jamais eu autant d’élèves de banlieue parisienne » dans l’enseignement supérieur à Paris, et inversement.
Sur les professeurs, le ministre a mis en avant la quasi-totalité des postes aux concours pourvus pour la première fois depuis quinze ans, et un taux de remplacement des enseignants absents amélioré de 30 % entre 2024-2025 et 2025-2026. Il n’a en revanche pas répondu directement à la demande d’anonymisation du lycée d’origine. « La promesse doit être tenue », a-t-il conclu, dans des conditions « précisées au cours des prochains jours, à la main du Premier ministre ».