La permanence du député LREM Romain Grau a été prise pour cible samedi à Perpignan par des "gilets jaunes" qui ont cassé les vitres et tenté de mettre le feu au local où il se trouvait, des actes condamnés par plusieurs responsables politiques.
La manifestation des "gilets jaunes" à Perpignan a rassemblé samedi "un peu moins de 200 personnes, dont 50 à 70 violentes", selon la préfecture des Pyrénées-Orientales, qui a indiqué que la permanence de M. Grau avait été la "cible de dégradations importantes de la part de manifestants".
L'intérieur de la permanence du député de La Republique en Marche (LREM) Romain Grau à Perpignan le 27 juillet 2019
AFP
"Comme chaque samedi matin, je travaillais à mon bureau. Ils ont brisé toutes les vitres et ont tenté de mettre le feu à la permanence. Heureusement, un voisin m'a jeté un extincteur par la fenêtre et j'ai pu arrêter l'incendie", a indiqué à l'AFP M. Grau.
En fin de matinée, le député des Pyrénées-Orientales avait déclaré à l'AFP qu'une trentaine de "gilets jaunes" avaient pris part à ce "saccage". En fin d'après-midi, il évoquait sur sa page Facebook "une centaine de personnes cagoulées dont certaines arboraient un gilet jaune".
Il a également posté des images montrant des personnes vêtues de noir, en train de casser les vitres de sa permanence avec une raquette de tennis notamment.
Une personne a été interpellée, a indiqué la préfecture à l'AFP.
En fin d'après-midi, des panneaux en bois ont été posés à la place des vitres brisées, a constaté un photographe de l'AFP.
- "Faits inexcusables" -
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a exprimé sur Twitter son soutien à M. Grau, assurant que tout était "mis en œuvre pour identifier les lâches auteurs de ces faits inexcusables".
Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM) a lui aussi "condamné" sur le réseau social ces actes, soulignant que "la violence, le vandalisme et les tentatives d’incendie ne sont pas des moyens d'action tolérables dans une démocratie".
"De tels actes sont absolument intolérables en démocratie !", a aussi dit le ministre de la Culture Franck Riester, alors que le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a déploré des "actes inacceptables".
"Actes inqualifiables et anti-démocratiques", a tweeté à son tour Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics. La secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa a elle dénoncé un "climat de lois de la jungle visant à propager la terreur permanente".
"Ces violences doivent cesser", a écrit le chef de file des "Marcheurs" à l'Assemblée nationale Gilles Le Gendre.
Le Premier ministre Edouard Philippe ne s'est pas exprimé, mais il a dans le passé dénoncé à plusieurs reprises ce type de dégradations.
"J'ai toujours reçu tout le monde à ma permanence, notamment des gilets jaunes. Je regrette que ces gens soient venus casser au lieu d'essayer de discuter", a affirmé M. Grau.
Le député de La République en marche, candidat aux municipales à Perpignan, y affrontera notamment le député du Rassemblement national Louis Aliot, qui a aussi condamné "sans réserve" les dégradations commises "par quelques individus irresponsables".
M. Grau va porter plainte après cet incident, car "vouloir mettre le feu, c'est vouloir porter atteinte à la vie de personnes : moi-même, mais aussi tous les voisins dans l'immeuble".
Ces derniers jours, au moins sept permanences de députés LREM ayant voté en faveur de la ratification du traité de libre-échange entre l'Europe et le Canada (Ceta) ont été dégradées, dont celle de Jean Bapstiste Moreau à Guéret (Creuse), et Barbara Bessot-Ballot à Vesoul (Haute-Saône).
"Ces attaques inacceptables portent atteinte au fondement même de notre démocratie", a réagi samedi dans un communiqué le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, qui veut mettre "la même énergie à lutter contre l'agribashing, que contre l'antiparlementarisme".
Le délégué général de LREM, Stanislas Guerini, a adressé son soutien à "@RomainGrau @moreaujb23 et @B_BessotBallot, victimes d’actes de vandalisme intolérables".
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