66,17 % pour Raphaël Glucksmann. « C’est un score très élevé. Beaucoup plus que tout ce que les commentateurs prédisaient. » Dans la matinale de Public Sénat « Bonjour chez vous », Nicolas Mayer-Rossignol, maire PS de Rouen et soutien de Raphaël Glucksmann, savait que c’était possible, mais n’a pas caché sa satisfaction de voir le patron de Place publique être désigné aussi clairement candidat à la présidentielle dès le premier tour de la primaire. « Il y a un espoir qui s’est levé. Il y a beaucoup de gens qui sont venus voter pour dire : “On veut le retour d’une gauche claire, d’une gauche sincère, d’une gauche pro-européenne qui n’a pas peur de s’affirmer” », a-t-il analysé.
Avec 66,17 % des voix (79 613 voix), l’eurodéputé, partisan d’une rupture avec LFI, a remporté les faveurs des 120 787 votants, laissant loin derrière le premier secrétaire du PS Olivier Faure, qui n’obtient que 17 398 voix, soit 14,46 %, et qui est largement désavoué sur sa ligne de rassemblement de la gauche. Les trois autres candidats, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, obtiennent tous moins de 10 % des voix. Une victoire tranchée qui ne fait pas oublier le faible nombre de votants par rapport aux précédentes primaires socialistes. Benoît Hamon, candidat socialiste en 2017, avait remporté la primaire citoyenne de la gauche avec 58,65 % des voix (avec près de 2 millions de votants), puis s’était effondré pour finir en cinquième position à la présidentielle avec 6,36 % des voix.
« Vous connaissez un autre processus démocratique où il y a eu plus de monde qui aurait désigné quelqu’un dans cette élection présidentielle ? » a-t-il balayé, reconnaissant que « l’objectif était de gagner l’élection présidentielle » face à « l’ennemi de la République », « l’extrême droite ».
Toutefois, rassembler au-delà du pôle social-démocrate risque de s’avérer plus compliqué pour le fondateur de Place publique. La patronne des Écologistes, Marine Tondelier, a déjà déploré la victoire de « celui qui fait le choix du repli ». « Ce n’est pas tout à fait un propos à la hauteur du moment. Qu’est-ce que veut Marine Tondelier ? Je lui dis amicalement. Est-ce qu’on veut être les plus riches du cimetière ou est-ce qu’on veut barrer la route à l’extrême droite ? C’est quand même un moment de responsabilité pour tous les militants et tous les responsables politiques de la gauche », lui a répondu Nicolas Mayer-Rossignol.