Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait anticipé la réplique de Bruno Retailleau, qui presse le gouvernement, depuis les violences du week-end dernier, de déclarer l’état d’urgence, activé pour la dernière fois en Nouvelle-Calédonie en 2024. « Nous ne sommes pas à un stade où il y aura déclaration de l’état d’urgence », a réagi spontanément son successeur à la place Beauvau Laurent Nuñez. « Car nous avons demandé aux préfets d’engager un certain nombre de mesures de droit commun : mesures de police administratives, que vous connaissez bien, les arrêtés d’interdiction de regroupement, les arrêtés de manifestations, les couvre-feux également. »
Le maintien de l’ordre, « jamais une science exacte »
Selon l’ancien préfet de police de Paris, les couvre-feux, qui vont être reconduits pour la troisième nuit consécutive, « produisent des effets ». Le ministre a également précisé que le gouvernement se préparait à gérer la journée de samedi, avec des augmentations d’effectifs déployés sur le terrain.
Rappelant les pillages et les « nombreuses exactions » lors de la finale de la Ligue des champions en mai 2025 lorsque Bruno Retailleau était ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez a souligné que les questions de maintien de l’ordre n’étaient « jamais une science exacte » et qu’il fallait avoir, en la matière, une « grande humilité ».
« Un policier, un gendarme, ça n’est pas un animateur socioculturel »
Plus tôt, Bruno Retailleau a qualifié la journée du 17 octobre de « débâcle », évoquant des « Français sidérés de voir la République reculer ». « Monsieur le Premier ministre, il faut décréter l’état d’urgence. La chienlit, ça suffit. Donnez aux préfets, donnez aux forces de l’ordre les moyens qu’ils n’ont pas, y compris en matière de réseaux sociaux », a appelé le président des Républicains et candidat à la présidentielle.
Le sénateur de Vendée s’en est pris également à Emmanuel Macron, qu’il accuse d’avoir « désarmé » les policiers. Début octobre, le chef de l’État aurait regretté, selon Le Parisien, l’absence d’« empathie » des forces de l’ordre face au mouvement lycéen. « Un policier, un gendarme, ça n’est pas un animateur socioculturel. Il les a désarmés lorsqu’il y a eu ce va-et-vient sur les grenades assourdissantes. On ne peut pas piloter une doctrine d’emploi par la peur, par l’émotion ou par la panique », a argué Bruno Retailleau.